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DE CICÉRON ET DE SON CARACTÈRE

En effet, nous possédons le plaidoyer pour Vallnius, coneession faite à Pompée !

%&t-celà une noblesse d'âme vraimeni philosophique et romaine, demanderait encore l'ennemi de Cicéron? Et pourquoi défendait-il l'ignoble Vatinius? I^our plaire à un chef de parti qu'il détestait. Cette politique faible et fausse ne serait excusable que par le succès; et elle n'en obtenait aucun. Personne n'avait confiance en Ciîéron.

« En effet, la première qualité de l'homme politique, î'est la sagacité; il est difficile de voir plus mal, d'avoir e coup d'oeil moins sûr que notre orateur. Il s'abuse urles hommes et sur les choses. Nul chef de parti n'auait donné sa confiance à un homme qui se trompait tou- }urs.

ff Clodius, César, Pompée, Caton, savaient bien de uelle gravité étaient les circonstances. Ambitieux ou vides, vertueux ou vicieux, ils choisissaient dans ce rame terrible le rôle sérieux qui convenait à leur caictère. Clodius marchait à la tôte de ses gladiateurs, *oublant la ville, effrayant le sénat, brûlant les mai- )ns, égorgeant les citoyens : Pompée se drapait dans îs plis de son vêtement sénatorial, s'enveloppait de son lence et imposait au peuple. Caton prenait en main la èfense de la vieille République, sans se prêter à l'ursnce des temps. César,plus grand qu'eux tous, s'armait )ur la conquête d'une société qui demandait un maître et avait pas d'autre salut. De tous les personnages mariants de l'éloquence, Cicéron est le seul qui aperçoive •ujoursla situation des choses sous un aspect faux et vale. 11 répète cent fois, mille fois ; Respublica periil! Periit *spubUca ! Oui, la république est perdue ; si tu es homme )litique, agis pour elle, roconstruis-la , mets-toi à

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l'œuvre. Prends uii parli. Non : tour à tour césarien et pompéien, il ne démêle ni les projets des hommes qui l'entourent, ni la marche réelle des affaires. 11 craint ceux qui ne sont pas à craindre, Hortensius par exemple, homme loyal et honnête ; Vatinius, homme si méprisé que le dédain général lui avait fait perdre toute valeur; Clodius, brouillon furieux, redoutable seulement pour Cicéron et ses amis. Quant à César et Pompée, Gicéronne les devine pas avant la bataille de Pharsale; il est surtout fort rassuré du côté de César, et c'est Tambition du taciturne et léthargique Pompée qu'il redoute. Admirable pénétration! Celte sagacité philosophique aboutit à une illusion perpétuelle. »

Voilà ce que pourrait dire Pennemi de Cicéron ; ce jugement est trop sévère, toutes les charges et tous les griefs s'y trouvent; on n'y tient compte d'aucune circonstance atténuante, on ne donne aucune vertu pour contrepoids à tant de faiblesses. Il faut se souvenir de l'état social auquel se rapporte la vie de l'orateur romain. Cette société reposait sur le mensonge. César voulait-il sauver la République? Non; mais il le disait. Pompée avait-il à cœur le maintien du vieil État? Non ; il donnait ce prétexte au repos de son ambition satisfaite. Malheureux temps, où le rôle mêm.e de Caton est le rôle d'un niais sublime et entêté !

Cicéron fut embarrassé d'agir dans une telle époque, et certes on l'aurait été à moins.

Quant aux fautes vénielles d'un amour-propre toujours auxaguels, d'une vaniié enfantine, il faut passer condamnation là-dessus; on les retrouve à chaque page; Cicéron les avoue, ou plutôt il en fait parade avec une naïveté qui désarme. Il se loue et s'admire ingénument; il fcul

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