‹ L'antisepsie dans la pratique de la chirurgie journalièreChapitre 49 sur 104 · ANTISEPSIE DU LARYNX · texte numérisé non relu

ANTISEPSIE DU LARYNX

monaire. C'est un fait d'observation commune que l'évacuation par l'anus de gaz méphitiques après un séjour dans les salles d'autopsie, ou dans les pavillons de dissection ; l'intestin fait ici office d'émonctoire.

On doit se souvenir aussi, dans l'intérêt de son blessé, des besoins de la ventilation du poumon. Celle-ci comporte 15 ou 16 respirations par minute, soit 20,000 environ pour 24 heures; chaque mouvement respiratoire fait ainsi entrer et sortir environ un demi-litre d'air, soit 10,000 litres en 24 heures. Cet air doit être puisé dans une masse considérable afin d'avoir une pureté suffisante; on compte alors que la chambre dans laquelle séjourne le malade doit présenter au moins un cube 24 fois supérieur à la quantité d'air indispensable, c'est-à-dire 10,000 litres ou 10 mètres cubes multipliés par 24, soit 240 mètres cubes.

Mais ce qui vaut mieux que les grandes dimensions des chambres, c'est d'assurer le renouvellement constant de l'air, soit au moyen de vasistas, etc., soit simplement en laissant une fenêtre entr'ouverte, avec des stores ou des persiennes fermées.

Le traitement antiseptique des maladies du larynx s'obtient par des attouchements directs, et par la pulvérisation de solutions antiseptiques, ou en y faisant arriver des vapeurs antiseptiques.

Nicaisi;. Antisepsie. 8.

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De même on fait arriver des antiseptiques dans la cavité des bronches par des pulvérisations et par des évaporations.

Évacuation et asepsie de l'estomac- — Dans certaines opérations à pratiquer sur l'estomac, telles que l'ablation de tumeurs, de corps étrangers, un abouchement avec l'intestin, etc., il est nécessaire de vider au préalable l'estomac de son contenu. Dans d'autres cas, dans l'étranglement interne, dans la hernie étranglée, par suite des mouvements antipéristaltiques, l'estomac se remplit du contenu de l'intestin grêle, de matières fécaloïdes ; là encore, il est nécessaire d'évacuer le contenu de l'estomac ; cela donne d'excellents résultats dans l'étranglement interne et a même quelquefois fait disparaître les symptômes. Les avantages ne sont pas moindres dans la hernie étranglée. Mais dans ces derniers cas, quand l'estomac est rempli de matières fécaloïdes, l'évacuation simple ne suffit pas, il faut en outre laver l'estomac, en faire l'antisepsie et cela au moyen de l'eau boriquée ou de l'eau de Vichy, ou d'une solution de bicarbonate de soude à 1 0/0. On se sert, pour l'évacuation et le lavage, d'un entonnoir et d'un tube en caoutchouc, tube de Faucher ou de Debove, qu'on introduit de 45 à 50 centimètres il partir des dents incisives inférieures (fig. 13).

Asepsie intestinale. — Le tube digestif est le

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foyer de l'organisme où les microbes sont les plus nombreux; beaucoup d'entre eux sont inoffensifs, mais plusieurs peuvent devenir pathogènes à la suite d'une infection primitive, ou des lésions de la muqueuse intestinale.

Les microbes sont introduits dans le tube digestif par les aliments et l'air qui les accompagne, puis par la déglutition, qui entraîne ceux qui se déposent sur les parois buccales et pharyngiennes. Il y a parmi eux des microbes nécessaires aux transformations que doivent subir les aliments, aux fermentations, d'autres sont seulement de passage et peuvent devenir nuisibles à un moment donné.

Mais le tube digestif est loin d'être sans défense contre les microbes; les sucs de l'estomac et de l'intestin les détruisent ou les gênent clans leur développement, puis la phagocytose leur interdit l'entrée du sang. A l'état normal, en effet, la couche capillaire superficielle de la muqueuse est traversée sans cesse par des cellules lymphatiques qui peuvent absorber les bactéries qui seraient arrivées à franchir la couche épithéliale. Cependant la défense naturelle de l'intestin est souvent insuffisante. Il en résulte que les microbes du tube digeslif peuvent être le point de départ de complications, d'infections secondaires, par suite de leur pénétration dans l'organisme ou de celle

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de leurs toxines ; la suppuration est alors particulièrement à redouter.

Il est donc nécessaire d'aider l'intestin dans sa lutte,par des moyens antiseptiques. On cherchera à obtenir son asepsie par tous moyens, par le régime, par les purgatifs et par des agents antiseptiques '.

Comme régime on prescrira une nourriture légère, composée autant que possible d'ingesta qui ont subi une cuisson prolongée; quelques-uns recommandent le régime lacté exclusif.

Les purgatifs varieront selon le but qu'on se proposera ; si on veut évacuer simplement l'intestin on aura recours aux purgatifs huileux ou végétaux; s'il s'agit d'une dépuration on emploiera les purgatifs salins.

Quant aux antiseptiques, au premier rang se trouve le benzonaphtol qui remplace/ le naphtol |3.Ai A, On l'associe au salieylatc de bismuth ou à la magnésie calcinée, /vu, au charbon, ou bien on le donne pur. JuMf^ >' f-

Benzdnaplitol/J 10 grammes.

Salicvlate de bismuth. . . 5 —

Faire 20 cachets, en prendre 4 à 6 par jour pendant 3 jours.

On comprend la nécessité de procéder h l'an-

1. Nicaise, 1893. Du régime chez les opérés {Bull. Soc. chir., juillet). — Des purgatifs chez le blessé et chez l'opéré (/(er de chir., p. 787).

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tiscpsie intestinale, non seulement dans les opérations qui portent sur la cavité abdominale et sur le rectum, mais pour ainsi dire dans toutes les opérations. Car, avons-nous dit, des complications, des suppurations particulièrement, peuvent survenir, qui ont pourpoint de départ des fermentations intestinales et la pénétration dans l'économie de microbes du tube digestif, du streptocoque, par exemple.

Il est donc nécessaire de toujours interroger les malades sur la manière dont s'accomplissent les fonctions du tube digestif, et chaque fois que les selles sont anormales et surtout odorantes et fétides, il faut procéder à l'antisepsie intestinale, par les purgatifs dépurateurs, répétés selon les besoins, et par les antiseptiques.

Asepsie ano-rectale. — A l'état normal, le rectum renferme un grand nombre de microbes ; à ceux de l'intestin s'ajoutent les microbes saprophytes qui pullulent dans les matières quand celles-ci séjournent dans l'S iliaque et le rectum. Ces microbes ne sont pas généralement nocifs, mais dans certaines circonstances ils peuvent devenir phlogogènes ou pyogènes.

Au niveau de l'anus, il y a également un grand nombre de microbes saprophytes et autres.

Pour obtenir l'asepsie rectale, nécessaire dans toutes les opérations qu'on pratique dans cette

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région, il faut d'abord réaliser l'asepsie relative des matières fécales, en procédant à l'antisepsie intestinale comme nous avons dit plus haut. On donnera au malade des purgatifs évacuants (huile ou végétaux), des lavements simples ou boriques, puis avec l'aide d'un spéculum ani', on fera des irrigations directes avec de l'eau boriquée, en y joignant des frottements de la

Kg. 27.

Spéculum ani du docteur Nicaiso.

mucpieuse avec un tampon d'ouate trempé dans la même solution ; l'eau naphtoléc convient aussi dans ces cas.

En même temps la région anale est lavée et savonnée, les poils sont coupés, on lotionne avec une solution de sublimé à 1 0/00; puis on place

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