‹ L'antisémitisme de St.-Thomas D'AquinChapitre 20 sur 28 · L'ANTISÉMITISME 32S · texte numérisé non relu

L'ANTISÉMITISME 32S

race supérieure, comme unesorted' « aristocratie » parmi les peuples, comme une nation destinée à dominer sur toutes les autres et à vivre d'elles en les exploitant- De là leur parasitisme et leur malfaisance.

Quant au principe de celte vieille hostilité, on le trouve dans le judaïsme talmudique.

Ni l'ascension sociale et la solidarité des juifs, ni leur cosmopolitisme financier, ne me paraissent suffire à démontrer la persistance du particularisme national de cette race; mais, leur haine persévérante contre les races chrétiennes est le signe manifeste que le vieil esprit talmudique et nationaliste qui a subsisté chez eux pendant tant de siècles, n'est pas encore entièrement éteint, et qu'il importe de le combattre toujours, pour le salut de la civilisation issue du christianisme.

Ainsi donc le nationalisme juif n'est pas une chimère, et il a son principe dans

le vieux talmudisme des fils d'Israël.

Par quels moyens arrivera-t-on à étouffer chez les juifs, nos concitoyens, ce vieux germe talmudique ?

Sera-ce par une législation antisémite?

a Le principal effet de l'antisémitisme, dit le juif Théodore Reinach (1), c'est d'obliger les israélites à se serrer davantage les uns contre les autres, et de faire revivre le particularisme juif qui allait peu à peu s' effaçant. » Cette réflexion ne manque pas de justesse, et Thistoire sans nul doute en pourrait confirmer la vérité.

Il faut des lois répressives de l'usure, de l'agiotage, des spéculations malhonnêtes, du parasitisme social ; il faut réglementer plus sévèrement l'accession au droit de cité française, et procéder avec plus de sagesse à la naturalisation des étrangers ;

(1) Grande Encyclopédie art. Juifs.

mais pourquoi donnerait-on à ces lois un caractère antisémite ? L'antisémitisme légal ne serait-il pas la consécration légale du nationalisme des juifs (1) ?

A quels moyens faudra-t-il donc recourir contre ce nationalisme?

a Si quelque chose doit ébranler et dissoudre un organisme qui a résisté à tant de chocs et de transformations, dit M. Théodore Reinach (2), ce sont bien plutôt les séductions de la tolérance et de l'égalité, et l'indifférence religieuse qui est la conséquence de l'évolution philosophique et scientifique. »

D'après cette manière de voir, le nationalisme juif achèverait de disparaître, en même temps que le judaïsme talmu-

(1) En 1790, le comte de Clermont-Tonnerre, président de rassemblée, réclamait Témancipation des juifs en disant : « II ne peut y avoir une nation dans la nation.»

(2) art. cité.

dique, par le seul effet de l'indifférence savante et raisonnéequi mine aujourd'hui, selon M. Reinach, toutes les religions. Du reste l'œuvre est, paraît-il, fort avancée.

« Même pour les pratiquants, dit cet écrivain, la religion juive tend à se transformer en une sorte de déisme incolore qui ne diffère pas beaucoup du protestantisme d'extrême gauche ; le jour n'est peut-être pas éloigné où des tentatives de fusion se produiront (1). On tient au Ju-

(1) Ces tentatives se sont déjà produites. « La transformation du culte hébraïque en un culte purement théiste, et, sous ce rapport, conforme à celui des protestants éclairés, a été tentée et même effectuée en Allemagne. Le 18 octobre 1818, une solennité, à laquelle prit part la population de Hambourg, servit d'inauguration à un édifice religieux consacré au culte réformé adopté par les sommités industrielles de la communauté juive de cette ville. » (Bergier, Dict, de théoL art* Judaïsme réformé — Lille, 1844.) — Le Père Alphonse Ratisbonne a raconté une autre tentative du même genre. « Plusieurs notables Israélites s'assemblèrent, dit-il, pour aviser au «noyen de réformer le

daïsme, les uns par une conviction généralement négative, les autres par un vague orgueil de race ou par une sorte de piété littéraire, d'autres par habitude, par routine, et parce qu'il faut tenir à quelque éhose ; mais le sentiment juif ne se réveille que sous le coup de l'antisémitisme, des injustices et des persécutions : c'est alors qu'on tient à honneur de ne pas abandonner ses coreligionnaires (1). » Un savant ecclésiastique français (2), a constaté la même décadence du Judaïsme. « Sauf certaines populations fanatiques, dit-il, les

culte judaïque et de le mettre en harmonie avec l'esprit du siècle. Je me rendis à cette assemblée Il y avait autant d'avis que d'individus... Mon avis à moi était qu'on laissât tomber toutes les formes religieuses... et que chacun en particulier pratiquât sa croyance de la façon qu'il l'entendrait. » {Ce que sont les Juifs en France, par A. Ckrfbeer, Paris, 1844, introduction.)

