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avaitremportéla victoiredans cette Jutte contre le bacille. De ceci il ressort ce double fait: 1° que nous sommes
souvent exposés à la contagion tuberculeuse ; 2° qu’elle ne peut s'effectuer que si notre organisme est affaibli. Ne respirer que de l'air pur et conserver en bon état la nutrition générale suftirait, si c'était possible, à écarter toute atteinte de la tuberculose,
Les moyens prophylactiques étant pratiquement à peu près impossibles à employer, il nous importe beau coup de savoir si l’on peut tuer les agents septiques une fois qu'ils ont pénétré dans le parenchyme pulmonaire. De nombreuses expériences ont été instituées pour ré pondre à cette question ; leurs résultats ne diffèrent guère que par les détails et montrent que malheureusement les bacilles de Koch possèdent une résistance considérable aux causes de destruction. H. Martin (1) fait un mélange de produits tuberculeux et d’une quantité déterminée d'un liquide antiseptique, puis l’injecte dans le péritoine de cobayes, Ceux-ci meurent tuberculeux, montrant ainsi que le tubercule n’a pas pu être détruit par des solutions même assez concentrées. Le brome, ja créosote, l'acide phénique, le sublimé n ‘ont donné entre ses mains aucun résultat satisfaisant. Coze et Simon, de Nancy (2), ont répété des expériences semblables et ont eu les mêmes insuccès, Dans un seul cas ils ont
obtenu avec la créosote un ralentissement de la marche
(1) H. Martin. Archives de physiologie, 1881, p. 93, et Revue de médecine, 1882 et 1883.
(2) Coze et Simon, Bulletin de thérapeutique, 1884, t; CI, p. 241.
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dela maladie. L’acide fluorhydrique (H. Martin) à 4 pour 3000 et l'acide sulfhydrique (Niepce, Pilate) (1) paraissent cependant avoir une certaine action,
De tels faits suffisent bien à prouver que si l'on ne réussit pas à détruire les bacilles quand on les met directement en contact avec les substances nécrophytiques, on réussira encore moins à les atteindre dans l'intimité des tissus. Doit-on cesser pour cela d'employer contre eux les agents antiseptiques, je ne le crois pas, et voici pourquoi.
Quand les tubercules se sont développés en un point de l’organisme, une lutte de tous les instants s'établit entre les bacilles et les cellules animales. Celles-ci se défendent avec énergie, élèvent entre les envahisseurs et les partiés saines des barrières de tissu conjonctif, les refoulent, empêchent leur pullulation et, si leur force de réaction est assez grande, les tuent d’une façon définitive. Le rôle de la thérapeutique consiste donc à venir en aidé aux cellules vivantes, et pour cela deux moyens sont à sa disposition : augmenter la vitalité des cellules, diminuer celle des bacilles.
C’est cette seconde indication que l’on essaye de remplir, quand on fait journellement arriver sur les agents infectieux des gaz, par exemple, qui leur sont nuisibles. On n’a pas la prétention de vouloir ainsi les tuer du coup, mais on espère diminuer leur vigueur, entraver leur développement, et, en les empêchant d'attaquer les
cellules vivantes, donner à celles-ci le temps et les
(1) Pilate. Thèse de Montpellier, 1885.
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moyens de s'organiser pour la lutte. Si l’on voulait tuer le microbe on tuerait probablement le malade, tandis qu’en se contentant d’atténuer son activité on ne fait aucun tort au malade et on lui permet de recouvrer ses forces. Aussi serait-il de la plus haute imprudence d'abandonner les médications qui ont fait leur preuve dans le traitement de la phtisie pour employer exclusivement la méthode antiseptique. Elles doivent marcher côte à côte avec elle et lui donner leur appui. À elles surtout revient le rôle de modifier l’économie en la rendant impropre à la pullulation des parasites, à l’antisepsie appartient celui de les attaquer directement.
Les méthodes d’inhalation et de pulvérisation que nous avons déjà exposées dans les pages précédentes ontété appliquées au traitement de la phtisie, tantôt avec un certain succès, tantôt sans produire de résultats appréciables. Pour se faire une juste opinion sur leur valeur, il serait indispensable d'essayer sur un grand nombre de phtisiques les divers agents volatiis donton peut se servir sans inconvénient, et de noter avec soin l’action de chacun sur la marche de la maladie. Une statistique portant sur un nombre considérable de cas et faite avec soin peut seule permettre de juger de l'efficacité des agents antiseptiques employés. Elle n’a pas encore été faite, à notre connaissance du moins, et nous devons nous contenter de rapporter ici les tentatives isolées qui ont été faites dans ces dernières années. Disons toutefois que les inhalations médicamenteuses sont conseillées depuis longtemps dans la phtisie, que Piorry entre autres faisait respirer des vapeurs d'iode à
ses malades, et qu'actuellement on ne faiten définitive que vulgariser leur emploi et préciser leur rôle.
