PHASES DE LA MÉTHODE
La thérapeutique chirurgicale, se basant sur la connaissance de la cause des complications des plaies, est ainsi devenue scientifique, elle est pathogénique ; en protégeant les plaies contre les microbes, les complications ne surviendront pas.
Au début de la méthode antiseptique, s'appuyant sur les recherches de Pasteur et de Tyndall, qui avaient démontré la présence dans l'air des germes de la putréfaction, on croyait que ceux qui infectaient les plaies venaient surtout de l'air; en conséquence, dans la pratique on s'efforçait comme le faisaient les anciens (Mondeville), de préserver les plaies du contact de l'air. — Mais bientôt on reconnut que l'infection tenait surtout au transport direct des germes par les mains, les instruments, ou les pièces de pansement. — Les microbes de l'air n'en existent pas moins, mais ils sont en général peu dangereux pour l'homme.
Cette simple constatation, que les germes étaient portés directement sur les plaies, au lieu d'être transmis par l'air, a amené une véritable révolution dans la pratique de la méthode antiseptique : alors on a donné encore une plus grande importance qu'auparavant à la stérilisation de tout ce qui devait être en contact avec la plaie ; puis on a modifié le pansement qui primitivement était surtout dirigé contre la nocuité de l'air.
Il y a donc deu.v pliases bien distinctes dans
l'histoire de la méthode antiseptique, une première dans laquelle l'air est surtout incriminé et une seconde dans laquelle l'infection est attribuée à la contagion directe de la plaie, au germe contage de Le Fort. Nous verrons plus tard qu'il y a une troisième i>hase a signaler, laquelle répond aux tentatives de remplacement du pansement antiseptique par le pansement aseptique.
Avant d'aborder l'étude de la méthode antiseptique, il est indispensable de donner un aperçu de l'histoire naturelle des microbes, de dire ce qu'ils sont, où ils siègent, comment ils pénètrent dans l'économie, comment ils amènent les maladies, etc. Ceci est d'autant plus nécessaire que, souvent, les microbes pris dans leur ensemble sont considérés comme un groupe d'organismes dont le rôle dans la nature est d'être toujours malfaisants, pour le malheur de l'homme, tandis que c'est l'inverse qui a Yieuf/J
Les microbes sont des organismes infiniment petits qui appartiennent au règne végétal. Le nom de microbes leur a été donné par Sédillot, à une époque où on discutait sur leur nature animale ou végétale ; ce nom ne préjugeait rien sur cette question. On les désigne quelquefois sous le nom de bactéries, qui est celui de l'un des genres particuliers.
Le rôle des microbes dans la nature est im-
âu*' u' tMawi'it ' /M * ûiU&trtr7 w ■ a///^' *i/-i/ *i#H'