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festations laryñgées de la fièvre typhoïde permet actuellement de les combattre avec avantage, alors que récemmént encore on était en face d'elles condamné à une inaction presque complète. Le professeur Renautaobtenu à l’aide de cette méthode des résultats remarquables et a bien voulu rne communiquer à ce sujet, avec sa bienveillance habituelle, une note manuscrite que je transcris ici intégralement: ,
« En 1885, j'ai eu dans mon service une petite épidé- « mie de laryngo-typhus et deux cas de mort à la suite « decette complication. Il résulte de l'examen des lésions « que la laryngite typhoïde, dont le vestibule laryngé et « l'épiglotte sont le siège est bien une manifestation « clôturale de la dothiénentérie. C’est une inflammation « diffuse à exsudat fibrineux comme dans le phlegmon, « débutant dans la portion superficielle de la muqueuse. « Les follicules clos et les points lymphatiques présen- « tent une infiltration tout à fait comparable à celle des « follicules intestinaux ; enfin, au sein de l'inflammation . « diffuse, on trouve les mêmes bacilles que dans les pla- « ques de Peyer, les ganglions mésaraïques, le rein « affecté de néphrite typhoïde et l'urine albumineuse « qu’il émet. Mais ces lésions ne font qu’ouvrir la porte « à des parasites bucco-gutturaux, grands bacilles de la « taille de ceux du charbon, leptothrix, microcoques, « etc, qui s’implantent dejà dans l’épithélium ramolli « par l’œdème inflammatoire, et s'insèrent ensuite sur « les petites ulcérations qui sont l’aboutissant du pro- « cessus typhique siégeant dans la muqueuse du larynx. « Ce sont eux qui sont redoutables.
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= ou.
« Dans mon service, et à cause même de l'adoption de la méthode de Brand, les dothiénentériques sont cantonnés dans un même coin de la salle, et se succèdent dans les mêmes lits. À la suite de mes deux cas mortels, les typhiques voisins et les successeurs des morts se plaïignirent tous (il y en eut 4 à la suite les uns des autres) d’une gêne laryngée, leur voix devint rauque, leur larynx douloureux. La muqueuse du vestibule rougit. Je résolus alors de faire l’antisepsie préventive du vestibule, non contre la laryngite typhique, mais contre les microbes à action gangreneuse, secondairement insérés sur la muqueuse malade, et dans ce but, on fit trois ou quatre fois par jour et pendant dix minutes chaque fois un spray de hqueur de Van Swieten dans la bouche largement ouverte. Dans tous les cas la laryngite s'arrêta court au baut de cinq à six jours, et je n’eus plus à déplorer les complications nécrosiques observées dans les devx premiers cas et suivis de mort.
« J'ai communiqué ces faits à la Société nationale de
médecine de Lyon un peu auparavant que Cornil n’eut
émis, à l’Académie de médecine, sa théorie de la laryn-
gite nécrosique des typhoïsants. Comme il était arrivé exactement aux mêmes conclusions que moi, et que ma communication n'était pas publiéeavanila sienne, je lai laissée inédite tout naturellement. Mais la méthode de traitement préventif mise en usage par moi a son importance, et je la fais connaître ici parce qu’elle est à la fois rationnelle, facile à mettre en usage et
parce qu’elle m'a donné de constants succès. Je l’ap-
« plique à tous les dothiénentériques dont le larynx de- « vient douloureux, qui ont de la toux laryngée vers la « fin du deuxième ou dans le cours du troisième septé- « naire, alors qu'il n’y a plus de râles dans les pou- « mons ; et son application me paraît d'autant plus | « opportune que le bain froid n’a aucuneinfluence favo- « rable sur l’évolution de la laryngite typhoïde tardive,
« la plus redoutable parce que c'est elle qui devient ordi-
« nairement nécrosique. »
Depuis que la coqueluche a été rangée parmi les maladies spécifiques à la suite des recherches de Poulet et de Letzerich, on a essayé de la combattre par la médication antiseptique. Scheiding (1) conseille de faire séjournerles malades dans uneatmosphère remplie de vapeurs phéniquées; il a obtenu par ce moyen la disparition presque complète des qnintes de toux, au bout de vingtquatre heures, et leur disparition totale quelques jours après. Moncorvo (2), recherchant les bacilles dans les crachats de malades atteints de coqueluche, remarqua qu’ils s’y trouvaient en proportion variable selon la gravité de la maladie. En les mettant en contact avec une solution de résorcine il les vit perdre leurs mouvements et ce fait lui suggéra l'idée d'employer cette substance, soit en solution à À p. cent portée sur la glotte avec un pinceau, soit en pulvérisations. Une guérison rapide fut obtenue dans 30 cas par cette méthode. Bou= chut(3) se trouve également fort bien de l'emploi d’in-
(1) Revue des sciences médicales, 1880.
(21 Gazette hebdomadaire, 1884, p. 284.
