ANTISEPSIE CHEZ LES BARBIERS
tiseptiques que les Barbiers sont tenus de prendre.
Ils doivent se laver les mains avec grand soin, et renouveler cette pratique pour chaque client. — Les brosses seront nettoyées tous les jours, en les agitant dans de l'eau contenant une petite quantité d'ammoniaque liquide, et les déposant ensuite pendant quelques minutes dans une solution de sublimé à 1 0/00. — Les peignes seront ('gaiement nettoyés tous les jours.
Les rasoirs et les ciseaux seront chaque jour lavés à l'eau de savon et trempés dans l'alcool à 90°. Les rasoirs pourraient séjourner dans un vase rempli d'alcool, OÙ on les prendrait pour l'usage.
Asepsie oculaire. — Des germes sont en permanence sur la conjonctive oculaire, particulièrement dans ses culs-de-sac; d'autres peuvent y arriver par les voies nasales. Tous ces microbes sont généralement inoffensifs ou ne deviennent nocifs que secondairement.
Gayet, de Lyon, dans des expériences intéressantes, a constaté qu'après des lavages antiseptiques soignés, il restait des microbes cultivables dans 75 0/0 des cas, mais que les accidents suppuratifs ne se montraient que 8 fois 1/2 0/0 ; c'est-à-dire que dans la plupart des cas, les microbes quoique présents étaient inoffensifs. Nous pensons que ceci est une règle générale.
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Les sourcils et les paupières seront nettoyés par les procédés employés pour la peau/ — Quant a la conjonctive, elle sera lavée au moyen d'un compte-gouttes ou d'une serintrue, avec une solution boriquée à 3 0/0. Gayet emploie aussi une solution de sublimé à 1/6000, et Panas une solution de biiodure de mercure à 1/20000, suivant cette formule :
Biiodure de mercure.. 0er,05
Alcool absolu. 20 grammes.
Eau stérilisée bouillie. . 1000 —
Le compte- gouttes formé d'un tube de verre et d'un tube en caoutchouc, est facile à stériliser par l'ébullition ou un bain antiseptique.
Sur l'œil, il n'y a pas seulement a faire de l'antisepsie prophylactique, mais encore de l'antisepsie thérapeutique, car l'ophthalmie blcnnorragique, celle des nouveau-nés, les conjonctivites, l'orgelet, les ulcères de la cornée, etc., sont dus à des microbes.
En outre des antiseptiques dont nous venons de parler, on emploiera des solutions de nitrate d'argent, de sulfate de cuivre, de sulfate de zinc. Budin a obtenu de bons effets de l'eau naphtolée dans le traitement de l'ophthalmie blennorragique.
Quant à l'antisepsie prophylactique de l'intérieur de l'oeil dans les opérations, on peut se
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demander si elle est nécessaire quand on a pris toutes les précautions antiseptiques.
Asepsie nasale. — Les fosses nasales et leur arrière-cavité doivent, d'après une de leurs fonctions, recueillir sur leurs parois les particules solides de l'air, qui y dépose aussi ses microbes. En outre il y séjourne fréquemment des mucosités, des sécrétions qui deviennent le foyer naturel de microbes saprogènes. Mais la plupart de ces microbes sont inoffensifs ou pathogènes secondairement. La preuve en est fournie par les ablations de polypes muqueux, dont les petites plaies se cicatrisent facilement, et souvent sans aucun pansement./
Néanmoins dans toutes les opérations qui intéressent les fosses nasales il faut chercher l'asepsie de ces cavités. Pour cela on a recours le plus souvent aux douches nasales tièdes avec un injecteur à suspension et un embout nasal, le liquide entrant par une narine et sortant par l'autre, ou à des pulvérisations de solutions antiseptiques, à des évaporations, des attouchements directs, des prises de poudres antiseptiques.
Les agents employés pour désinfecter les fosses nasales sont les solutions d'acide borique, de chloral, d'acide thymique et des tampons de gaze ; iodoforméeou salolée, des poudres (sous-nitrate de bismuth et camphre, par exemple)./:'
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Dans certaines maladies catarrhales ou ulcéreuses des fosses nasales, on fait un traitement antiseptique énergique de ces cavités, comme dans l'ozène, mais ce n'est pas ici le lieu d'en parler.
Asepsie auriculaire. — L'oreille renferme des microbes au niveau du conduit auditif externe et au niveau de la trompe d'Eustache. La désinfection de cette dernière région rentre en partie dans celle des fosses nasales et de leur arrière-cavité. Quant a celle du conduit auditif, elle est simple. Tout le pavillon aussi sera désinfecté avec soin.
Il faut d'abord s'assurer du nettoyage de propreté du conduit que beaucoup de personnes négligent ; on emploiera diverses curettes à bords mousses assez épais, aseptiques et maniées doucement. Pour obtenir l'asepsie, dans les plaies et dans le cas de fracture du crâne, avec déchirure du tympan, on fera des irrigations tièdes boriquées, ou sublimées, et on placera dans l'oreille un petit tampon d'ouate iodoformée.
Tous les instruments, comme toujours du reste, doivent être aseptisés d'avance et passés dans l'eau bouillante. Il ne faut pas oublier que la syphilis a pu être transmise par la sonde d'Itard, dans le cathétérisme de la trompe d'Eustache.
