‹ L'Antisepsie MédicaleChapitre 16 sur 46 · FR · texte numérisé non relu

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Mais tel n’a jamais été -- tel ne sera jamais — le prin cipe de l’antisepsie médicale appliquée'au milieu intérieur, Tandis que le chirurgien est jusqu'à üun’certañnr point libre, dans de nombreuses circonstances, dé met tre en œuvre, pour la stérilisation et l’éxtinction des foyers infectés, le feu, les acides ou les alcalis éner2 giques, enfin le retranchement, méthode qui lui appartient en propre; lé médecin né peut introduire dans le sang, la ‘lymphe, les séreuses et le tissu connectif de façon à les répandre dans l'organisme que des sub Stancés capables de « tuer les bactéries pathogènes sans tuer les cellules du malade: > (Bouchard.) Or il faut ré: marquer, comme le fait Bouchard, qué ce problème revient à cet autre : tuer des cellules végétales données sans fuér des cellules animales données également, et que doit atteindre en même temps le médicament anti séptiqué, puisqu'elles sont mélangées les unes aveclés autres ou très voisines les unes des ‘autres, én tous cas inaccessibles en particulier et directement.

Parmi les bactéries pathogènes il en est, comrne le bacille de 1a tuberculose, dont la résistance âux agents de “destruction est: extrême (Malassez ‘et Vignal), d’autres, au contraire, sont très sensibles à ces mêmes agents. Deux ou trois gouttes de liqueur de Van-Swieten dans une soucoupe d’eau non filtrée renfermant des coupes histologiques suffisent pendant des mois pour empêcher la production de toute bactérie. Dans un égal

volume dù sang de l'homme: cette dosé seraïitistérili 2 sante aussi pour ces mêmes microbes, et l’on pourrait,

sans inconvénient, dans ces limites, saturer là mfisse

entière du sang et en faire une dilution de bichlorure de mercure au même titre que celle existant dans la soucoupe, sans même produire une ébauche d'intoxication. Il suffit donc, pour les cellules végétales des schizomycètes d’une part, d'autre part pour les cellules du milieu intérieur de l'homme ou d’un animal donné qu'on veut préserver, d'établir le pouvoir toxique d'un seul et même agent. Si cet agent est toxique pour la cellule bactérienne à une dose qui ne l’est pas pour les cellules du milieu, intérieur animal ou humain, il devient un antiseptique applicable à ce milieu intérieur : un antiseptique du sang, de la lymphe, du tissu connectif et de l'intimité des parenchymes.

Voilà pour la qualité antiseptique de l’agent et pour la possibilité de son introduction dans le milieu intérieur. Pour obtenir le maximum de l'effet antiseptique, il suffira maintenant de déterminer la dose précise du médicament qui est limite de sa toxicité pour les tissus de l'homme. Immédiatement au-dessous de cette limite, on sera certain d'obtenir ce maximum sans inconvénient majeur, car il s'agira toujours ou presque toujours d’une action médicamenteuse transitoire. Cette action ne sera pas toujours, du reste, nulle sur les cellules humaines; elle pourra, comme le fait judicieusement remarquer Bouchard (1), les empêcher de vivre, pendant le temps d'action, de leur vie tout à fait pleine et régulière : de se multiplier, de se rénover librement, par exemple. Mais

l'antisepsie ayant réussi, et la maladie étant domptée,

(1) Leçon XXVI, citée.

tout rentrera dans l’ordre dès qu’on cessera d’administrer l’antiseptique. Le médecin se comportera, dans ces couditions, comme un homme qui, voulant sauver un palmier de la destruction, le prend sur les limites du désert, là où il portait des fleurs et des fruits, et l’amène pour un temps dans les serres du Muséum. Dans ce nouveau milieu, le palmier de Biskra ne fleurira ni ne fructifiera. Mais, au bout d'un temps, on le pourra reporter en son lieu d’origine, où il cessera d’être stérile. À: cet'homme on dira qu’en faisant ainsi il a porté dommage à l'arbre; il pourra répondre qu'après tout le palmier vit, et que le reste de la forêt est brûlé.