(3) Union médicale, 1885, p. 155.
halations de thymol et de potions avec du sirop phéniqué.
Nous ne savons pas si les inhalations antiseptiques ont été employées dans le traitement de la grippe et dans celui du catarrhe bronchique. Nous ne saurions trop le recommander dans cette dernière maladie, soit comme méthode prophylactique pour empêcher la con tagion des personnes indemnes, quand ce catarrhe prend la forme épidémique, soit comme méthode curative quand il s'est développé.
Les bronchites revêtant le caractère putride sont les maladies dans lesquelles les inhalations de substances désinfectantes ont été surtout employées. La thérébenthine, dont on se servait beaucoup, est encore prescrite par Curschmann (1) qui la préfère au phénol et au thymol ; elle est bien supportée et n'irrite pas le poumon. En Allemagne, Sénator, Fraenkel et Israel préfèrent se servir de vapeurs phéniquées, bien que n'ayant pas une. grande confiance en leur action. Ce sont, en effet, les insuccès de l’acide phénique dans les bronchites putrides qui ont engagé Lancereaux ( Z se servir de l’hyposulfite de soude, avec lequelil n’a obtenu que des guérisons dans les 6 cas qu’il a soignés. D’après lui l’hyposulfite fait diminuer rapidement la mauvaise odeur de l’haleine et des crachats et produit l'amélioration de l’état général.
Les-résultats ne sont pas immédiats mais s’observent au bout d'une semaine environ, si l’on fait prendre au malade de 4 à 5 grammes d’hyposulfite en potion par jour. Il ne l’a pas employé en pulvérisations. Cette sub-
(1) Berl. Klin. Wochens,, 1879, (2) Bulletin de thérapeutique, 1882.
stance paraît agir en s’éliminant par les bronches, mais son action intime sur les micro-organismes reste inconnue, On ne peut, en effet, accepter l'opinion de Polli (4) qui pense que l’hyposulfite les tue en s’emparant de l'oxygène nécessaire à leur existence, car on sait que les microbes de la fermentation butyrique sont anaérobies. Cette méthode sera peut-être d’une heureuse application aux cas dans lesquels il se produit de la gangrène pulmonaire, et on pourrait également l'expé rimenter dans la phtisie, quand elle s’accompagne de
cavernes à suppuration abondante.
V. — Antisepsie dans la phthisie pulmonaire. — Découvertes de Villemin et de Koch. — Résistance des bacilles tuberculeux aux agents antiseptiques. — Deux indications dominent le traitement de la phtisie : augmenter la vitalité des tissus, diminuer celle des bacilles. — Inhalations et pulvérisations médicamenteuses. — Étude des faits cli- ‘niques. — Mode d’action des eaux thermales.
Lorsque Villemin découvrit que la tuberculose était une maladie virulente, contagieuse et inoculable, il attira l'attention de tous sur la nécessité de rechercher les moyens propres à en empêcher la contagion. De ce moment datent de nombreux travaux pour vérifier l'exactitude de cette découverte, et pour poser les bases d’une médication prophylactique. Koch, en montrant, en 4881, que la phtisie est de nature microbienne,
apporta la preuve de l'exactitude des idées de Villemin
(1) Polli, cité dans la thèse de Leviez. Paris, 1883.
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et permit d'espérer que la cause du mal étant connue, un jour viendrait où le remède le serait aussi. C’est avec cette espérance que l’on a appliqué au traitement de la tuberculose la médication antiseptique.
Avec les découvertes de Villemin et Koch disparaissait l'idée d’incurabilité qui autrefois était attachée au fait de tuberculose. Le phtisique n’était plus cet être atteint d’une maladie mystérieuse qui, sauf dans des cas bien rares, devait le mener à la mort. Il devenaitun individu débilité sur lequel les bacilles avaient trouvé un terrain favorable à leur développement, et formaient d’abord un ou plusieurs foyers locaux avant d'envahir la totalité de l'organisme. S'attaquer à ces foyers initiaux et les détruire, ou, si la géneralisation s’est faite, poursuivre les germes jusque dans le sang et les tissus, tel doit être le but du traitement de la tuberculose. Dans ce chapitre nous étudierons seulement les moyens propres à la combattre dans le parenchyme pulmonaire en agissant directement, réservant pour plus tard l’étude de l’antisepsie du milieu intérieur.
Le poumon, étant sous l'influence directe de l'air et constituant un réceptacle toujours ouvert aux germes qui nous entourent, et admirablement disposé po r leur absorption, grâce à son riche réseau de capillaires, peut être contaminé avec la plus grande facilité. Il est bien rare, quand on fait une autopsie quelconque, de ne pas trouver aux sommets des poumons les traces d'une poussée de tuberculose, guérie depuis longtemps. Si sur ces sujets, la maladie ne s’est pas développée, c'est parce
que leur bonne constitution avait repris le dessus et