SARA
spécifique-que rien physiologiquement ne saurait faire prévoir: En 1874, Debôve répondait négativement à cette question du jury : « l’action physiologique des médicaments .peut+elle servir de règle de leur action thérapeutique? » I: répondrait peut-être aujourd’huispar l'affirmative;.car l'action d'un médicament sur les parasites pathogènes fait partie. maintenant de sa physiologie; et Fon pourrait presque prévoir à coup sûr que lorsqu'il se comporte à la façon d’un spécifique sur un homme malade, et tout. autrement qu'il ne le ferait sur l’homme sain, c'est qu’il a précisément. touché un agent pathogène. L'on pourrait dès lors retourner l'aphorisme et dire : « on visait un symptôme, c'est un microbe qu’on a tué. »
Je ne fais ici nulle difficulté d’avouer que, dans les copsidérations que je viens d'émettre, et qui me sont commandées”par la nature même de mon sujet, la place est faite largement aux hypothèses. Mais l’antisepsie médicale, qu'il me faut exposer dans ses principes généraux, n'est-elle pas dans sa période initiale et toute de tâtonnement. Or qui dit tâtonner, dit chercher, et l’on ne cherche rien sans idée rectrice, sous peine de ne rien trouver de nouveau. J'ai simplement voulu faire voir que le cadre de l’antisepsie, restreint en apparence à quelques méthodes déjà employées et encore imparfaites, s'agrandit si l’on pose le problème du rapport de la spécificité des médicaments avec la spécificité même des agents morbides contre lesquels leur activité est chose reconnue, L’avenir seul apprendra ce que vaut cette
donnée, et c'est pourquoi, entre autres motifs, j'ai intitulé ce chapitre Prolégomènes de l'antisepsie médicale.
£ HE i 1?
Je vais maintenant donner la parole aux faits et j'emprunterai surtout les faits aux maîtres. Cette seconde partie de ma thèse montrera donc ce qu'est l’antisepsie médicale dans le présent : quels sont ses agents, ses mé-
thodes techniques, les résultats qu'elle a donnés dans
les divers cas particuliers. J'étudierai successivement
l’antisepsie des surfaces limitées par des épithéliums, soit d'origine ectodermique, soit d’origine entodermique; et je terminerai par l'étude de l'antisepsie que l'on pourrait appeler interstitielle, celle qui s’applique au milieu intérieur, comprenant le tissu conjonctif, le système lymphatique et le système vasculaire sanguin. L