DE CICÉRON ET DE S0>' CARACTÈRE
\sioiTpugna8 ni^irificas.,. meossonUus,.,fiilmen meum.,, ctmsUii^iiani meam^ etc. « ses combats merveilleux, le tûËierre et là foudre de sa voix, sa vertu, sa constance. )) Il croit en lui-même, avec une bonne foi charmante. Hais cette grandeur tombe et se brise, quand une circonstance grave, un malheur inattendu, une bourrasque de gtierre civile désemparent le vaisseau de Cicéron; l'on reconnaît alors qu'il s'est trop fié au pouvoir de son éloquence ; qu'il a triomphé trop vile, et que pour avoir adressé aux Pères Conscrits, « orationem plenissimam gravitatis (lelt. 20), un discours plein de gravité, » pour avoir terrassé Clodius « à coups d'épigrammes », dicteriis et salibus, notre homme d'esprit n'a pas fait faire un seul pas à sa cause et ne s'est armé d'aucune force contre le danger.
Suivons la marche des événements. Clodius n'est pas condamné ; il achète ses juges. Le Sénat irrité, décrète que Ton poursuivra immédiatement ceux qui ont reçu l'argent de Clodius. La mesure est impopulaire; Clodius était riche et corrupteur : popularité et justice ne sont pas souvent synonymes, et un évéque anglais, lïooker, s*écriait : vox popiili, vox diaholi; « la voix du peuple est la voix du diable! » Cicéron, l'ennemi juré de Clodius, monte à la tribune pour défendre les juges prévaricateurs; il veut plaire à la masse, il recherche, aux dépens de la conscience et de l'honneur, un soufHe de misérable popularité. 11 ne cache pas à son ami toute la honte de cette action. « J'ai été grave et abondant, dit-il (lettre XXII, p. 101, 1. 1), dans une cause lout à fait honteuse;... j'ai grondé hautement le Sénat, avec force et autorité. » In causa non verecundâ admodum gravis et copiosiis fui.,, objurgavi senatum, sumniâ cum auctoritate! C'était vraiment bien la peine d'être grave etabon-
dant! Il va plus loin : les chevaliers, classe mitoyenne, qui représente à peu près la bourgeoisie de nos temps, font une réclamation très-injuste, à peine supportable, vix ferenda (id, ib.)] demande odieuse, pleine d'opprobre, et qui implique un aveu dégradant. » — Invidiosa rea^ turpis postulatio^ et coiifessio temeritatis, — C'est Gicèron qui le dit lui-même. Pour capter les chevaliers, il appuie cette demande si honteuse. Non solùm id tuli, sed etiam ornavi. « Non-seulement je l'ai souffert, mais je l'ai soutenue el ornée. Subventum est maxime à nolng, « C'est surtout moi qui lui ai prêté de la force. » L'ambition etl'amour-propre décevaient Cicéron; il espérait se détacher du Sénat, et gagner l'affection des chevaliers et du peuple; erreur : bientôt l'exil, la proscription et la haine de la multitude lui apprirent la valeur de cette popularité si coûteuse et si passagère. •
On est fâché de rencontrer dans la vie de Cicéron écrite par lui-même, et tracée involontairement dans ses Lettres, un grand nombre d'actes semblables. 11 n'agissait ainsi ni par cupidité ni par bassesse. Ilcrojaitiake de la politique, comme si les petites ressources ne tombaient pas d'elles-mêmes devant la force suprême des événements, comme si l'on pouvait /Jnasser avec les révolutions ! En vain les feintes se multiplient dans la conduite de Cîc^ron ; il n'a point de confiance dans Pompée, et cependant il est en liaison intime avec lui. « Utitur Pompeio familiarissimè! » (Let. XXIl) . En vain il cherche à se maintenir auprès de Caton qu'il trouve intègre et honnête, mais imprudent (id. ib.); auprès de Crassus qui ne dit et ne fait rien, et des chevaliers envieux du sénat. En vain cherche-t-il à ne blesser personne (nihil a me inquemquamasperum, p. 116, t. 1); à ramènera lui les jeunes voluptueux {libidinosœ et delicatœjuventutis, id.);
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ublef de prudence et de politique (summain adhiiligentiam et cautionem, id.). Enfin, pour engager !€ et s'attacher définitivement cet homme qu'il dél'ôtre ni généreux ni honnête, en vain lui fait-il rélouvent en plein Sénat que Gicéron a sauvé la cité ne, c'est-à-dire le monde. {Adduxiut mihisalute^ii li et orbis adjudicaret,)
;rand appareil de finesse, dont il se vante d'avoir né tous les moyens, et qui clianrie sa vanité, ne sert [ment qu'à l'endormir lui même, à lui faire oublier .1. Les ambitions vont leur train ; César conquiert lies ; chacun noue ses intrigues : on se prépare à la la République se dissout etl'amour-propredeCicé- ! pavane comme s'il avait remporté la victoire. 11 pe surtout d'écrire en grec sans fairede solécismes, i Âtticus de vouloir bien lui pardonner ceux qui i lui échapper. Qu'onlui envoie des livres, beaucoup 'es grecs; ce qui lui tient le plus au cœur, ce sont ncturœ^ pigmenta, pupoQ-^xa, les fleurs, les orne- , les transitions, les couleurs, et nous ne le blâmons imentpas.
