UNE SOURCE ANTIQUE INCONNUE SE RAPPORTENT
1<* Famille Orientale.
is Idiomes Indiens.
! Prakrit et Pâli.
t Samskrit (ou Académique) .
! Néo-Persan.
2** Famille Gr^egchLatine.
tGrec.
I Latin.
D'où
Langue Bomane.
i Néo-Italien.
! Néo-Français.
I Néo-Espagnol.
Le Néo-Catalan.
Le Néo-Porlugais.
3" Famille Gothico-Teutonique.
1° Le Vieil- Islandais*.
-,, , j Le Néo-Danois 2.
I Le Néo-Suédois^.
2» Le Vieux Gothique*.
L' Anglo-Saxon*.
Le Vieux-Saxon®.
Le Néo-Anglais'.
Le Néo-Hollandais ^.
3° Vieil Allemand supérieur*-*.
D'où le Né(HAllemand»o,
D'où D'où
C'est une opinion généralement reçue parmi des saints très-distingués, que la vieille langue des Brahma^
* Ait-nord isch(Islandich).
* Neu-daenisch.
5 Neu-swedisch.
* Alt-gothisch.
' Angel-ssechsisch.
** Alt-ssechsisch.
^ Meu-englisch.
* Neu-niederlsendiscli.
^. Alt-rhochdeutsch.
*o Neu-hochdeutsch.
nés, le samskrit a été le berceau du latin et du grec, et par suite du teuton et du persan ; opinion qui se trouverait confirmée par les affinités nombreuses que Bopp, Burnouf et Schlégel ont signalées entre les racines latines et grecques et les racines samskrites. Un écrivain plus récent encore, Kaltsclimidt, dans son dictionnaire indo-teutonique a essayé, et souvent avec succès, de noter toutes les migrations des mois sanscrits devenus grecs, latins ou teutons. Celui qui consacrerait de longues années à Tétude et à la comparaison studieuse des idiomes anciens des Perses, des Brahmanes, des Kimbres, des Keltes, celui-là seul pourrait dissiper les ténèbres d*un problème si obscur. Pour nous, nous n'avons pas pu nous défendre d'un doute, lorsque nous avons vu les philologues les plus distingués qui s'occupent du samskrit, signaler le caractère propre de cet idiome comme si parfait, excellemment compose', * Tant de perfection appartient-elle à un idiome primitif?
En efiet, considérez le samskrit, syntaxe merveilleusement arrangée, excellente liaison des mots et des phrases, pas d'imperfections; des limites rigoureuses, des formules exactement et heureusement disposées; — n est-il pas difficile de voir là la source vierge et antique, la mère respectable de toutes les langues aujourd'hui parlées en Europe? Pas un pli, pas une tache; rien ne boite I vainement y chercherez-vous le bégaiement d'une langue qui commence; vous seriez plutôt tenté d'y voir une langue fabriquée, et cette harmonie des sons, cet accord éJégant et soigné des parties trahissent un bon goût et un travail civilisés.
« Moquez-vous, si vous voulez, de ce que je vais dire,
*■ Der Name dièse sprache welcher bedeutet < ausgebildet, vervolkommet, » etc. Kaltschmidt. Einleitung, v. 8.
LANai'BS TEUTONIQflRS ET LATINES. 421
comme d'une remarque mesquine, mais je le dirai, fût-ce pour faire rire; * » ce zèle inquiet et extrême à élaborer une grammaire parfaite me semblent révéler bien plutôt le travail ingénieux, subtil et les nobles loisirs de ces prêtres qu'on appelait brahmanes et brakmanes, que le caractère rude et original d'une langue qui naît et s'élève d'elle-même. * Quoi d'étonnant, si des prêtres, amateurs infatigables de poésie et de grammaire, comme le prouve leurs antiques poèmes, et presque captifs dans leurs temples, ont entrepris de tirer du langage vulgaire une nouvelle espèce de langue plus noble et plus pure, langue d'académie et tout à la fois idiome sacerdotal et mystique; n'ayant ppint de racines qui diffèrent de celles du peuple, mais une composition des mots et un arrangement de phrases plus perfectionnés, — ce qui me semblerait tout à fait d'accord avec les vieilles mœurs hiérarchiques des Indiens. Ainsi je ne serais pas éloigné de croire que la langue samskrile est, non pas la mère, mais la sœur aînée des lanî^ues européennes; ce dialecte élégant des temples, né du sacerdoce, et ne descendant jamais dans le peuple, me semblerait former avec les langues persique, grecque, latine, gothique, germaine, et toutes les filles de celles-ci, une vaste famille issue d'une seule source.
* Tacite. — Dialogue des Oriileurs.
* Voy. ci-dessus, § 3.