S0 L'ANTISÉMITISME
naturel ni aux maximes de notre droit chrétien. Quoi de plus juste en effet que d'assurer aux juifs le libre exercice de leur culte? Quoi de plus naturel,'' s'ils forment une nation distincte, une race qui ne puisse se mêler, se fondre avec la nôtre, qui ne sache adopter aucune patrie, que de les écarter, à titre d'étrangers ou de cosmopolites, de toutes les fonctions qui exigent les sentiments d'un patriotisme sincère, et de leur refuser parmi nous les droits politiques du citoyen? S'ils ont acquis leurs immenses richesses par l'usure et le a brigandage financier», pourquoi ne prendrait-on pas sur eux de quoi diminuer la lourde charge des impôts, qui écrasent leurs victimes? Les juifs sans doute ne doivent pas être traités en esclaves; mais, s'ils le méritent, quelle loi, naturelle ou positive, de charité ou de justice, empêche qu'on ne les traite en
étrangers hostiles et en usuriers rapaces et sans pitié?
Mettons en présence de cet antisémitisme du xiii'* siècle celui du siècle présent.