Schüller (de Greifswald) remarqua qu'il réussissait à préserver dela mort desanimaux auxquels ilavaitinoculé la tuberculose, en les soumettant à des inhalations de benzoate de soude. S'appuyant sur ces expériences, Rokitansky traita des tuberculeux de cette manière et réussit, paraît-il, à les guérir. Klebs de son côté arrivait au même résultat. Mais bientôt surgirent des contradicteurs. Ce fut d’abord Guttmann, qui en employant cette méthode, n'obtint qu’une amélioration passagère que produisaient tout aussi bien des pulvérisations de vapeur d’eau. Sénator, Waldenburg et d’autres se servirent du benzoate de soude, et il résulte d’une discussion à la Société médicale de Berlin, qu'ils durent l’abandonner après l'avoir essayé en vain dans plus de deux cents cas. Fristché l’accusait même de produire une irritation nuisible (1)
Nous devons opposer à ces tentatives infructueuses celles qui, tentées dans divers cas, ont donné des résultats satisfaisants. Kazanski (2) essaya de transformer la chambre du malade en une salle de désinfection en saturant l'atmosphère de vapeurs de benzine et de térébenthine, ou encore en y pulvérisant de l’eucalyptol. Eade (3) employa dans le même but des-pulvérisations
(1) Revue de Hayem, 1881, et Société médicale de Berlin. Séance du 5 novembre 1879, (2) Union médicale, 1883, t. XXXVI, p. 1059.
(3) Union médicale. 1878, t. XXIV, p. 364.
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d’eau phéniquée. Albrecht, de Berne (4), s'appuyant sur les recherches de P. Bert qui montrent que l'oxygène jouit d’une action parasiticide, fit faire à ses malades des inhalations de ce gaz et obtint un arrêt du processus morbide en même temps qu’il se faisait une augméntation du poids du corps. Les bacilles disparaissent des crachats tant que les malades sé soumettent aux inhalations ; ils s’y montrent de nouveau quand ils les cessent. Dés expériences ont confirmé ces résultats : si l’on rend des cobayes tuberculeux, et si l’on fait vivre les uns dans une caisse où passe un courant d'oxygène tandis que les autres respirent j’air ordinaire, les premiers vivent beaucoup plus longtemps que les seconds.
Encouragés par les recherches de H. Martin, Dujardin-Beaumetz et Chevy expérimentent en ce moment l'effet de l’acide fluorhydrique dans le traitement de la phtisie. Ils placent leurs malades dans une salle spéciale où l'air contient ce gaz dans la proportion de 4 p. 25,000 et le leur font respirer pendant une heure chaque jour. Nous ignorons encore quels seront les résultats de cetté méthode (2).
Les pulvérisations antiseptiques, excellentes dans le traitement de la phtisie laryngée, ont été employées avec un certain succès dans la phtisie pulmonaire par Miquel qui se servait du biiodure de mercure.
C'est ici le lieu de dire quelques mots du mode d’action des eaux thermales employées soit én pulvérisa-
(1) Deutsche med. Wochens, 1883.
(2) Dujardin-Beaumetz. Les nouvelles médications,. 1886 p. 100.
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tions, soit en boissons, et dont les principes actifs agis= sent peut-être dans ce dernier cas en s’éliminant par la surface pulmonaire. Nous avons déjà dit que Niepce avait constaté l’action destructive de l’acide sulfhydrique sur les bacilles ; il part de ce fait pour expliquer l’action bienfaisante des eaux d’Allevard sur les phtisiques, mais ses résultats demandent à être contrôlés par l’étude de faits plus nombreux, Renzi et Cantani (de Naples) ont Signalé la diminution de la toux sous l'influence des inhalations d'acide sulfhydrique et de l’usage des eaux sulfureuses de Pouzzole. M. Meunier (1) a constaté l'heureuse action qu'exercent les Eaux-Bonnes sur les lésions pulmonaires. Sous leur influence les craquements secs deviennent: d’abord plus accentués, parfois même humides, mais après quelques jours ils sont plus vagues et peuvent cesser complètement, Souveraines chez les phtisiques au début,ces eaux agissent moins rapidement quand la maladie est plus ancienne.
