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i] existe des lésions du tégument externe. Nous devons ajouter que cértaines affections des parties externes des organes de la vue (1) et de l'ouïe (2) sont également de nature parasitaire et justiciables du même mode de traitemient. Les notions que nous venons d'exposer sont entrées depuis si peu de temps dans le domaine scientifique que bien peu d'essais de médication ont été faits dans ce sens ; il est donc impossible d'en apprécier la valeur, mais il ‘est permis de supposer que la voie qui
est ouverte permettra d'arriver à d'excellents résultats.
III, — Antisepsie des muqueuses : bouche et pharynx. — Fréquence de la contagion. — Traitement des stomatites et des angines. ,
La muqueuse bucco-pharyngienne est plus que toute autre, par le fait seul de sa situation et de ses fonctions, exposée aux contages. L'air extérieur, les contacts incessants dont elle est l'objet, le passage des substances:alimentaires sont autant d'agents d'une contagion possible. C'est ainsi .que les lèvres sont souvent le siège: de l'accident initial de la syphilis et du charbon, que la muqueuse : gingivale, prédisposée aux inflammations par la dentition est un terrain favorable au développement des parasites venus du dehors. Les cryptes quitapissent la surface des amygdales et les, appareils lym-
phatiques qu'elles recouvrent sont également des voies
(1) Panas. Communications aux Sociétés savantes. (2) Lœwenberg. Traitement des suppurations mastoïdiennes, 1885,
toujours ouvertes. À la pénétration des produits septiques. Dans ces conditions, il n’est donc.pas étonnant que cette région soit si souvent contaminée. Heureusement qu'ici la thérapeutique peut intervenir activement, en portant sur les parties malades les substances actives., Tantôt, comme dans le muguet, il suffit de modifier le terrain sur lequel vit le parasite en le rendant alcalin alors qu'il était acide, pour amener une guérison rapide. Tantôt on a recours à une médication plus énergique en se servant d’antiseptiques en solution très concentrée et même de caustiques, comme dans les différentes variétés d’angines.
La nature parasitaire démontrée pour quelques-unes des maladies de cette région, la syphilis, le muguet, la diphthérie, est encore douteuse pour d’autres. Pasteur, dans la stomatite ulcéro-membraneuse, a pu isoler un microbe spécial, mais n’a pas réussi à reproduire la ma: ladie par l’inoculation. Bon nombre d’angines sont probablement aussi de nature infectieuse, bien que leurs agents pathogènes n’aient pas encore été découverts. Ce qui paraît le démontrer, c’est que la médication anti septique employée depuis longtemps contre elles est encore celle qui a donné le plus de succès. Nous ne dirons rien du traitement local de la syphilis que l’on emploie ici, ses excellents résultats n'étant pas misen doute, Sans vouloir citer tous les médicaments qui ont été et sont encore employés dans les angines, nous dirons que l’iodoforme en particulier a été dans ces dernières années expérimenté avec succès, notamment par notre ami le Dr Garel, de Lyon, et nous rappellerons
que le chlorate de potasse est un spécifique souverain de
Ja stomatite ulcéro-membraneuse. |
L'emploi local de l'acide salicylique et de l'acide phénique, combiné avec un traitement interne dont le benzoate de soude constituait la partieimportante, a permis à Landouzy d'arrêter rapidement la marche des amygdalités infectieuses. L’acide salicylique en solution concentrée a donné à Ory (1) un succès complet dans tous les cas où il l’a employé. Presque tous les agents antiseptiques ont été essayés dans l’angine diphtéritique avec des fortunes variables. Ils ont réussi, quand l'infection n'était encore que locale, mais échouaient presque toujours quand elle était généralisée. La constatation de ce fait permet d'espérer que dès que l'on conpaïîtra l’antiseptique le plus actif contre le microbe de la diphthérie, on pourra enrayer la marche de l'infection toutes les fois qu’on l’attaquera au point où elle débute. Peut-être même pourra-t-on ia poursuivre dans le sang en y introduisant, par les voies ordinaires de l’absorption, ce même agent à la dose voulue. Les succès obtenus dans certaines épidémies peuvent être parfois expliqués par l'énergie et la rapidité avec laquelle était faite l'intervention antiseptique locale, atteignant les germes
dans leur foyer initial et arrêtant leur développement.
