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- décomposition, où vivent des germes de toute nature,
Les causes de contagion sont donc ici plus fréquentes que sur la peau, en même temps que les appareils de protection sont moins puissants. Les muqueuses ne possèdent qu’un mince épithélium du type malpighien, capable d’être facilement rompu ; aussi sont-elles souvent entamées et deviennent-elles ainsi la porte d'entrée des germes infectieux dans l’organisme,
En revanche les voies respiratoires sont peut-être défendues d’une manière plus efficace. Non parce que leur épithélium est très épais, il est moins résistant que celui de la muqueuse buccale, mais parce qu'il est revêtu d'un appareil spécial qui s’oppose à la progression des particules solides venues du dehors. Cet appareil protecteur ést constitué par les cils vibratiles des cellules de revêtement ; cils toujours en mouvement et dont le jeu se produit dé telle sorte que les corps déposés à leur surface sont ramenés vers l'extérieur. Malheureusement, ce moyen de protection n’est pas toujours efficace : dans de certaines circonstances, des parcelles minérales pénètrent jusque dans le tissu du poumon, et il en est dé même des gérmes pathogènes qui deviennent l’origine d’affections pulmonaires. La desquamation qui accompagne les bronchites, la coqueluche et bien d’autres ma ladies des voies respiratoires, favorise la pénétration des parasites à travers la muqueuse et devient indis réctemént le point de départ de la tuberculose, par
exemple.
fl. — Antisepsie du tégument externe. — Mode de pénétra-
“ ‘tion des germes. __ Rôle des plaies et des fissures cutanées. — Traitement antiseptique de la pustule maligne, de l'érysipèle, du chancre simple, des furoncles. — Maladies générales consécutives à des maladies de la peau ; néphrites infectieuses. .=— L'antisepsie faite sur la peau est, selon les cas, prophylactique ou curative.
Tant que les surfaces d’origine ectodermique sont in: tactes, elles constituent une puissante barrière opposée à la pénétration des microbes. Il n’en est plus de même quand elles présentent des pertes de substance. Le danger qui en résulte a été reconnu depuis longtemps: Bien avant que les théories microbiennes aient été formulées, l'examen attentif des faits avait montré aux chirurgiens l'importance qu'il y avait à soustraire les plaies au contact de l'air. En les protégeant, ils faisaient de l’antisepsie préventive, diminuaient la suppuration et rendaient plus rares la pyémie et Ja pourriture d'hôpital. Ils ont ouvert la voie suivie depuis par Guérin et Lister. L’utilité reconnue de la protection des surfaces dénudées fut ainsi l’origine de la méthode antiseptique.
Ce n’est pas ici le lieu de parler des plaies produites par accident ou par le couteau de l'opérateur ; leur traitement relève de l'’antisepsie dite: chirurgicale. Mais le tégument est sans CESSE le siège, sous l'influence de causes multiples, de petites érosions souvent-très minimes, cachées dans les replis cutanés, qui échappent à l’observation, et n’en sont que plus dangereuses. C’est par elles que sont inoculées un grand nombre de maladies con-
tagieuses, nécessairement évitées si Ces fissures étaient
bts,
toujours l’objet d’un traitement antiseptique les rendant impropres au séjour des microbes.
L'érysipèle ne peut se développer sur un individu que si les bactéries pénètrent per une petite plaie jusque dans les lymphatiques du derme où elles trouvent leur milieu de culture. C'est ce qui paraît résulter de nombreuses recherches et de discussions plus nombreuses encore. Bien d’autres maladies s’établissent de cette manière : le charbon, la morve, la syphilis, le chancre sim: ple, pour ne citer que les plus connues, ont le plus souvent cette origine. De là, résulte l'utilité pour les personnes susceptibles d’être contaminées, les palfreniers et les tanneurs, par exemple, si nous envisageons la morve et le charbon, de surveiller avec soin les moindres écorchures. C’est à eux surtout qu’il est indiqué de faire de l’antisepsie prophylactique, de désinfecter les petites plaies qu'ils peuvent présenter par des lavages répétés avec des solutions actives d'acide borique ou de sublimé, et de les recouvrir par une matière isolante, telle que le collodion ou l’onguent boriqué.
Prenons maintenant le cas où les agents pathogènes ont pénétré par une de ces fissures dans le derme sousjacent et s’y sont développés. Sommes-nous condamnés à laisser ce développement se poursuivre à son aise, et ne pouvons-nous pas, par des moyens appropriés, sinon l’arrêter tout à fait, du moins l’entraver ? Tantôt, comme dans la syphilis, où, quand le chancre initial apparaît, tout l'organisme est depuis longlemps envahi, le traitement local ne paraît pas avoirunebien grande influence. Tantôt, au contraire, il peut détruire sur place l’agent
Ode
septique et arrêter la marche dela maladie, quand celle-ci progresse lentement et par étapes successives. C'est ce qui a lieu dans Île charbon. Le professeur Richet (1) réussit à sauver un malade en faisant de nombreuses injections sous-cutanées d’une solution iodo-iodurée autour de la pustule maligne initiale et en la cautérisant elle-même au fer rouge. Dans un autre cas, iln’eut pas le même succès, mais l'examen du sang montra que les bactéridies charbonneuses avaient pénétré dans la circulation avant l'intervention opératoire. | L'érysipèle qui, d’abord très limité, envahit peu à peu les parties voisines et se promène parfois sur tout le corps, se propageant même aux muqueuses, est justiciable du traitement antiseptique. Il est bien rare, depuis qu’on fait des pansements antiseptiques (2), et si la méthode qui permettra de le combattre avec efficacité. n'est pas encore trouvée, c'est qu'on ne l'a pas suffisamment cherchée d'une manière rationnelle. Il n’est pas indifférent d'employer n'importe quel antiseptique contre un microbe déterminé. C'est sans doute pour cela que les pulvérisations d’acide phénique n'ont pas donné beaucoup de succès dans cette maladie. Parrks d’Ashton (3), en appliquant sur l’érysipèle et à son pourtour, une solution à consistance crémeuse de carbonate de plomb, a obtenu l'arrêt de son extension et sa guérison
très rapide, Bien d’autres substances cnt été employées
(1) Richet. Comptes rendus de l'Acad. des Sciences, 1883. * (2) Verneuil et Gosselin. Acad. de méd., 24 février 1885. (8} The med. Record, 1883.