I ASEPSIE DES VOIES URINAIRES
et le méat avec une solution de sublimé à 1 0/00. Quand X urètre est le siège de suppuration, il faut procéder à un lavage d'arrière en avant au moyen de l'appareil de Reliquet, avec une solution boriquée; mais il ne faut pas compter sur une asepsie complète (Guyon).
Quelquefois, au moment d'introduire une sonde, on fait uriner le malade auparavant; l'urine entraîne avec elle les sécrétions urétrales.
On fait plus simplement le lavage de l'urètre en introduisant dans le méat l'extrémité d'une canule en verre ad hoc, adaptée à l'extrémité du tube en caoutchouc de l'injecteur à suspension, dont on voit la multiplicité des applications; on a soin alors de l'élever à une faible hauteur.
Si l'urètre normal renferme des microbes, dont la plupart ne sont pas pathogènes, la vessie saine n'en renferme aucun ; elle résiste même à l'infection ; il n'en est pas de même de la vessie altérée; la rétention d'urine peut favoriser l'infection ; les traumatism.es de l'organe agissent de même.
Pour obtenir l'asepsie de la vessie, il faut v faire des injections tièdes avec une solution boriquée à 3 0/0.
Guyon emploie aussi la solution suivante:
Acide borique.. 50 grammes.
Borate de soude. , . 5 —
Eau distillée. 1000 —
Nicaise. Anlisepsie. 9
146 ASEPSIE PU MALADE
On se trouvera bien de laisser clans la vessie 20 ou 25 grammes de solution boriquée.
L'injection sera faite avec une seringue rendue aseptique, ou avec un injecteur à suspension, mais ici la seringue est préférable.
Si l'on peut agir sur la vessie par des moyens antiseptiques directs, il en est difficilement de même pour les reins. Cependant Pawlik, il Prague, pratique avec succès le cathétérismc des uretères. Le Dr Mauclaire, dans le récit de sa visite aux Universités étrangères (p. 51), rapporte qu'il a vu ce chirurgien pratiquer avec succès le cathétérisme et des lavages à l'eau boriquée et au nitrate d'artrent, cbez une malade atteinte de pyélo-néphrite suppurée ' Néanmoins ce moyen n'est pas à la portée de tout le monde. On a alors essayé, pour modifier la qualité des urines, d'agir sur le rein, en administrant des médicaments internes. C'est ainsi qu'on a conseillé de faire prendre des baumes, de l'acide benzoïque, des benzoates de soude, de l'acide borique et des .borates, le biborate de soude à la dose de 4 à 5 grammes (Terrier), le salol à la dose de 2 à 3 grammes par jour.
On a également cherché' à acidifier l'urine pour combattre l'alcanilité qu'y développent les microbes
1. Mauclaire, Observations au cours d'un voyage chirurgical, Paris, 1895.
ASEPSIE DES CATHÉTERS 147
de la fermentation ammoniacale, et clans ce but on a conseillé défaire prendre à l'intérieur l'acide borique, l'acide benzoïque qui s'élimine à l'état d'acide hippurique, l'acide salicylique (Périer), l'acide chlorhydrique (Bouchard). Lépîne, de Lyon, a démontre que le micrococcus ureae des urines acalines remonte par les uretères pour amener la néphrite infectieuse ascendante.
Quant aux balsamiques, ce sont des antiseptiques insuffisants pour les reins et la vessie, mais bons pour l'urètre, puisqu'on peut guérir la blennorragie en faisant charrier à l'urine le copahu, le cubèbe ou le santal, pris à l'intérieur.
Asepsie des cathéters et des sondes. — Le cathétérisme est une opération simple, et cependant délicate que tout médecin est appelé à pratiquer personnellement, et h l'improviste. Cette petite opération est un écueil pour les jeunes chirurgiens, car mal exécutée elle peut être suivie des accidents les plus graves et même de la mort, soit par suite des fausses routes, ou par l'emploi d'un instrument infecté ; on voit survenir alors soit une orchite, une cystite, une néphrite ou une septicémie aiguë. Etant démontré que les cystites et leurs complications peuvent être dues à l'introduction de sondes ou de bougies dans la vessie, ces instruments doivent être stérilisés au préalable.