(1) Ibidem.

(2) Abbé de Broglie, Problèmes et conclusionsde rhistoire des religions.

juifs ne croient plus à leur mission divine et n'attendent plus leur Messie. La portion intelligente et puissante de la race juive a abandonné ses traditions primitives et la foi de ses ancêtres en la toute-puissance de Jéhovah, elle s'est tournée vers la con-^ quête matérielle du monde, et, dans Tordre de la pensée, vers la pure science et une philosophie rationaliste. » D'où Ton voit que le Judaïsme, s'il en faut croire des auteurs qui paraissent être bien informés, ne tardera pas à nous donner le spectacle intéressant des dogmes qui finissent. L'indifférence, qui résulte de l'évolution philosophique et scientifique moderne, aura raison du mosaïsme talmudique, et par conséquent tarira dans sa source l'esprit nationaliste des juifs émancipés (1).

(1) Cf. Superstitions et coutumes populaires du Judaïsme contemporain par le rabbia Moïse ScHUHL. Paris, 1882.

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On peut conclure de là que l'Eglise ne se trompait point, lorsqu'elle nousmontrait dans la religion judaïque le principe de l'hostilité des juifs contre les chrétiens.

Est-ce que M. Reinach n'affirme pas que le nationalisme d'Israël ne peut finir que par l'action dissolvante de l'indifférence religieuse sur le judaïsme talmudique?

Mais la religion judaïque disparaîtrat-elle jamais? Oui, sans doute, d'après M. Reinach, peu à peu, en se transformant.

« Si cette transformation est dirigée avec intelligence, dit-il, il pourra s'en dégager sans peine une forme religieuse supérieure en pureté, en simplicité, en grandeur morale, à toutes celles qui existent aujourd'hui conciliant la notion de la divinité,

âme du monde et source du bien, avec les

données de la science acceptant du

christianisme son principe de fraternité universelle mais le corrigeant par cette

foi active dans ramélioration indéfinie de l'espèce humaine, qui est la forme moderne de la croyance messianique. Une

pareille religion serait la religion de

rhumanilé. Le jour où le Judaïsme l'aurait enfantée, il pourrait considérer sa mission comme accomplie, et mourir sans regret, enseveli dans son triomphe » (1).

Ces visées orgueilleuses, où Ton sent percer le sentiment de Y « aristocratie »

intellectuelle et sociale d'Israël, indiquentelles avec vérité comment finira le Judaïsme ? M. Reinach ne s'abuse-t-il pas?

Non, tel n'est point le rôle providentiel des juifs. Leur destinée est de servir de témoins au Christ (2), jusqu'aux derniers

(1) Article cité. — Cf. Le fln mot de la question juive^ par le juif Héber Marini.

(2) « Dieu les conserve pour qu'ils servent de témoins et de garants des écrits et des faits sur

jours du monde, au milieu de tous les peuples, et de finir par reconnaître et proclamer en lui le Messie promis à leurs pères et aux nations (1). Jusqu'au temps marqué par Dieu de cette conversion glorieuse, les juifs seront sur la terre le grand ennemi de la société chrétienne,

lesquels le Christianisme est fondé. » (Bergibr, Diet. de théoL art. juifSy n*» 6).

(1) Bergier, art. juij, n" 7 : De la conversion future des JuifSy discute ce sentiment commun des théologiens. — Bossuet, D^acowrs sur Vhistoireuniverselle^ 2^ partie, chap. xx : « Après la conversion des gentils, le Sauveur que Sion avait méconnu, et que les enfants de Jacob avaient rejeté, se tournera vers eux, eflFacera leurs péchés, et leur rendra Tintelligence des prophéties, qu'ils auront perdue durant un long temps, pour passer successivement de main en main, dans toute la postérité, et n*étre plus oubliée jusqu'à la fin du monde, et autant de temps qu'il plaira à Dieu de le faire durer après ce merveilleux événement. Ainsi les juifs reviendront un jour, et ils reviendront pour ne s'égarer jamais; mais ils ne reviendront qu'après que l'Orient et l'Occident, c'est-à-dire tout l'univers, auront été remplis de la crainte et de la connaissance de Dieu. »

qu'ils travailleront à détruire, et de l'Église catholique, qu'ils ne cesseront pas de persécuter.