Le principe de l’antisepsie appliquée au milieu intérieur consisterait donc à savoir choisir, puur chaque cas particulier, un agent exerçant le maximum d’action toxique sur les cellules végétales du parasite, et, au contraire, le minimum d'action non pas toxique, puisqu’on doit se maintenir toujours au-dessous de la limite inférieure du toxicité, mais perturbatricesur les cellules

de l'organisme animal (1). On arriverait ainsi à dresser

(1) Nous avons plusieurs fois rappelé l’expérience du professeur Raulin (de Lyon). L'aspergillus Niger ne peut se développer dans un milieu renfermant une quantité même infinitésimale d'argent. Un schizomycète ayant la même intolérance pour l'argent serait arrêté dans son développement par le simple emploi du traitement par le nitrate d'argent, qu’on fait encore dans certains cas subir aux ataxiques sans autre grand dommage que celui de leur bronzer la peau quand l'imprégnation d'argent a été poursuivie pendant des années. Voilà le meilleur exemple à choisir pour prouver que certains

la table dés équivalents antiseptiques’et des équivalents toxiques des diverses substances que la matière médi£ cale met à nôtre disposition. « L'aniline, dit le profes- Seur Bouchard, ‘est toxique ét! antiseptique. L’acide phénique est également toxiqué et antiseptique. Mais ÿ at-il parallélisme entre leur toxicité'et lèur pouvoir antiseptique ? L'aniline est cinq fois moins antiseptique que l'acide phénique, maïs se fois cg. toxique Dee les cellules animales: °°” il 108 9 75310q

Comparons-nous ‘aux mêmes points de ‘vue l'acide phénique ‘au mercure? Pour ‘une! méme puissance toxique, l'acide phénique est six fois moins antiseptique que les sels dé mereure. Le choix des seconds s'impose donc quand on veut obtenir le maximum d'action contre les microbes et le minimum contre ‘les: éléments anfmaux. Parmi les sels mercuriels, tous n’ont pas une action antiseptique proportionnelle à leur toxicité. Le biiodure, éminemment antiseptique, est moins toxique à poids égaux que lé bichlorure. 3

Le choix des antiseptiques, que l'on peut espérer de faire pénétrer utilement dans le milieu intérieur pour y

organismes inférieurs peuvent être tués par un agent qui ne tue nullement les cellules de l'organisme humain. Invérse’ ment, certains végétaux inférieurs « vivent avec prédilection dans des milieux toxiques pour l'animal (solutions de quinine, d'arsenic, d’antimoine, à doses mortelles pour l'homme). I y a donc à faire un départ parmi les substances antiséptiques, à préciser celles qui sont très nuisibles aux cellules végétales sans nuire aux éléments de l'animal. » Bouchard, XXVIe HUE citée,

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agir sur les parasites pathogènes qui y sont disséminés est, en vertu de ces données mêmes, essentiellement limité. : I1 l'est encore davantage si l'on réfléchit que, dans l’état actuel de la science! on ne peut faire entrer; dans la majorité des cas, que ce que l'on pourrait appeler les antiseptiques généraux. sl où flo" ypeitq

Ce terme doit être expliqué. Si (toujours en: dehors des vaccins) il existe pour chaque microbe pathogène une substance en particulier qui, à son égard, constitue l’antiseptique de choix, et qui, introduite dans le milieu intérieur, coupe court au développement du parasite par. une action véritablement spécifique; au: fur et à mesure que l'on connaîtra mieux les germes pathogènes des diverses maladies et qu'on aura fait l'étude de leurs antiseptiques: propres, on trouvera chacun de ces antiseptiques d'élection et on les pourra appliquer à la cure en toute sûreté: Mais actuellement nous sommes à ce paint de vue bien loin de compte. Nous sommes seules ment-possesseurs de deux antiseptiques/spéciaux, cou pant court aux manifestations de deux infections spécis fiquement reconnues. L'un est la quinine, qui coupe la fièvre intermittente, l’autre le mercure, qui fait disparaître les accidents épisodiques, les manifestations secondaires de la syphilis. La malaria est, en effet, aujourd'hui regardée comme une infection parasitaire avérée ; si l’on ne tient pas encore, comme le croit cependant Lutsgarten, le microbe de la syphilis, il n’en est pas moins très probable que le microbe sera dégagé un jour. Et d'ailleurs, si l’on peut-affirmer avec Bouley que

