‹ L'antisepsie dans la pratique de la chirurgie journalièreChapitre 68 sur 104 · DE L'ABCÈS PAR CONGESTION · texte numérisé non relu

DE L'ABCÈS PAR CONGESTION

le cataplasme dans le pansement des plaies, où il a été cause des accidents les plus graves (j'ai vu la mort survenir par suite de son emploi prolongé), c'est à tort qu'on ne veut pas' l'utiliser dans les inflammations phlcgmoneuses.

Donc, on incisera le foyer central, on le lavera avec une solution antiseptique, on mettra un drain et on recouvrira l'incision avec une lamelle de gaze iodoformée et par-dessus on appliquera un cataplasme d'amidon très chaud fait avec de l'eau boriquée à 3 0/0. On terminera le pansement par une couche d'ouate et un imperméable (taffetaschifTon, par exemple). J'insiste sur la nécessité d'interposer une lamelle de gaze antiseptique entre le cataplasme et la peau ainsi que le recommandait déjà Mondeville, dans les mêmes cas, il y a quelques 600 ans, seulement lui interposait un emplâtre do — torébcnthinff1'. Le cataplasme agit comme émollient et aussi comme agent calorifique par la chaleur qu'il renferme. On le change quand il est refroidi. — Reclus insiste avec raison sur les excellents effets de la chaleur dans les inflammations superficielles. N'oublions pas que les microbes pyogènes peuvent être détruits par une température de GO" On peut donner au cataplasme une température de 45" à 55°.

L'abcès froid, ossifluent, doit être traité avec la plus grande circonspection, car une intervention

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inopportune peut être cause de la mort du malade. On soignera d'abord l'état général, puis, s'il y a lieu d'intervenir, on se gardera bien d'inciser l'abcès, on se contentera de le ponctionner et d'y faire une injection antiseptique afin d'en chercher la résorption.

Il ne faut inciser l'abcès que lorsqu'on est en mesure d'arriver jusqu'à la lésion osseuse, alors on ouvre largement la cavité, on la lave avec soin, on enlève sa couche interne avec la curette de Volkmann et on fait l'évidement ou la résection du point osseux malade. Ensuite on fait des sutures, du drainage et un pansement antiseptique. C'est là une opération sérieuse.

Si on ouvrait simplement l'abcès par congestion, la communication du foyer avec l'extérieur pourrait, je le répète, amener la mort du malade, que la communication ait lieu par une incision ou par des tubes à drainage. Dans ces cas, la suppuration devient abondante, non pas du fait seul de la lésion osseuse, mais du fait des microbes pyogènes introduits dans l'abcès, qui irritent et transforment ses parois. De plus, l'abcès se vide mal, il y a de la rétention en quelque point et, comme les microbes saprophytes de l'air arrivent aussi dans la cavité, les liquides y fermentent, les poisons sécrétés par ces microbes sont résorbés, la fièvre survient, il y a septicémie, infection putride, qui

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