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contre les autres germes morbides, Nous verrons dans un instant si cette double indication peut étre remplie.
IE — La désinfection de l'intestin est l’adjuvant de Pantisepsie. — Découverte des ptomaïnes. — Elles sont produites par les cellules animales et par les microbes. — Leur élimination par le rein.— Leur destruction par le foie (Bouchard et Charrin). — Toxicité des urines.
L'emploi du traitement antiseptique, c'est-à-dire de substances capables de détruire les microbes resterait, dans le cas particulier tout à fait insuffisant si l’on ne se $ervait en même temps d’une méthode spéciale de désinfection dirigée contre les produits toxiques de la putréfaction intestinale.
Dans la fièvre typhoïde en effet et dans les autrés maladies à localisation intestinale il faut compter non seulement avec les dangers dus à la présence des microbes, mais encore avec celui qu’occasionne la formation de ces produits toxiques. En 1870, Selmi, professeur à l’université de Bologne, retira des viscères d’un cadavre un alcaloïdé qu’il reconnut s'être produit pendant la putréfaction. il donna à ce corps et à des produits similaires successivement découverts le nom de Ptomaïnes.
À. Gauthier, Dupré, Zuelzer et Bouchard ont contribué à faire entrer dans le domaine de la science l'étude de ces substances ét À préciser la nature de leur action toxique. Récemment encore A. Gauthier a découvert une série nouvelle qu'il a appelée Leucomaïnes, et G. Pou
chet a obtenu également une matière liquide incristallisable, violemment toxique pour laquelle il a réservé le nom de matière extractive de l'urine (4). Ces alcaloïdes engendrés au cours de la putréfaction varient avec la nature de la substance qui se putréfie. Un certain nombre est fourni par la décomposition des cellules animales qui fonctionnent pour cela comme des êtres anaérobies et donnent lieu à la production de sels ammoniacaux, durée, d’indol, etc. D’autres plus nombreuses sont produites, comme l’a démontré en 1882 le professeur Bouchard, parles microbes eux-mêmes dontelles sont comme les produits d’excrétion (2). Quelle que soit leur origine, les ptomaïnes constituent dans l'intestin des poisons violents qui normalement sont éliminés en partie par les selles et en partie par les urines (Bouchard). Beaucoup sont donc nécessairement absorbées par le sang, mais comme elles sont presque aussitôt reprises par le rein et jetées au dehors, leur quantité n’est jamais assez considérable pour amener une action nuisible. Il n’en est plus de même quand le rein fonctionne mal. Elles s'accumulent dans l’économie et déterminent les phénomènes d’empoisonnement auxquels Bouchard a donné
le nom de stercorémie. L'éminent profeseur a égale-
(1) Pouchet. Gazette hebdomadaire, 29 janvier 1886.
(2) Au cours de ses recherches sur la septicémie pyocyanique, Charrin a réussi à isoler sous forme de matière cristallisable la ptomaïne produite par le microbe, le pyocyanine. Injectée à un animal, elle amène des phénomènes toxiques, mais moins accusés que ceux produits par la présence des mi-
robes eux-mêmes.( Charrin. Société de biologie, 1885.)
ment démontré que le foie jouait aussi le rôle de défen-
seur de l’organisme en détruisant ces substances lorsqu'elles arrivent jusqu’à lui. Ce rôle est indiqué par l'expérience suivante. Un morceau de foie réduit en pulpe est mélangé avec une certaine quantité d’un alcaloïde quelconque (nicotine par exemple) ; ce mélange est mis sur un filtre ; on y ajoute un peu d’eau distillée, puis on injecte un centimètre cube du liquide filtré sous la peau d'une grenouille. Celle-ci présente d’abord des phénomènes d’intoxication, mais se rétablit rapidement et ne meurt pas. Si au lieu du foie on a pris un autre viscère tel que la rate, la grenoville succombe en quelques heures, C’est donc bien le foie qui dans cette expérience détruit la nicotine. Il était intéressant de savoir si le foie d’un fœtus possédait la même propriété bien qu'elle ne lui soit guère utile, étant dounée l’absence de digestion intestinale. Charrin voulut s’en rendre compte et constata que le foie fætal avait sur les alcaloïdes la même action que le foie adulte.
Les alcaloïdes des urines normales, dit Bouchard, re présentent une partie des alcaloïdes de l'intestin absorbés par la muqueuse digestive et éliminés par les reins. Quand les putréfactions intestinales augmentent, la quantité d’alcaloïdes augmente en proportion. Il est facile de s’assurer expérimentalement que l’urine de l’homme sain est moins toxique injectée à un animal que l’urine d’un typhique. Quant au moyen de l'antisepsie et de la désinfection intestinale on a réussi à entraver la production et l’absorption de ces ptomaïnes, la
toxicité des urines diminue ; elles demeurent toujours Lemoine. 8
ASE no
= VE per toxiques par les produits de la désassimilation, mais elles ne sont plus convulsivantes, et il en faut une quantité quatre fois plus grande pour tuer l’animal en expérience. Ainsi se trouve démontrée l'utilité des méthodes de traitement qui ont pour but d'assurer la désinfection du tube intestinal. Elles sont le complément logique des
méthodes antiseptiques.
