L*ANTISÉMITISME 31Î
Iruction, et elle arrive à occuper dans la science et les arts, dans le commerce et dans Vindustrie, dans les professions libérales et dans la politique, une place absolument hors de proportion avec son importance numérique ». On a même ajouté que « la grande place prise par eux dans la presse, la littérature et l'enseignement publie, est encore plus dangereuse pour la civilisation chrétienne », que leur puissance financière (1). Mais est-ce bien là une preuve convaincante du nationalisme des juifs?
On a dit à ce propos, qu'il existait entre eux une solidarité étroite, qu'ils s'appelaient, s'aidaient, se poussaient les uns les autres, et qu'ainsi surtout s'expliquaient leur ascension sociale et la grande place
(î) Claudio Jannet, ouvrage cité, pages 508-546. — En Prusse, la profession d'instituteur vient d'être interdite aux juifs. Cf. Libre Parole du 13 janvier
.qu'ils occupent parmi nous. Mais ne voiton pas un phénomène semblable chez les protestants et les francs-maçons ? La solidarité juive est-elle, plus que la solidarité , protestante ou maçonnique, une preuve de particularisme national ?
Reste le grand fait économique du cosmopolitisme de plvis en plus marqué du capital argent. « Il faut reconnaître, dit M. Claudio Jannet (1), que pardessus les organisations économiques nationales Torganisation économique générale du monde se développe de plus en plus. Tous les grands marchés de marchandises sont en communication ; toutes les Bourse^ sont solidaires, et il n'y a réellement, pour l'argent ou les capitaux mobiles qu'un seul marché, qui embrasse l'univers. Il fallait un organe à ce nouvel état économique.
Cette fonction que les Templiers, les Vé-
(1) Ouvrage cité, page 502.
niliens, les banquiers florentins avaient remplie à l'époque où les croisades avaient créé une unité entre les nations chrétiennes de rOccident, les juifs la remplissent de nos jours, parce qu'ils sontessentîellemeDt cosmopolites et merveilleusement doués pour cette fonction ; mais, s'ils n'existaient pas, il n'y en aurait pas moins une haute banque internationale quelconque. »
Il semble résulter de là que les juifs ont intérêt à rester cosmopolites, à conserver leur nationalisme détaché de toute patrie. L'intérêt ne sera-t-il pas plus fort chez eux que les attraits fort tempérés de l'égaJilé civile et politique ? Cependant le cosmopolitisme ne sévit avec force que parmi les hommes de finance, et ne peut démontrer par conséquent la persistance et le renforcement de l'esprit nationaliste dans toute la masse des juifs émancipés.
En outre, il s'en faut que les juifs seuls
soient des capitalistes cosmopolites, et agissent dans leurs affaires suivant la fameuse maxime: ï argent n'a point de pairie. De nos jours, le cosmopolitisme est le caractère même du. capital, qu'il soit entre les mains des juifs, des chrétiens, des musulmans ou des boudhistes.
Où donc est la preuve du natijonalisme juif (4)?
Elle se trouve, me semble -t-il, dans l'ensemble des faits qui montrent la persistance de rhostilité séculaii^ des juifs à l'égard des chrétiens. Voilà ce qui prouve qu'ils se considèrent encore comme une
(1) « Les juifs ne sont pas encore assimilés, e^est-à-dire qu'ils croient encore à leur nationalité .. Ils résolvent le problème qui parait insoluble de faire partie intégrante de deux nationalités ; s^ils sont Français, et s*ils sont Allemands, ils sont aussi juifs... On les considère comme une tribu d*étran* gers ayant conquis les mêmes privilèges que les autochtones, et ayant refusé de disparaître. • (B. Lazarb, r Antisémitisme j page 395.