‹ L'antisepsie dans la pratique de la chirurgie journalièreChapitre 75 sur 104 · CICATRISATION NATURELLE · texte numérisé non relu

CICATRISATION NATURELLE

prolifèrent comme dnns la réunion par première intention, ils finissent par s'accoler entre eux, le foyer traumatique disparaît; il y a une cicatrice sous-cutanée, sans inflammation, sans granulations véritables ni suppuration préalable. J'aurais pu décrire tous les phénomènes si remarquables qui se produisent, mais je veux rester dans les données du manuel pratique. Eh bien ! ces phénomènes qui se passent sous la peau, dans une contusion grave, ou dans une fracture sous-cutanée, dans un milieu aseptique, on peut les voir se produire, en partie du moins, h la surface du corps, dans les plaies superficielles. Grâce à l'emploi minutieux de la méthode antiseptique, on peut obtenir l'asepsie de la surface de la plaie, embaumer pour ainsi dire les tissus altérés et contus et obtenir la cicatrisation sans formation des bourgeons charnus ordinaires.

Ce résultat, je l'ai obtenu plusieurs fois.

Il ne faut rien exagérer, mais on arrivera souvent à obtenir la cicatrisation d'une plaie contuse superficielle non affrontée, sans voir de suppuration se produire. 11 va seulement une simple excrétion séreuse, sans réaction dans le voisinage. Quand il s'agit d'une plaie opératoire ouverte, ces phénomènes sont la règle. En tout cas, la suppuration est une complication que le chirurgien doit éviter, comme disait Mandeville en 1 306.

Donc, quand on se trouve en face d'une plaie avec perte de substance, ou qui présente des parties mortifiées, on peut par un traitement approprié obtenir la cicatrisation sans suppuration, et n'avoir qu'une simple excrétion séreuse.

Le troisième mode de réunion des plaies, c'est la cicatrisation sous-crustucce, qui s'observe dans les plaies superficielles, quand rapidement se forme une croûte à leur surface; la cicatrisation se produit au-dessous de la croûte sans suppuration. Les phénomènes intimes qui se passent dans ce cas sont analogues à ceux qu'on observe sous un pansement antiseptique parfait et analogues à ceux qui se produisent dans les contusions sous cutanées, dont nous venons de parler.

La cicatrisation des plaies est un phénomène physiologique, les modifications anatomiques des «déments, qui l'accompagnent, sont le fait de l'effort spontané de la nature, et non celui d'une inflammation atténuée, comme on le croyait autrefois ; l'inflammation si légère qu'elle soit est un phénomène pathologique, la cicatrisation est un phénomène physiologique. Si l'histologie a trouvé quelque analogie entre l'état des tissus envoie de cicatrisation, et l'état des tissus au début d'une inflammation légère, la différence est cependant absolue; l'inflammation destructrice est due à une infection microbienne, la cicatrisation, sorte d'in-

flammation productrice, pour certains auteurs, est un phénomène physiologique, il n'y a pas à faire intervenir de microbe.

En résumé le chirurgien, cherchant à imiter la nature, devra traiter les plaies de façon à obtenir la cicatrisation sans suppuration.

Le traitement des plaies étant différent selon leurs variétés, nous l'examinerons successivement dans chacune d'elles, en commençant par la plus simple, par la plaie faite par le chirurgien, qui tantôt est complètement fermée par une suture de la peau, tantôt présente encore une surface cruentée découverte ; mais auparavant nous parlerons du pansement en général.

Les pansements des plaies doivent réunir certaines qualités qu'on doit retrouver dans tous, et à celles-ci s'en ajoutent d'autres qui varient avec la nature de la plaie.

Tout pansement doit être protecteur, entretenir une température égale, ne pas blesser le malade, être compressif, absorbant et être fait avec art.

En outre il sera, selon les cas, aseptique ou antiseptique, sec ou humide, rare ou fréquent.

Le pansement protégera la plaie contre les poussières de l'air, contre les violences extérieures ; pour cela, dans les plaies importantes, on lui donne

nue certaine épaisseur, en y faisant entrer de la ouate, ou une autre substance souple et élastique, de l'étoupe, de la ouate de tourbe, etc.

Le pansement entretiendra une température égale autour de la plaie, qu'il protège en même temps contre les changements de température du milieu ambiant, il sera même échauffant. L'égalité de température est favorable au travail de cicatrisation, lequel s'accomplit mieux si la température de la plaie ne s'éloigne pas trop de la température normale de la surface du corps. La ouate convient encore pour ce but. Elle est bonne aussi, comme la gaze, pour donner au pansement de la souplesse et de l'élasticité, afin qu'il ne blesse jamais le malade, et que son contact ne soit ni dur ni douloureux.

Le pansement sera compressif, c'est une de ses qualités principales. La compression assure le contact et l'accolement des surfaces cruentées et favorise leur soudure/ Sans elle, il se formerait une exsudation plus abondante qui s'amasserait dans les espaces libres, et qui, même dans les plaies aseptiques, pourrait donner lieu à des accidents. Car l'exsudation des plaies est un excellent bouillon de culture', et nous savons que les plaies ne sont jamais absolument stériles, elles ont toujours quelque microbe. — Si la plaie est drai-

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