‹ L'Antisepsie MédicaleChapitre 21 sur 46 · TT · texte numérisé non relu

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tour à tour, et il serait indispensable d'en essayer d’autres. Là où les liquides antiseptiques ne réussissent pas, les agents physiques doivent être employés. C’est à,la réfrigération intense produite par le chlorure de méthyle sur les parties malades que dans plusieurs cas le professeur Renaut a dû l'arrêt immédiat d'un érysipèle.

* Il serait facile de multiplier les exemples de foyers infectieux, heureusement modifiés par la méthode antiseptique. Le chancré simple, en particulier, guérit plus vite depuis qu'il est traité par l’iodoforme et des substances ayant la même action, et le phagédénisme est dévenu bien plus rare, grâce à ce mode de médication. Tout récemment encore, Vidal (4) a institué contre lui un traitement par l'acide pyrogallique qui détruit sa virulence et le transforme en une plaie simple.

Depuis que la nature parasitaire d’un certain nombre dé maladies de la peau a été démontrée, lé traitement antiseptique leur a été appliqué et tend à l'être de plus en plus. En détruisant le premier foyer infectieux formé sur le tégument, et en protégeant par des soins appropriés, les parties saines contre les risques d’une contagion par voisinage, on a de grandes chances d'arrêter la ma ladie à son début. C'est ce mode de traitement que Lœwenberg emploie contre les furoncles. Il pense que les microbes observés par Pasteur (2) dans divers furoncles et par lui-même dans les petits furoncles du conduit auditif externe, sont entraînés avéc le pus jusque dans des follicules pileux éloignés’ où ils créent un nouveau

‘() Acad. de méd., 3 janvier 1883. :

(2) Comptes rendus de l’Acad. des sciences, 3 mai 1830.

foyer (1). En les-incisant, on met à nu le centre du mal et on peut y apporter le remède. L'incision, les lavages avec une solution fortement alcoolique d'acide borique, au besoin le pansement de la petite plaie avec de l’acide borique en poudre fine, constituent le traitement à la fois curatif et prophylactique institué avec succès par Lœwenberg.

C'est en se servant d’un traitement antiseptique adopté aux circonstances que l’on réussira dans un grand nombre de cas à lutter avec avantage contre les maladies de peau de nature infectieuse. Si elles dépendent d’une infection générale, les antiseptiques appliqués directement et unis à l'emploi d'une médication interne appropriée diminveront leur virulence; si, au contraire, elles proviennent de germes septiques limitant leur action au tégument, il sera possible; comme dans la furonculose, de détruire leurs localisations et de prévenir leur extension.

Quelle que soit leur nature, les maladies de la peau, du moment où elles amènent de petites plaies superficielles, peuvent devenir l’origine de maladies générales auxquelles elles ouvrent l’entrée de l'organisme. La démonstration la plus simple de ce fait est donnée par la vaccine, dont les pustules, exposées à l'air, deviennent parfois la porte par où pénètrent des agents pathogènes, et le point de départ d’un érysipèle ou de toute autre infection. La gale et la phthiriase, en amenant des éruptions grattées et écorchées par les malades, agissent de

(1) Lœwenberg. Le furoncle de l'oreille. Progrès médical,

la même manière, et peuvent donner accès aux agents septiques les plus variés. Au cours de ces affections il n'est pas rare d'observer dans les urines la présence d’albumine, soit temporairement, soit pendant longtemps. Des faits de ce genre ont été récemment rapportés et comparés à des faits anciens par Boyer (4), Augagneur (2) et Thibierge (3). De quarante-quatre observations réunies par Augagneur, il résulte que dans l'étiologie de cette albuminurie, l'impétigo, la gale, la lymphangite et l’ecthyma sont les maladies qui sont le plus souvent rencontrées, Plusieurs théories ont été apportées pour l’expliquer. Dans certains cas, la présence de l’albumine tient peut-être à la suppression des . fonctions cutanées ou à des troubles vaso-moteurs ; mais nous croyons qu'en général elle tient à une néphrite infectieuse de l’ordre de celles décrites par le professeur Bouchard. Augagneur est arrivé à la même conclusion et l'explique par des micro-organismes absorbés au niveau des plaies et éliminés à travers le rein. Cette théorie, toutefois, ne sera définitivement assise que lorsque la présence des agents septiques aura été constatée dans les urines et qu'ils auront été comparés avec ceux recueillis à la surface des lésions cutanées.

Nous avons cherché dans ce chapitre à exposer brièvement les principaux faits qui, selon nous, démontrent la

nécessité de l’emploi des méthodes antiseptiques quand

(1) Boyer. Thèse de Lyon, 1883.

(2) Augagneur. Lyon médical, 1885.

(3) Thibierge. Annales de dermatologie, 1885.

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