toute maladie contagieuse créant l’immunité est'de na-

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türe microbienne, n'est-ce pas là, de toute et incontestée notoriété, le cas de la syphilis dont on compte les récidives comme autant d'événements scientifiques? Nous avions donc raison de dire que la médecine traditionnelle fait depuis des siècles de l’antisepsie médicale, puisqu'elle traite les fièvres de marais par le quinquina, et la vérole par le mercure.

Arrêtons-nous un instant sur ces deux antiseptiques d'élection, types de tous les autres, et que l'on qualifie à bon droit de spécifiques, comme l’est l'argent contre l’aspergillus niger de Raulin.

Si la quinine coupe une fièvre paludéenne rhythmée d’un type quelconque, ce n’est nullement en agissant sur la fièvre elle-même, qui n’est qu’un syndrome pur commandé au système nerveux par la cause pathogène. La preuve en est que cette même quinine ne coupe, ni même n'atténue en abaissant la température, ni la fièvre de la pneumonie franche, ni celle de la pleurésie, ni enfin celle de l’érysipèle, de la scarlatine ou de la variole. Elle n’est antithermique, en dehors de la malaria, que dans la dothiénentérie et dans l’une des formes de la fièvre puerpérale (Bouchard).

« Dans les maladies où la quinine agit, ce n’est qu’en contrariant l’agent infectieux qu'elle fait cesser la fièvre qui en est la conséquence >» (Bouchard). Mais nous apprenons ainsi que ce médicament, jouant le rôle d'un antiseptique spéciique et dont la valeur est décisive pour le cas particulier de la malaria, est aussi antiseptique bien qu'à un moindre degré pour deux autres infections. De la sorte la quinine est un antiseptique.

y 6le— général à domaine restreint, en même temps au’il est un antiseptique de choix pour la fièvre palustre. En dehors de là, elle est inerte. Elle est si peu le spécifique de la fièvre considérée en tant que fièvre qu'elle élève de quelques degrés la température chez l'homme sain.

Le mercure est, lui aussi, l'antiseptique de choix, le spécifique contre l'infection syphilitique. Il n’agit pas plus dans la vérole comme antiplastique que la quinine comme antifébrile exclusif. [1 n’a, quoi qu’on ait espéré et tenté, jamais davantage fait résorber une chéloïde spontanée que la quinine n'a coupé la fièvre satellite d’une pneumonie fibrineuse. Mais à l’encontre de la quinine, le mercure et ses composés ont une action antiseptique qui, en dehors de la syphilis, s'étend à un groupe d'organismes inférieurs, pathogènes ou non pathogènes, que l’on peut considérer dès maintenant comme très étendu. Le large développement pris dans ces derniers temps par l’antisepsie faite à l’aide des soiutions de sublimé, encore antiseptique au 1/10000° pour une multitude de bactéries, suffit à lui seul pour rendre évidente la proposition. Le mercure est donc un antiseptique général. Dans le doute sur la sensibilité particulière d’une bactérie aux agents antiseptiques, on est a priori autorisé à recourir à celui-là. L’usage du mercure dans l’antisepsie médicale n’est du reste plus une chose réellement nouvelle: il n’y a que le principe d'application qui soit nouveau. Dans la fièvre typhoïde « il ÿ a bien longtemps, dit Bouchard, qu’on a donné le calomel à doses massives, le sulfure noir; les frictions mercurielles ont été employées pâr Serres, par Becquerel,

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