C'est à ce mode de procéder que nous attribuons les .
résultats remarquables qu'a obtenus Ranty d'Ambazac,
dans une épidémie récente (voir aux notes).
(1) Union médicale, 1883.
(2) Progrès médical, 1884, p. 161.
IV. — Antisepsie des muqueuses des voies aériennes : fosses nasales, larynx etbronches.—Leur contamination par l'air ou par propagation des angines. — Utilité de détruire les
: foyers locaux. — Emploi des solutions antiseptiques portées sur les parties malades. — Emploi des inhalations
, et des pulvérisations. — Traitement antiseptique de l’ozène, du croup, de la phthisie laryngée. — Traitement du laryngo-typhus par les pulvérisations de liqueur de Van-Swieten. — Traitement de la coqueluche, de la grippe, des bronchites. — Résultats obtenus.
L'arrivée des germes pathogènes sur les voies aériennes peut se faire suivant deux modes principaux : dans l’un ils sont directement apportés par l’air, dans l’autre leur insertion est le résultat de la propagation d’une maladie infectieuse dont le point de départ est sur la muqueuse bucco-pharyngée. Prenons deux exemples : Des crachats de tuberculeux répandus sur le sol, puis desséchés et pulvérisés, dispersés ensuite dans l'air à l'état de particules septiques, sont absorbés par un individu sain pendant l'acte de la respiration. Si cet individu offre un terrain favorable au développement du microbe, il peut contracter ainsi la tuberculose. C'est ce qui ressort des expériences de Villemin et Tappeiner. Giboux renfermant des lapins dans une chambre où chaque jour des phtisiques séjournaient plusieurs heures, et leur faisant, par conséquent, respirer une atmosphère contaminée, les voit devenir rapidement tuberculeux. C’est la démonstration du fait que nous venons d’éaoncer, à savoir que l'air peut apporter direc-
SLA be tement dans les voies respiratoires des organismes infectieux (Artigalas, Les microbes pathogènes). De fausses membranes diphthéritiques tapissent la
muqueuse du pharynx ; elles peuvent s'étendre, par
propagation directe dans les fosses nasales, sur le larynx, ét même sur les bronches; un érÿsipèle venu du dehors peut Suivre le même chemin : l'envahissement des voies respiratoires se fait ici de proche en proche. C’est le second mode de contamination.
Les germes pathogènes, une fois déposés en un point quelconque de la muqueuse respiratoire peuvent; jou bien s'y localiser et donner naissance à un foyer morbide peu étendu; ou bien se répandre sur la plus grande partie de sa surface. C’est ainsi que la phtisie laryngée peut exister seule pendant un certain temps sans que le parenchyme pulmonaire soit atteint. L'antisepsie médicale est appelée à jouer un grand rôle dans ces cas spéciaux en détruisant sur place le foyer initial de contamination et arrêtant ainsi les progrès de Ja maladie; On peut encore y faire appel avec succès contre les affections qui se développent d’abord sur les parties les plus extérieures de l'appareil respiratoire pour de là gagner les parties profondes. Tout le monde connaît leur mode d'envahissement par le fait de la trachéo-bronchite consécutive au coryza : la muqueuse pituitaire est d'abord le siège d’une vive inflammation; puis la propagation au voile du palais et au pharynx amène de l’enchifrènement et peu de temps après la toux spasmodique et les signes physiques de la bronchite annoncent que la malJadie a étendu son siège. Nous ignorons encore si elle