î César s'avance.
re Cicéron s*aperçoit que son ami Pompée (qu'il î nullement) ne sera pas un appui très-utile, et que t est favorable au conquérant des Gaules {Cœsari oaldè sunt seciindi, let. XXVI , p. 1 35) .- Il s'excuse de ieux auprès d'Atticus, qui lui a reproché l'ôtourpeut-ètre la fausseté de ses rapports avec Pompée, prête à jouer le même rôle avec César, qu'il veut, gagner pour le rendre meilleur. On ne peut déavec plus d'adresse une transition brusque et le à excuser. « Quel mal y aurait-il, demande l'haorateur, si j'avais tout le monde pour ami et por*
« sonne pour ennemi ? Pourquoi ne m'appliquerais-je « pas à rendre César meilleur aussi? » (W. ib.)Si nemo mihi invider et, si omnes faverenL.. si etiam Cœsarem reddo mitiorem... num tantum obsum, etc. !
César, qui connaît parfaitement bien Cicéron, compte que Torateur n'entravera point ses mesures ; il le lui fait dire par un de ses affidés, Cornélius Balbus {ib. pag. i44). Cicéron voit l'honneur et la gloire qu'il tirerait d'une attaque contre ces mesures (dimicatio plena laudis) ; mais César devient très-influent; Cicéron, déjà intime avec Pompée, saisit l'occasion de se faire l'ami de César et d'assurer ainsi son repos (Conjunctio mihisummacum Pompeio. Si placet etiam, cum Cœsare... Reditus in gratiam cum inimicis ; senechUis otium, ib.). Malheureux et faux calcul ! Refuser les ennemis, c'est ne pas vouloir d'amis. 11 y a grandeur à prendre une attitude franche, hostile aux uns, bienfaisante aux autres ; à savoir accepter les ennemis , quelquefois à les braver. Cicéron n'échappa ni à l'exil, ni à la confiscation, ni au poignard d'un ennemi lâche. A quoi bon tant de prudence?
La prudence de Cicéron n'a pour résultats qu'une défaite, l'ennui, le désappointement, le dégoût, la triste conviction de s'être trompé et d'avoir été trompé. Il n'avait pu prendre aucune résolution. César, Pompée, Crassus s'étaient ligués contre la répubHque sans qu'il s'en doutât, il avait des engagements avec eux tous, et tous il les détestait. 11 aurait pu s'opposer ouvertement aux triumvirs, en se plaçant avec Bibulus à la tête du sénat ; mais le cœur lui manquait dans cette entreprise. Il se contentait de se réjouir avec les muses {cum musis nos delectamus animo œquo, Ib. p. 192), et les muses ne l'empochaient pas de s'apercevoir que tout le monde était las de lui [ab hac hominum satietate nostri cupio discedei*e.
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Ib. 194), et qu*enfin les hommes {'îji--j>;/-. - >■ Tonl complètement joué, ne veule^ii j r - ..■ de sa présence d'une manière u:i j.^ .: : - •
Aussi va-t-il se réfut'ier d(jn* -d ::,i - .
voisine d'Antium ; c'est lu que. j. -. .• de regrets, il se jette corps e! nr.- ^-" . - :.•philosophie. Elle sera dèi'.iirji:* *: .■ ■ :. •■ -.i à Dieu qu'il se fût av;s^ ].i' t t • v-. -. • • seule! 11 sait combien le rese • -• -. • totus... omni cura... '^û'^zvS.» .. •: '. */. i k m ve/Zem at inilio!... Quœ puUm ; ':^' : -:
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