Les instruments dont on se sert pour le traite-
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ment des maladies de l'urètre ou de la vessie, sont ou métalliques, ou en gomme mien caoutchouc.
Les instruments métalliques peuvent être stérilisés par plusieurs procédés (p. 103) :
D'abord par le flambage à l'alcool qui consiste h
baigner la sonde dans de l'alcool, puis à la flamber
en la soulevant avec une pince, mais ce procédé peut être insuffisant.
L'étuve sèche, l'autoclave, les vapeurs d'acide sulfureux sont bons, mais il est un procédé plus simple, c'est l'ébullition dans une solution sodique à 1 0/0. — L'asepsie de ces instruments est d'une importance capitale : on doit les soumettre à l'ébullition, au moment où on vient de s'en servir, et au moment où on va les utiliser de nouveau.
S'ils ont été employés dans un cas de septicémie urinaire, il faut alors faire ce que nous avons dit à propos des instruments septiques, c'est-à-dire les soumettre à l'ébullition discontinue, deux fois, ii ?i heures d'intervalle. En outre avec une seringue ou un injecteur à suspension on fera passer dans leur canal une solution phéniquée.
Les instruments peuvent être conservés à sec, dans une boîte métallique (v. p. 119).
Les instruments en caoutchouc ou en gomme demandent des soins spéciaux.
Les sondes en caoutchouc rouge supportent l'ébul-
ASEPSIE DES SONDES 149
lition dans une solution sodique. On les fera bouillir avant et après leur emploi, et on poussera une injection dans leur canal. — On peut les conserver à sec dans une boîte ou dans un bocal. — Pendant leur emploi le malade les conservera dans une solution de sublimé h 1 pour 2,000 ou d'acide phénique à ? 0/0 ; la solution boriquée concentrée laisse déposer sur la sonde des cristaux qui se redissolvent dans l'eau chaude. Le malade mettra ses sondes dans des tubes en verre, fermés par un bouchon carré en caoutchouc rouge ; le bouchon
AONET PARIS
Fig. 28.
Tubo en verre avec bouchon en caoutchouc pour conserver les sondes, fils, soies, etc.
carré empêche le tube de rouler quand il est placé horizontalement.
Les sondes en gomme sont toujours d'une stérilisation délicate et assez difficile*. Pour une même sonde servant toujours à une même personne, on peut, par un nettoyage très soigné à chaque usage, ne chercher une stérilisation complète que tous les 4 ou 5 jours.
Ces sondes sont construites aujourd'hui de façon à supporter l'ébullition pendant quelques minutes (Vergue, Gaillard, etc.) ; l'ébullition dans la solution
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sodique est préférable pour enlever en même temps la graisse qui recouvre les sondes e1 les bougies. Mais l'ébullition, plusieurs fois répétée, altère le poli des instruments et les rend plus mous.
Avant et après l'usage des sondes on les nettoiera avec soin, en frottant minutieusement leur surface et en nettoyant leur intérieur par une injection antiseptique (eau phéniquée, naphtoléej poussée au moyen d'une seringue. Dans l'intervalle de leur emploi les sondes baigneront dans un tube en verre lig. 28), rempli d'une solution antiseptique La solution de sublimé et celle d'acide phénique les altèrent souvent; la solution boriquée est préférable.
Montaz stérilise les sondes par le moyen suivant : les instruments sont plaeés dans un tube en verre rempli de glycérine phéniquée à 25 0/00 ; le tube est mis dans de l'eau froide que l'on chauffe ensuite pendant deux heures.
Les sondes peuvent être encore stérilisées par l'acide sulfureux fGuyon, Albarran), ou par l'étuve à air sec (Delagenière).
On peut les conserver à sec dans une boîte en les séparant par de la ouate hydrophile ou de la gaze. — Poncet les place dans du talc stérilisé.
Dans le cas d'une sonde à demeure, il faut adapter la sonde à un tube en caoutchouc qui vient jusque dans un urinai où se trouve de l'eau