‹ L'antisepsie dans la pratique de la chirurgie journalièreChapitre 62 sur 104 · LAVAGE DES PLAIES · texte numérisé non relu

LAVAGE DES PLAIES

sont aseptiques, la plaie restera aseptique et tout lavage sera inutile. Telle est en effet la pratique de beaucoup de chirurgiens.

Cependant, il y en a encore un grand nombre qui usent largement du lavage antiseptique des plaies, même chirurgicales.

Mais le lavage, indispensable dans les plaies accidentelles et infectées, ne peut être que nuisible dans les plaies chirurgicales ; il amène une sécrétion abondante de la plaie et oblige à un drainage plus ou moins prolongé.

Quand une opération a été conduite selon toutes les règles de la méthode antiseptique, la plaie, dit-on, n'a pu être contaminée, on peut alors procéder immédiatement à la suture. Cependant, ce n'est pas la pratique que je suis, d'accord en cela avec d'autres chirurgiens, et avant de faire la suture, je passe le plus souvent sur la surface cruentée une éponge ou une compresse-éponge imbibée de solution phèniquée à 5 0/0 et exprimée. Je crois que ceci hâte et facilite la réunion de la plaie ; en outre, quelque contamination inaperçue a pu se produire, l'air a pu apporter quelque microbe pyogène, les tissus du malade peuvent être favorables aux microbes, car nous savons que, quoi qu'on fasse, il y en a toujours dans les plaies même chirurgicales. Dans ces cas l'imprégnation superficielle produite par l'éponge

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exprimée suffît pour gêner le développement des

microbes.

Si on a été contraint d'opérer dans un taudis poussiéreux, il faudra considérer la plaie comme contaminée et traiter sa surface par un lavage antiseptique, ou encore en la frottant avec soin au moyen d'une compresse imbibée de solution phéniquée à 5 0/0'.

Du drainage. — Lorsque la plupart des chirurgiens lavaient les plaies, le drainage était indispensable. En effet, le lavage détermine une sécrétion de la plaie d'autant plus abondante et déplus longue durée qu'il a été plus considérable. En supprimant le lavage, le drainage devient moins nécessaire : on peut même y renoncer. Cependant, en dehors du lavage, il y a des plaies qui sécrètent plus que d'autres ; dans ces cas un drainage de courte durée est utile.

Au point de vue pratique, je dirai qu'un chirurgien ne peut d'emblée supprimer le drainage ; il ne doit le faire que lorsqu'il a constaté que chez ses opérés, le pansement n'était sali par aucune sécrétion; alors il sait que ses propres opérations sont suffisamment aseptiques et qu'il peut sans danger pour son malade supprimer le drainage.

1. Nicaise, 1889. Du lavage et du drainage des plaies (Bull- Soc, chir., p. 38").

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