‹ L'Antisepsie MédicaleChapitre 25 sur 46 · AO · texte numérisé non relu

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insuffisantes pour déterminer la valeur thérapeutique

des injections intrapulmonaires dans la tuberculose. Elles doivent être continuées avec de nouveaux agents médicamenteux et dans une voie essentiellement expérimentale. Ces méthodes pourront sans doute être appliquées aussi à la pneumonie.

L'emploi des méthodes chirurgicales dans le traitement des maladies du poumon paraît devoir se généraliser de plus en plus et donner de bons résultats, grâce à l'appui que leur prête l’antisepsie rigoureusement appliquée. Cependant, ce n’est guère que dans des cas très spéciaux que l’on pourra y avoir recours, et la plus grande prudence devra présider à leur usage. En admettant même que l’on puisse, sans danger pour le malade, enlever du poumon un foyer tuberculeux, il ne s’ensuivra pas pour cela que la guérison de la tuberculose doive se produire. La chirurgie nous apprend, en effet, quel’extirpation d’un foyer detubercules,tantôt empêche la généralisation de se produire et tantôt l’active. Ce fait devra certainement limiter les interventions opératoires

sur le poumon.

VII. — Antisepsie de la plèvre. — Pleurotomie antiseptique. — Lavages répétés et lavage unique, — Résultats obtenus.

Si nous voulions suivre exactement le plan que nous avons indiqué au début de ce travail, ce n’est pas ici que l'étude de la plèvre devrait trouver sa place, mais bien dans le chapitre destiné à l'antisepsie du milieu in-

térieur. Cependant, comme on agit sur la plèvre directe-

ment en faisant de l'antisepsie de surface, et comme ses rapports intimes avec le poumon la rendent souvent solidaire de ses états morbides, nous pensons qu'il est préférable de ne pas séparer son étude de la sienne.

” Depuis la mémorable discussion qui eut lieu en 1872, à l'Académie de médecine, la pleurotomie précoce, défendue par Moutard Martin, devint d’une pratique courante. Les résultats qu’elle donna sont bien connus et la firent rapidement préférer à la méthode ancienne, mais elle n’acquit toute sa valeur qu'après que la méthode antiseptique lui eût été appliquée. De ce jour, la pleurésie perd de sa gravité et l'intervention opératoire augmente de fréquence.

Avec l'emploi des lavages antiseptiques dans la plèvre, Ja mortalité tombe dans un espace de dix ans, de 33 p. 100 à 42 p. 100 (Mile Kraft). Dans ces dernières années, en 1881, Wagner et Kônig, en Allemagne, Debove, Rendu et Dumontpallier, en France, prennent le parti de ne pratiquer qu’un seul lavage après la pleurotomie, au lieu de faire des lavages répétés. Cette méthode a donné des résultats vraiment surprenants, la guérison se faisant sans complications dans l’espace de vingt à vingtcinq jours en moyenne.

Mise en usage dans le traitement de l’'empyème des enfants, la pleurotomie antiseptique n’a présenté aucune gravité et permet de n'enregistrer presque que des succès. Chez les adultes, mêmes résultats, 7 guérisons sur 7 malades traités, d’après la statistique de Mile Kraft. Le même statistique note 2 cas de mort sur 12, par la

pleurotomie suivie de lavages répétés. Ces derniers ont,

en effet, le fâcheux inconvénient d’éleverla température, d’incommoder les malades et d'augmenter les chances de contagion en mettant trop souvent la p'aie au contact de l’air. Un seul lavage n’expose pas à ces dangers, permet d'éviter à peu près sûrement la septicémie et accélère la guérison,

Mais cette méthode n’est guère praticable qu’au début de la pleurésie purulente; plus tard, l’état de la plèvre et du poumon ne permettent pas toujours de l’employer, et les lavages fréquents deviennent indispensables. I] faut les faire avec des solutions antiseptiques, et de préférènce avec l'acide salicylique, l’acide borique ou le subiimé, en ayant soin d'éviter, en général, l’acide phénique qui peut amener des accidents. Dans tous les cas il est indispensable de protéger la plaie extérieure par un large pansement de Lister, et de ne la découvrir que sous le spray. En suivant rigoureusement cette méthode, on peut espérer le succès dans la majorité des cas, sinor dans tous (1).

(1) Consulter sur ce sujet les thèses de Paris de M'° Kraft (1884), de Guinard (1884), de le Couédic (1885), un travail de Moizard (Revue des maladies des enfants, 1886), et Dujardin- Beaumetz.

LA

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