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PLAIES CONTUSES AVEC FRACTURES

2° On procédera à la désinfection de la plaie. Nous avons dit, à propos des plaies contuses, qu'il y avait deux procédés, le lavage ou le frottement avec des tampons antiseptiques; mais, dans lesplaies avec fractures, il y a toujours des anfractuosités où l'on ne peut pénétrer, aussi je préfère ici faire des lavages avec une solution phéniquée forte. La plaie est explorée, on enlève les corps étrangers, la terre, etc., en frottant avec la sonde h cuiller; on débride, s'il y a des décollements, de façon à mettre à nu les anfractuosités et à faire pénétrer partout les agents antiseptiques. Pour les esquilles, on les enlève si elles sont libres, ou si elles ne tiennent qu'à un mince pédicule, mais il faut s'efforcer de les conserver.

Quant aux extrémités des fragments on les nettoiera et on les réduira; si la réduction est difficile, une résection limitée peut être nécessaire, ou plutôt, on aura recours à une suture des os avec des fils métalliques ; il ne faut pas toujours se hâter d'enlever des portions osseuses.

L'emploi d'une solution de chlorure de zinc de 6 à 10 0/0 peut être utile quand la plaie est très infectée et que la blessure remonte déjà à un certain temps. — Je rappelle le lavage à Veau chaude à 60" de Reclus dont j'ai parlé page 238.

3° La plaie étant nettoyée et rendue aseptique, on réduira /es fragments aussi exactement que possible.

4° Ensuite il faudra maintenir la réduction et empêcher Je déplacement des fragments, en appliquant un appareil qui permette de panser la plaie antiseptiquement. Le membre sera placé dans une gouttière de Boeckel; les attelles plâtrées rendent ici les plus grands services, car on peut les varier pour les adapter à chaque cas particulier. Enfin, un certain nombre de chirurgiens, emploient Y extension continue, en agissant sur le fragment inférieur.

En cas de nécessité on peut placer le membre sur un long copeau, dans un fragment d'écorce d'arbre, un fragment de chanlate, etc., qu'on nettoie et qu'on enveloppe de linges.

5° Les fragments étant suffisamment immobilisés, des drains étant placés dans les culs-desac, des sutures cutanées ayant été faites si les circonstances le permettent, on appliquera un pansement antiseptique et protecteur . La plaie sera saupoudrée d'iodoforme, qu'on introduira clans les anfractuosités, puis recouverte de gaze iodoformée et d'ouate hydrophile destinée à absorber les excrétions. Le tout sera maintenu par une bande roulée. Le chirurgien pourra aussi avoir recours au tamponnement général ou partiel de la plaie, au lieu du pansement à plat.

Ces pansements s'exécutent facilement si le membre est placé sur une gouttière étroite, ou

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