‹ L'antisepsie dans la pratique de la chirurgie journalièreChapitre 70 sur 104 · DE L AMPUTATION · texte numérisé non relu

DE L AMPUTATION

rement courbe, on le décolle1. Une compresse à deux chefs, stérilisée, entoure les chairs et les relève pour permettre de scier l'os. On lie ensuite l'artère et la vessie fémorales, et après, tous les orifices vasculaires visibles. Alors on recouvre les lambeaux avec une éponge ou une compresse éponge et on les comprime fortement avec les mains, l'un contre l'autre. La bande à anneaux est enlevée, et immédiatement la partie ischémiée se congestionne dans toute l'épaisseur du membre ; sans la compression des lambeaux il y aurait une hémorragie capillaire abondante. La compression est maintenue jusqu'au moment où la peau ischémiée reprend sa couleur normale, la paralysie vaso-motrice a disparu à ce moment. On cesse donc la compression des lambeaux et on place des pinces à forcipressure sur les vaisseaux qui donnent encore, puis on les lie. Les deux lambeaux périostiques sont réunis par un point de suture.

De même qu'après l'ablation d'une tumeur, deux voies peuvent être suivies, soit le pansement aseptique, soit le pansement antiseptique. Nous renvoyons à ce que nous avons dit plus haut, à propos de l'ablation du sein (p. 185).

Nous recommandons le pansement antiseptique.

1. Nicaise. Dos amputations sous-périoslces (fini. soc. rliir.. 1882. - Rev. de rhir., 1884).

194 de l'opékation aseptique

Sur la surface de la plaie on passera une éponge imbibée de solution phéniquée à 5*0/0 et exprimée; deux drains courts seront placés aux angles de la plaie ; la suture sera régulière et comprendra l'extrémité musculaire des lambeaux. Le pansement sera antiseptique, avec une bonne compression sur les faces antérieure et postérieure du moignon, lequel sera soutenu en outre par une gouttière de carton stérilisé, maintenue par une bande qu'on déroule de haut en bas, afin qu'elle serve en même temps à combattre la rétraction des muscles, etc. — On ne saurait, en effet, prendre trop de précautions pour éviter la rétraction du moignon, qui malgré la réunion par première intention a quelquefois une tendance à se produire.

Il arrive souvent que l'on doit amputer un membre présentant des trajets fistuleux et des décollements, comme dans la tumeur blanche du genou à sa dernière période. — Alors il faut nettoyer et laver les trajets et les fovers de suppuration et envelopper le tout avec des compresses stérilisées. Quelquefois la disposition des fistules permet de tailler les lambeaux en tissus sains, alors il n'y a qu'à agir comme ci-dessus. Mais dans d'autres cas les trajets ou les décollements s'étendent si loin qu'on doit en laisser une partie dans les lambeaux. Assez souvent j'ai agi de cette façon : les trajets et toutes les surfaces suppurantes étaient grattés

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très soigneusement et fortement avec la curette de Volkmann, puis le tout était lavé avec la solution phéniquée à 5 0/0. J'ai eu dans plusieurs de ces cas des réunions par première intention. Dans ces conditions le traitement de la plaie et le pansement seront antiseptiques.

Quelquefois le chirurgien doit faire une opération chez un malade atteint de septicémie, dans le cas par exemple d'une fracture compliquée de jambe, mal soignée au début. L'opération devra s'éloigner du foyer traumatique, plus ou moins selon les cas. — Après l'amputation, la plaie sera lavée avec la solution phéniquée à 5 0/0, après toutefois Yexamen des reins, car s'il y avait de l'albuminurie ou une néphrite infectieuse, il serait préférable de panser la plaie avec de la gaze légèrement iodoformée. En tout cas, le pansement sera antisepticpie et on ne tentera pas la réunion immédiate. Il n'est pas rare alors, grâce au traitement antiseptique général (antisepsie intestinale) et local, de voir les symptômes de la septicémie s'amender rapidement, et la plaie donner non du pus véritable, mais une excrétion séreuse plus ou moins abondante. Au bout de quelques jours, on peut quelquefois, avec utilité, faire une suture secondaire des lambeaux, en plaçant des drains et continuant un pansement antiseptique.

Opération de la hernie étranglée. — Cette opé-

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ration est en général peu douloureuse, aussi l'anesthésie locale est-elle nettement indiquée, non pas l'anesthésie par réfrigération, ce serait dangereux, mais avec la cocaïne. L'anesthésie locale est particulièrement indiquée dans ces cas, où l'on doit opérer souvent à I'improviste et sans avoir d'aide.

Les soins préliminaires sont les mêmes que dans toute opération. L'évacuation et le lavage de l'estomac peuvent être indiqués avant la kélotomie.

La région est lavée, rasée, anesthésiée à la cocaïne; on incise couche par couche avec un bistouri de tranchant parfait. Le sac ouvert, on le traite par l'antisepsie, en le lavant avec une solution de sublimé à 1 pour 2000 ou phéniquée à 2 0/0 et tiède, en se servant d'une éponge OU de gaze. Le sac et la surface de l'anse étant nettoyés, on procède ail débridement, par incisions multiples; l'intestin est attire, examiné et rentré, s'il y a lieu. Le sac est isolé et lié au niveau de son collet, qu'on a auparavant décollé et cherché à abaisser le plus possible. On excise le sac au-dessous de la ligature, puis le pédicule et la surface de la plaie sont touchés avec la solution phéniquée forte; suture des diverses couches et de la peau ; un drain est généralement inutile; le chirurgien en jugera: pansement antiseptique.

De la saignée aseptique. — La saignée est bien délaissée de nos jours, mais il semble que les recherches actuelles sur les troubles des humeurs

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