CE a est parasitaire, mais il ÿ a tout lieu de le supposer. On sait, en fout cas, que les agents antiseptiques adminis2 trés sous forme d’inhalations où de matières pulvéru< lentes suffisent souvent à en arrétér la marche alors que les fosses nasales sont encore seules envahies,
La découverte de la spécificité de la plupart des maladies du système respiratoiré a donné naissance à de nombreuses tentatives dé traitément contre lés éléments pathogènes eux-mêmes. Ces essais, de date toute récente, sont encore en trop petit nombré pout permettre de les apprécier en toute connaissance de cause. Nous allons les relater ici en indiquant leurs résultats, et d’après eux, nous essayerons de posér les bases d’uné médication antiséptique rationnelle. |
Trois méthodes principales s’offrént À nous pour atteindre les agents septiques. La première consiste à porter les substances antiseptiques directement sur les parties malades ; elle ne peut être employée que dans un petit nombre de casetsur des régions facilement accessibles. Les inhalations de gaz ou de vapeur d’éau conténant des principes actifs constituent le deuxième mode de traitement que l’on emploie concurremment avec Je premier et qui permet d'atteindre des points plus difficilement accessibles, les substances gazeuses étant plus diffusibles. Enfin, quand il est nécessaire d'agir énergiquement Sur des foyers infectieux profondément situés dans le parenchyme pulmonaire, on les atteint directement au moyen d'’injectionsinterstitielles. Dans le même mode de traitement doivent être rangés la pnéumotomie et le drainage des cavités purulentes, Ms
Les applications directes de substances antiseptiques sur les points malades donnent souvent d'excellents résultats. C'est ainsi que dans le traitement de l’ozène, affection que nous n’hésitons pas à ranger parmi celles qui dépendent de la présence de ferments, d’excellents résultats ont été obtenus par des insufflations de poudre de talciodé dans les fosses nasales. Notre ami Rochet . quiles a, croyons-nous, le premier employées, a obtenu la disparition totale de l'ozène en deux ou trois jours, dans cinq cas où il existait depuis déjà longtemps. Il serait intéressant de poursuivre ces essais pour s'assurer si toutes les variétés d’ozène sonf justiciables de ce mode de traitement (1) {voir aux notes).
Les maladies localisées au larynx peuvent souvetit, quoique parfois avec certaines difficultés, être attaquées par les attouchements directs avec des substances actives. Le croup, principalement, a été l'objet de tentatives de ce genre, dont quelques-unes paraissent avoir été suiviesdesuccès. Enumérertoutesles substances dont on s’est servi pour essayer de détacher les fausses membranes serait fastidieux, et nous ne pourrions que répéter ce que nous avons déjà dit au sujet de l’angine diphthéritique. Beaucoup ont été employées également contre la phtisie laryngée. Schech touche les ulcérations avec un pinceau chargé d'une solution de créosote ou d'iodo-
forme et réussit ainsi à obtenir une cicatrisation rapide,
(1) Lœwenberg a isolé un micrococcus qui serait l'agent producteur de l’ozène. La médication antiseptique employée sous forme de douches nasales ou d’insufflations lui a toujours réussi. — De l’'Ozène. Union médicale, 1884.
nr (QU
Garel, avec l’iodoforme seul, Schmidt avec l'acide phénique, etc. (Voir la thèse de Quantin sur le traitement de l'angine diphthéritique, Lyon 1881.)