Nous ne parlons pas des traitements antiseptique des suppurations de l'oreille ; nous dirons
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seulement que la ouate iodoformée rend des services ; on emploie d'autres substances pulvérurentes, l'acide borique, le salol.
Quand le tympan n'est pas perforé, on a essayé d'obtenir l'asepsie de la caisse en y introduisant, par le catbétérisme de la trompe d'Eustache, des vapeurs antiseptiques ou des solutions antiseptiques légères.
Asepsie buccale. — La bouche, par son état constant de chaleur et d'humidité, par le passage des aliments et de l'air et aussi par ses fonctions, est un des foyers microbiens les plus habités de l'économie. — Tous les microbes de la bouche ne sont pas à craindre, mais il y en a de dangereux, tels le pneumocoque de Friedlander et ceux qui accompagnent les gingivites, les caries dentaires, le tartre dentaire, etc.
Malgré ce grand nombre de microbes, il est remarquable combien, dans l'état ordinaire, les morsures, les déchirures que l'on se fait sur la muqueuse buccale sont bénignes. Il y a là un état anatomique et physiologique spécial des tissus qui paraissent posséder des moyens de protection particuliers à la muqueuse buccale, ce qui est bien digne de fixer l'attention.
Au contraire, que la même personne qui vient de se déchirer la muqueuse buccale en morde une autre, il y a bien des chances, si quelque dent est
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cariée, par exemple, pour qu'il en resuite au moins une lymphangite. Les accidents inflammatoires sont des plus communs à la suite des morsures humaines. On observe souvent le phlegmon diffus a la suite des morsures des carnivores, des chats, et de celles des rats, etc.
Malgré la présence des microbes et la difficulté d'obtenir une asepsie parfaite de la bouche, les opérations que l'on pratique sur les parties molles qui l'entourent guérissent facilement et souvent par première intention. — Le danger est plus grand quand il s'agit de fracture du maxillaire inférieur, par exemple, avec déchirure du rebord gingival ; dans ce cas l'infection du foyer de la fracture est très à craindre, surtout s'il y a quelque lésion buccale ou dentaire antérieure; en effet, dans la fracture, les saprophytes eux-mêmes peuvent devenir dangereux.
De même, quand il y a dans la bouche une ulcération, celle d'un épithélioma par exemple, elle devient facilement un foyer septique qui agit sur l'économie. Les microbes secondaires agissent de leur côté sur la lésion primitive et augmentent l'infection ganglionnaire.
On sait aujourd'hui que les associations microbiennes sont fréquentes et que la plupart des complications ou infections secondaires sont dues à la pénétration dans l'organisme des microbes
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habituels de certaines régions du corps, et en particulier de la bouche.
Que la muqueuse buccale se dessèche, qu'il s'y forme des fissures, alors l'immunité dont nous parlions tout à l'heure n'existe plus, on voit survenir le noma, les adénites cervicales, les parotidites ou adénites parotidiennes si communes, et même des complications pulmonaires.
Tout ceci démontre la nécessité qu'il y a, au point de vue de l'hygiène et de la thérapeutique préventive, de faire de l'antisepsie buccale.
Il estime remarque sur laquelle je veux insister : en l'état de santé on procède au nettoyage de la bouche, les plus prudents font ce nettoyage au lever et au coucher, et après chaque repas, au moyen de la brosse et de divers dentifrices. Survienne une maladie, qui oblige au séjour au lit, vous voyez beaucoup de malades négliger ces soins de la bouche ou les prendre moins souvent, précisément au moment où ils sont le plus nécessaires.
On fera l'antisepsie de la bouche avec la brosse à dents, les dentifrices, les poudres de charbon/et h*\kLy de quinquina, une solution boriquée à 3 0/0, ou une solution de chloral à 1 0/0, ou mieux avec un antiseptique composé de :
Acide borique. . 3 grammes.
Chloral. . . . 1 —
Eau bouillie. . . 100 —
Nigaisk. Antisepsie. S
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On peut se servir des essences de cannelle, citron, badiane; on usera des gargarismes. Si le malade est couché, il faut faire dans la bouche des irrigations fréquentes avec un tube en caoutchouc et un injecteur à suspension ; on frottera les gencives et la langue avec une brosse, ou un linge un peu rude.
Il faut également rechercher quelle est la réaction buccale; les liquides buccaux sont alcalins, leur acidité favorise le développement de l'oïdium albicans, du muguet; on doit donc les ramener à l'alcalinité. — Le sucre favorise l'évolution des microbes buccaux.
Les brosses à dents doivent être construites de façon à supporter une ébullition dans l'eau, de 2 à 3 minutes; on les conservera dans un verre contenant une solution de chloral à 1 0/0.
L'oubli de l'antisepsie buccale peut être grave; la pneumonie, qui vient compliquer l'état d'un blessé, peut avoir pour point de départ l'état septique de la bouche et la dissémination des pneumocoques. J'ai vu la putréfaction de la bouche amener seule la mort par septicémie chez un malade négligent à l'excès, le médecin ne s'étant pas préoccupé de cette région qui, primitivement, semblait indemne.
Des soins des dents. — De l'antisepsie chez les dentistes. — A l'asepsie buccale se rattachent na-