‹ L'antisepsie dans la pratique de la chirurgie journalièreChapitre 60 sur 104 · ANESTHÉSIE PAB LA COCAÏNE · texte numérisé non relu

ANESTHÉSIE PAB LA COCAÏNE

jamais qu'une solution à 1 pour cent. M. Reclus dit qu'elle doit être récente, je me suis servi de solutions anciennes, avec un très bon effet. L'injection est poussée avec une seringue de Pravaz dans l'épaisseur du derme ; la seringue étant d'une contenance de 1 cent, cube, c'est 1 centigr. de cocaïne qu'elle renferme. On enfonce la pointe de l'aiguille clans le derme ; puis on pousse un peu le piston pour faire sortir quelques gouttes, ensuite on continue à faire avancer l'aiguille, en poussant le piston en même temps. On refera une nouvelle ponction selon la longueur de l'incision à pratiquer. Par cette injection, la peau est anesthésice dans une largeur de 1 centim., l'incision n'est pas sentie. S'il s'agit de l'ablation d'une tumeur, on anesthésic ensuite les tissus profonds par de nouvelles injections; il faut savoir que les tissus cellulaire et graisseux sont peu sensibles, au contraire les tissus fibreux et les aponévroses sont très sensibles, c'est à leur niveau qu'on poussera les injections profondes.

On peut sans danger vider 5 ou 10 fois la seringue de Pravaz, c'est-à-dire injecter de 5 à 10 centigr. de cocaïne d'une solution à 1 pour cent. L'effet serait tout autre avec une solution plus concentrée.

D'ailleurs, le médecin commencera pour faire son éducalionrpar injecter 2 à 3 centigr. pour une

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petite incision ; il jugera, et prendra confiance peu à peu, et opérera des tumeurs et la hernie étranglée, pour laquelle le procédé est particulièrement

Fig. 36.

Administration du chloroforme avec le masque et le compte-gouttes.

utile, car il faut opérer de suite, et souvent on n'a pas d'aide pour le chloroforme.

Anesthésie par le chloroforme1- — Parmi tous

1. Nicaise, 1876. Danger de la chloroformisation dans le traitement de la fissure à lanus (Gaz. rnéd., p. 133).

HÉMOSTASE 173

les procédés d'administration nous recommandons la chloroformisation, goutte à goutte, avec un masque dont la flanelle est changée pour chaque malade, le chloroforme étant versé par un comptegouttes. Les gouttes sont très espacées une fois l'anesthesie obtenue. Dans ce procédé, le malade respire à la fois de l'air et des vapeurs de chloroforme, conformément aux conclusions des recherches de P. Bert. L'anesthesie est facile, le plus souvent sans période d'excitation, et le malade court moins de danger que dans tout autre procédé.

La langue sera saisie avec une pince ad hoc stérilisée; j'en ai fait construire (1878) deux pour cet usage, mais la meilleure est celle du professeur Berger.

Je renvoie, pour l'étude du procédé que je recommande, à l'article que j'ai publié dans la Revue de chirurgie, en 1892.

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