L’emploi des inhalations antiseptiques est d’un usage bien plus général et peut rendre de très grands services dans la plupart des maladies des organes respiratoires. Il a l'avantage de permettre une action surtoutes les parties malades, mais il a aussi l'inconvénient de ne pouvoir être limité. Hippocrate, puis Arétée, dit-on, faisaient respirer à leurs malades des vapeurs médicamenteuses. Cet usage fut suivi au 1x° siècle par Rhazès et ressuscité de nouveau au xvi° siècle par Burnett. Depuis il entra dans la pratique et on employa successivement l'air condensé, l'oxygène, l’acide carbonique, l'azote, la vapeur d’eau et diversés substances volatiles. Récamier conseillait de faire évaporer du chlore autour des malades atteints de maladies contagieuses ; Chomel faisait inhaler à ceux qui présentaient de la gangrène pulmonaire des vapeurs de substances balsamiques. Skoda et Trousseau se servaient dans le même cas d’inhalations
d’eau térébenthinée. Tous agissent ainsi dans un but de désinfection; aujourd’hui, mieux éclairés sur la nature des maladies infectieuses, nous agissons d’une manière plus précise. Nous cherchons, sinon àtuer les agents septiques, du moins à entraver leur pullulation en leur créant un milieu défavorable, Arrive-t-on à ce résultat en modifiant leur milieu de culture, ou en stimulant l’activité des éléments voisins qui réagissent plus énergiquement contre eux? C’est ce qu'il nous est impossible
Lemoine. 6
de préciser. Probablement, ces deux influences agissent de concert,
Toutes les maladies des voies respiratoires, parasitaires ou considérées comme telles, sont modifiées avec succès par ce. système d'inhalations. Les substances antiseptiques employées ont varié entre les mains de chaque expérimentateur, et leur valeur relative est loin d’être connue: Chaque espèce de microbes, nous
l'avons dit, est sensible seulement 4 l’action de certai-
nes substances et réfractaire à d’autres. Il ne faut donc
pas conclure d'insuccès partiels à la non-valeur de la méthode : il faut chercher l'antiseptique qui agit sur chaque microbe déterminé. Cette recherche est toute de tâAtonnements ; nous allons indiquer brièvement les résultats qu’elle a donnés jusqu'ici: é ÿ
Renou (4) pour combattre la diphthérie sature de substances antiseptiques l'oir respiré par le malade, Pour cela, un fourneau maintient en ébullition deux litres
d’eau dans laquelle on verse toutes les trois heures une
cuillerée composée des acides phénique, benzoïque et
salicylique. Sur 18 cas traités par cette méthode, il a obtenu 16 guérisons. Couétan a employé le même mode de traitement en se servant toutefois de l’ipéca et des stimulants. La méthode de Renou tend à se généraliser et
elle à fait l’objet d'essais intéressants de la part de Bit-
terlia de Saint-Maur (2) qui s'en est même servi contre
l'érysipèle de la face. Des inhalations faites avec des va-
(1) Union médicale, 1884, p. 749.
(2) Gazette des hôpitaux, 1885, p. 115:
peurs de goudron et de térébenthine auraient amené, d’après Delthil, une amélioration notable dès la deuxième heure après leur emploi, faisant tomber les pseudomembranes et ämenant une détente de l'état général,
Otto (1), Weise (2), de Berlin, Démons(3), de Bordeaux, recommandent de se servir contre le croup de pulvérisations fréquemment répétées et ont fait construire pour cet usage des appareils spéciaux. Ils ont employé tour à tour les solutions d’acide salicylique à 4 ou 2°/,, l'acide phénique à 5°, et enfin le sublimé en solution faib'e.
Le benzoate de soude, s'il faut en croireles Allemands, seraiten voie de devenir le spécifique de la diphthérie (4); ils l’emploient soit en pulvérisations, soit en potions, et dans ce dernier cas, ils expliquent son action en disant qu’il s’élimine par la muqueuse du larynx et des bronches et en détache les fausses membranes. Letzerich à guéri par ce moyen 26 malades sur 27, Hoffmann 12 sur 42, Rosenbach, Reuss et Graham-Brown ont eu des résultats semblables. La térébenthine administrée à l’intérieur par Conrard(Thérapeutic Gazette, 1884) amène en quelques heures le gonflement des fausses membranes, l’'amincissement de leurs bords et leur disparition progressive. Il songe aussi à une action parasiticide exercée sur les microbes par cette substance éliminée par la mua queuse du larynx.
L'emploi du traitement antiseptique contre les mani
(1) Saint-Petersb. med. Wochenschr.; 1878,
(2) Allgemi. Wien. med. Zeitung, 1882, n° 41. (8) Journal de médecine de Bordeaux, 1882.
(4) Berliner klin. Wochenschr., 187 *9