C'est de ce point de vue que l'on peut appeler divin, qu'il faut considérer la question juive. Le Judaïsme s'abîmera peut-être dans l'indifférentisme, mais il est à craindre que l'esprit talmudique lui survive, car la haine des juifs contre les peuples chrétiens persistera jusqu'après les temps de l'Antéchrist. Et voilà pourquoi il y aura toujours dans nos sociétés chrétiennes un certain nationalisme juif, parasitaire et malfaisant, dont la librepensée ne nous défendra^pas, et qui sera peut-être l'instrument de la décadence et de la mort des peuples en révolte contre Dieu.

El ce sera l'expiation providentielle de la place faite aux juifs dans la société

moderne, au mépris des vieilles et sages maximes du droit public chrélien.

Voilà comment, au fond de la question juive, aussi bien que de toutes les questions sociales, se trouve une question de théologie. Voilà comment, dans cette question, de même que dans toutes les autres, la foi en Jésus-Christ est la lumière qui éclaire et dirige pour leur plus grand bien les croyants sincères, tandis qu'elle aveugle les incrédules et les laisse pour leur malheur s'égarer dans les ténèbres de leur orgueilleuse raison. La question juive est insoluble à quiconque ne croit pas au Christ (1). L'historien constatera l'étonnante durée de ce peuple déicide et en décrira savamment les vicissitudes étranges ; le philosophe cherchera à découvrir les causes multiples de cette

(1) Exemple : V antisémitisme , son histoire et ses causes^ par Bernard Lazare, Paris, 1894.

prodigieuse destinée, et en développera avec méthode les principes et les conséquences. L'un et l'autre, s'ils n'ont la foi, s'épuiseront en vains efforts. Ni la science des races humaines, ni celle des sociétés, ni la connaissance approfondie du cœur et des passions des hommes, ne leur donneront la clé de ce mystère. Devant la seule raison, le nationalisme des juifs reste un phénomène inexpliqué, et l'antisémitisme apparaît comme un attentat que rien ne justifie contre, les maximes fondamentales de l'ordre social. Et cependant, chacun le voit, ce nationalisme se dresse, de nos jours autant que jamais, insolent et superbe, et domine en despote les sociétés des chrétiens. Seule la foi au Christ rend compte de cette persistance providentielle dans notre milieu social, et nous explique le rôle du juif parmi les peuples. La société incrédule ne peut,

en bonne logique, refuser sa porte aux juifs, car l'incrédulité semble devoir tuer le talmudisme et par suite le particularisme d'Israël ; son incrédulité sera la cause de sa ruine. Tandis que la société chrétienne, instruite par l'Église des desseins de Dieu sur la race d'Abraham, se gardera toujours contre l'inimitié de cette race perfide. Une fois de plus se vérifie cette parole profonde : Solutio omnium diffîcultatum Christus — le Christ a le dernier mot de tous les problèmes.

Ainsi apparaît la sagesse de l'Église catholique (1). Pour elle, il n'y a point d'antisémitisme ethnique, d'antisémitisme

(1) D'après M. Bernard Lazare, rhostllité universelle dont le juif à été Tobjet, a pour cause principale Y insociabilité du juif; et son insociabilité procède de son culte politico-religieux, de sa loi. (L antisémitisme y son histoire et ses causes. Paris, 1894. — Ouvrage à lire).

économique, d'antisémitisme social. Son antisémitisme, c'est l'antisémitisme chrétien, fondé sur la loi providentielle de la durée des juifs et de la persistance de leur haine contre les fidèles du Christ. Car tel est bien le caractère fondamental de la race juive, le principe permanent de son nationalisme parasitaire et malfaisant :

Ils sont r ENNEMI de Jésus de Nazareth.

C'est à ce point que doit aboutir tout antisémitisme. Le reste est accidentel et transitoire ; l'éternel champ de bataille est là. Ne nous laissons pas séduire aux apparences ; tout autre antisémitisme ne saurait légitimer et soutenir jusqu'au bout ses conclusions. Aujourd'hui comme autrefois, la solution de ce grave problème se trouve dans la solution du droit public chrétien ; non certes, que l'on en doive exhumer toutes les prescriptions, mais il faut, en s'inspirant de son esprit, remettre

l£S JUIFS A LA PLACE QUI LEUR EST DUE DANS

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