Ces eaux, on le sait, sont dans quelques cas administrées sous forme de pulvérisations dirigées surlelarynx, mais le plus souvent elles sont données en boissons. Dans les deux cas, leurs effets se traduisent par la diminution des symptômes locaux et par une amélioration surprenante de l’état général. Il est donc permis de supposer que leurs principes actifs agissent comme anti septiques, mais il est. également de toute évidence qu'ils donnent aussi aux tissus sains une vitalité
nouvelle, et qu’ils sont aidés dans ce résultat par
(1) Meunier {des Eaux-Bonnes). Communication verbale.
l'hygiène excellente suivie par les malades. Or nous avons déjà dit que la réunion de l’antisepsie et de l’hygiène constitue le meilleur traitement des maladies pa-
rasitaires.
VI. — De la chirurgie du poumon. — Son innocuité avec l’antisepsie. — Méthodes employées. — Pneumotomie. — Pneumectomie. — Injections intrapulmonaires de substances antiseptiques. — Exposé des résultats. — Avenir de ces méthodes.
Depuis les temps anciens, on a essayé, à de nombreuses reprises, d'intervenir par des moyens chirurgicaux quand des foyers purulents s'étaient formés dans le parenchyme pulmonaire ou dans la plèvre. Anciennement, on incisait la paroi thoracique et on livrait passage au pus collecté, mais on n’apportait pas une grande attention aux soins consécutifs. De nos jours, on a appliqué cette méthode au traitement des cavernes et des abcès pulmonaires, et, grâce au progrès de l'antisepsie, on a obtenu des résultats très satisfaisants. Cette intervention n’est pas, en réalité, aussi grave qu’on pourrait le supposer, surtout si l’on s’assure, avant de la pratiquer, que le diagnostic topographique de la lésion est exact et que la plèvre est adhérente à son niveau. Le professeur Lépine a montré que ce disgnostic était facile à faire, grâce à l’innocuité des ponctions exploratrices qui permettent à la fois de se rendre compte du siège de la lésion et de l’état de la plèvre. En effet, quand celle-ci est adhérente, l’aiguille implantée dans le parenchyme pulmonaire oscille en suivant le rythme du mouvement
pendante. On ne doit donc plus dire, avec Trousseau, qu’une fois l’abcès formé l'intervention est impossible, car les faits montrent que la gravité de cette opération n’est pas plus considérable que celle de beaucoup d’autres.
La pneumotomie aurait été pratiquée, parait-il, par les chirurgiens des xvu° et xvin° siècles; Willis, Barry, Boerhaave, Pouteau en rapportent des observations. Puis, après une période d’oubli, elle fut remise en honneur au commencement de ce siècle par Krimer, et donna des succès à Bréchet, à Collins et à quelques autres encore. Abandonnée complètement de 1855 à 1873, elle a été préconisée de nouveau par Mosler, par Koch de Dorpat, et par Bull. La découverte de la méthode antiseptique, faite à cette époque, vint encore augmenter les chances de l'opération et en rendre l’emploi plus fréquent.
Nous n'avons pas à indiquer ici le Manuel opératoire de la pneumotomie; il consiste en thèse générale à pratiquer successivement l’incision des parties molles, l’ouverture du poumon et le drainage de la cavité attaquée. Tout récemment, certains chirurgiens viennent de préconiser la résection costale préalable qui a le double résultat de faciliter l'établissement du drainage et d’assouplir la paroi thoracique correspondant à l’excavavation. Cette nouvelle application de l'opération de Létiévant (dite d’Estlander) peut même aboutir, si la résection est largement pratiquée, à l’adossement des
parois et à leur prompte adhésion. Tous ces détails sont Temoine. 7
exposés très complètement dans la thèse de Truc, de Lyon (1). « Les lavages antiseptiques, dit-il, constituent « la partie essentielle du traitement. Divers liquides « ont été employés : solutions iodéé, phéniquée, bori- « quée, salicylée, au permanganate de potasse; dans « quelques petites hémorrhagies, on s’est servi heureu- « sement de perchlorure de fer étendu d’eau. Le choix « du liquide antiseptique n'offre Tien de particulier. & L'acide phénique, eñ raison de son action toxique, & doit étre émployé avec prudence. Les injections de- « vront être copieuses, mais poussées avec ménagement « pour éviter leur pénétration dans les bronches et la
« provocation d'accès de suffocation. On continuera les
« lavages jusqu à ce que les liquides injectés ressortent
« clairs; on les rénouvellera deux, rois fois par jour, « plus souvent ième si lés phénomènes locaux ou gé- « néraux indiquent de la rétention et de la résorption « putrides. » On ne doit cesser les lavages et enlever les drains que lorsque l'écoulement du pus a complètement cessé. |
Bien que la caverne pulmonaire communique par les bronches avec l'air extérieur, nous croyons qu'il est indispensable de recouvrir la plaie de pansements antisepfiques larges ét épais, car ils ont l'avantage, ainsi que le dit Truc, de la garantir contre les agents extérieurs et d'absorber les produits qui s’écoulent de la poitrine.