III. — Désinfection et antisepsie de l'intestin dans la fièvre typhoïde. — Emploi du charbon. — Les substances peu solubles doivent être préférées. — lodoforme. — Son action élective sur les plaques de Peyer ulcérées, — Explication physiologique de ce fait. — Sulfure de carbone. — Salicylate de bismuth. — Calomel, — Acide phénique.— Naphtaline. — Antisepsie de l'intestin dans la tuberculose, le choléra, la dysenterie, etc.
Depuis longtemps on se sert dans les maladies à localisation intestinale de méthodes curatives où sont employées des substances antiseptiques, mais sans con— naître leur mode d'action. C'est ainsi que le calomel, que l’arsenic et d'autres médicaments analogues ont eu leurs jours de succès. Depuis quelques années seulement à la suite de l'élan donné par le professeur Bouchard, l’antisepsie vationnelle a été introduite dans la thérapeutique du tube digestif. Les premiers essais dans cette voie furent inspirés par la découverte des ptomaïnes. Pour empécherl'auto-intoxication qui doit forcément se produire chez les typhiques, Bouchard eut l’idée de leur administrer du charbon porphyrisé, pensant ainsi neu-
traliser l'action de ces agents en diminuant leur contact
avec la muqueuse intestinale. Le succès répondit pleinement à son attente. « Avec le charbon, dit-il, je désodo- « risais et je décolorais complètement les matières fé- «< cales, je diminuais leur toxicité et les alcaloïdes ne se « trouvaient plus qu’en quantité insignifiante dans le « liquide filtré. » Pour obtenir un tel résultat il faut faire absorber au malade 100 gr. environ de charbon par jour, donnés par cuillerées de deux heures en deux heures. Dès le deuxième jour de ce traitement ses effets sont appréciables ; l’état général s'améliore, la teinte terreuse de la face est remplacée par une coloration naturelle, la langue se déterge, le météorisme de l’abdo® mén diminue. Nous avons dit que les alcaloïdes de l’urine diminuaient de quantité ; ceux des selles disparaissent également en partie, ainsi que l’on peut s'en assurer par l'expérimentation sur les animaux.
Une statistique portant sur plus de 300 cas a montré que la mortalité était tombée de 20 à 45 pour cent (Bouchard). La désinfection intestinale à elle seule suffit denc à diminuer la gravité de la fièvre typhoïde.
Malgré ses avantages, ce traitement présente des inconvénients sérieux. Il produit quelquefois l’accumulation dans l'intestin de masses de charbon assez considérables pour amener des malaises et nécessiter l'emploi répété des laxatifs. De plus l'absorption de deux heures en deux heures d’une potion chargée de charbon est pour le malade tout à la fois répugnante et fatigante.
La désinfection des matières fécales ne doit être, du reste, ainsi que nous l'avons déjà dit, qu’un adjuvant de l’antisepsie, car, avant de songer à neutraliser les pro-
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duits des microbes, il faut songer à atteindre ces mi-
crobes eux-mêmes. Toutes les substances antiseptiques ne peuvent pas être employées indifféremment quand il s'agit de les faire arriver sur l'intestin. I1 faut qu'elles ne soient ni absorbées, ni décomposées pendant leur passage dans les voies supérieures. Ce sont donc les médicaments insolubles, capables d'arriver jusqu’à l’intestin sans changement appréciable dans leur nature, qui doivent être préférés. C'est pour cette raison qu'on ne peut avoir beaucoup de confiance dans l'emploi de la créosote conseillé par Pécholier, elle s’absorbe facilement et agit surtout dans les milieux intérieurs. Le salicylate de bismuth et l'iodoforme répondent mieux au but que l’on veut atteindre. Le professeur Bouchard obtient journellement avec cé dernier corps des améliorations très sensibles dans l’état de ses malades. Eu leur en donnant À gramme par jour, il fait disparaître complétement la mauvaise odeur des selles, diminue leur toxicité et la quantité des agents de putréfaction. Les microbes eux-mêmes atteints dans leur vitalité ne se trouvent plus dans les matières alvines qu’en très petit nombre. L'emploi de l'iodoforme a fait tomber la mortalité à 10 p. 100, chiffre qui est un des meilleurs que l'on ait encore obtenu. Ce mode de traitement est donc encore celui qui doit être préféré dans la fièvre typhoïde surtout quand il est lié à l'emploi des bains tièdes ou des bains froids donnés selon la méthode de Brand.
« Concurremment, dit le professeur Renaut, à la mé- « thode de Brand, que j'applique dans mon service à
« tous les dothiénentériques sans exception, je m’efforce