Les diverses affections pulmonaires qui ont été, jus-
(1) Truc. Thèse de Lyon, 1885. Elle renferme l'historique
de la question et toutes les observations publiées antérieurement à elle.
mie == (QÙ — qu'à présent, traitées par la pneumotomie antiseptique sont : les cavernes tuberculeuses, les abcès consécutifs à une gangrène pulmonaire ou à toute autre cause, les bronchiectasies et les kystes hydatiques.
Les résultats qu’elle à donnés dans lés cas d’abcès pülmoñaires et de bronchiectasies sont des plus encourageants puisque la guérison où l'amélioration ont été obtenues 11 fois sur 19 (Truc). Ils sont moins favorabies dans les cavernes tuberculeuses, car il y à eu mort dans 6 cas sur 13 et, dans les autres, une simple amélioration. Il en est de même dans la gangrène pulmonaire.
La pneumectomie, dont les indications sont beaucoup plus restreintes, n’a pas encore été pratiquée dans un assez grand nombre de cas pour qu’on puisse en juger la valeur thérapeutique.
L'espoir d’atteindre directement les bacilles tuberculeux dans l'intimité des tissus, à fait naître la méthode des injections médicamenteuses intra-pulmonaires. Mosler, lé premier, fit arriver dans les cavernes de deux tuberculeux des solutions étendues de permangatiaté de potasse. Depuis deux ans, cette méthode a été reprise. Pepper, Fraënkel, Seifert, ont essayé tour à tour l'acide phénique, la teinture d’iode, le nitrate d'argent. Plus récemment encore, le professeur Lépine (1) a fait une communication importante sur les recherchés qu'il avait entreprises avec son élève Truc. Il injecté avec üne aiguille capillaire une solution de sublimé (à 1/40,000°)
(1) Lépine. Comptes rendus Acad. des Sciences, 1885, p. 446.
dans la partie périphérique de l'hépatisation. Immédiatement après l'opération, la sonorité thoracique augmente, en général, à ce niveau, et les râles préexistants sont remplacés par du silence respiratoire, AU bout de quelques jours; les signes physiques reviennent ce qu’ils étaient avant les injections. Avec la créosote (en solution de 2 à 4 p. 400 dans l'alcool à 90°) injectée en quantité variant de quelques gouttes à 20 cc., il a obtenu sur ses malades une amélioration spontanée. La toux et l’expectoration diminuaient, l'appétit et le sommeil devenaient meilleurs, peut- être grâce à l'absorption d’une forte quantité de créosote.
Ces injections sont parfaitement tolérées par le parenchyme pulmonaire et n’amènent pas de lésions notables. C'est, du moins, ce qui résulte de l'examen des poumons d'animaux Sur lesquels elles avaient été pratiquées dans un but expérimental.
Nous ne pouvons nous prononcer encore Sur la valeur de cette médication : elle n’a pas encore été tentée sur un assez grand nombre de sujets. Gougenheim (4), ayant traité 33 tuberculeux de cette manière, vit se produire de l'amélioration chez 94 d'entre eux. Il se servait de solutions de sublimé à 4/500° et à 4/1000°. Shingiton- Smith (2) fit 44 injections avec une solution faible d’iodoforme. Les cas où il l'employa étaient tous très graves, aussi ne peut-on tirer aucune conclusion de ce mode de traitement dans ces Ca$ particuliers.
Nous concluons avec Truc que ces recherches sont
(1) Société méd. des hôpitaux, $ janvier 1886.
(2) Britisch med Journal, 1885, p. 817.