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quentès et douloureuses. Des phénomènes généraux gra ves peuvent éclater et paraissent dus à l’absorption des produits infectieux ou toxiques qui couvrent la surface de la vessie. Les cellules épithéliales de la muqueuse sont mème, d'après Bouchard, pénétrées par les bactéries; ainsi se produit la cystite à laquelle il donne le nom de parasitaire.
: Les microbes peuvent habiter la vessie pendant un temps fort long, parfois des années, sans déterminer aucun symptôme grave. Mais un jour, à l’occasion d’une stagnation prolongée de l'urine ou sous l'influence d'une maladie intercurrente quelconque, leur développement se fait avec une extrême rapidité; ils envahissent les uretères, le bassinet, le rein lui-même, et déterminent des néphrites infectieuses souvent mortelles.
S'il faut en croire le professeur Guyon et son élève Guiard, le rôle des microbes serait moins important. Quand ils ont été portés dans une vessie absolument saine, la fermentation ammoniacaie qu'ils produisent est de peu de durée et même manque très souvent; elle n’a des chances de devenir définitive que si, concurremment à l’arrivée des microbes, il existe de la cystite; celle-ci, par ses produits, est le terrain favorable à leur développement et à leur multiplication incessante.
Quelle que soit la théorie à laquelle on se rattache, les microbes constituent la condition essentielle du processus pathologique, il est indiqué de prévenir leur
(1) Guyon. Leçons recüeillies par Guiard. Annales des ma: ladies des organes génilo-urinaires, 1885,
arrivée dans la vessie en employant. un traitement prophylactique rigoureux. Il ne faut sonder les malades
qu’en prenant toutes les précautions possibles, et avant de pratiquer cette opération, on fera bien de laver avec des solutions antiseptiques les organes génitaux exter-: nes qui peuvent être le siège de produits septiques. Tous: les soins à observer en pareil cas sont les suivants, tels
que les.pratique le professeur Guyon dans son service :
1° Laver la sonde avant et après le cathétérisme. La-
ver sa face interne en y faisant passer un courant d'une, solution d’acide borique à 4 p. 100, préparée. sans. alcool.
9 Ayant de se servir de la sonde, l’enduire d’un corps gras contenant une substance antiseptique.
3Après chaque cathétérisme injecter dans la vessie 400 à 150 grammes de la solution d'acide borique. Cette injection est abandonnée dans la vessie, et, mélangée à l’urine qu’on y laisse, contribue puissamment à en em-
pêcher la fermentation.
© Une urine est alcaline et le microscope nous y montre la présence de la torulacée de Pasteur ou du, bactérium de Bouchard, fait que nous savons constant, Comment allons-nous attaquer le microbe ? Il est évident que le meilleur sinon le seul moyen de l’atteindre, c’est d'injecter dans la vessie des liquides qui lui soient contraires.
Les diverses substances antiseptiques n’agissent pas toutes avec la même énergie pour empêcher la fermentation ammoniacale de se produire. Il résulte de l’observation clinique et des expériences in vitro instituées par
Guiard que les plus actives sont, en première ligne, le nitrate d'argent et, en seconde, l'acide borique. D’après Raulin (1), la créosote jouirait de ce même pouvoir à un haut degré, mais elle n’a pas encore été expérimentée cliniquement. À son action antiseptique, le nitrate d’argent joint une action modificatrice très réelle des surfaces enflammées, et, pour ces raisons, son emploi est doublement indiqué quand il existe à la fois de la cystite et de la fermentation ammoniacale. Il doit en revanche être rejeté lorsqu'on agit sur une muqueuse saine dont il pourrait amener la desquamation,
< Depuis huit ans, dit Guyon, qué je me sers des injections intra-vésicales d’acide borique, d’après les conseils de Pasteur, j'en ai obtenu les résultats les plus satisfaisants. L’acide borique a l'immense avantage pour la pratique de pouvoir être employé à haute dose (3 et 4 p. 400) sans provoquer la moindré' douleur. Aussi, ne voudrais-je à aucun prix cesser d’en faire usage, »
D’autres substances que celles que nous venons de citer ont été successivement employées, mais avec des résultats bien moins satisfaisants. Tels sont l'acide phénique, le borate de soude, le sulfate de cuivre, l’acide benzoïque, etc. Nous ne croyons pas devoir en recommander l'emploi, du moment que nous possédons des agents aussi précieux que le nitrate d’argent et l'acide borique.
Les injections intra-vésicales ont le double effet : 4° de
(1) Cours de chimie industrielle, Faculté des sciences de Lyon, 1883.
s'attaquer directement au microbe et de s'opposer à Ja fermentation ; 2° de laver la face interne de la vessie, de modifier la muqueuse enflammée et de créer, en enlevant les produits de sécrétion, un, milieu défavorable à la nutrition et au développement du microbe. Elles sont donc de la plus haute importance pour le traitement de l'ammoniurie, et constituent le mode d’action le, plus énergique que l'on possède encore pour s'opposer au processus qui se termine par les néphrites, infectieuses. Le traitement curatif du catarrhe vésical constitue le traitement prophylactique des néphrites ascendantes. On ne devra donc jamais oublier de s’en servir toutes les fois que l'on observera la transformation ammoniacale des urines chez les individus qui y sont prédisposés par l'état de leurs voies urinaires. C'est ainsi qu’on devra surveiller avec le plus grand soin ceux qui présentent un rétrécissement de l’urèthre, une prostate ou une vessie séniles, les calculeux, et, en général, tous ceux qui peuvent, à un moment donné, présenter de la rétention d'urine. . à
Chez la femme, la disposition anatomique de l’urèthre et la rareté de la rétention d'urine rendent la cystite et par suite la fermentation ammoniacale et les néphrites ascendantes moins fréquentes que chez l’homme. En revanche, les organes génitaux sont, chez elle, la porte d'entrée qu'empruntenttrop souvent encore à l’accasion de l'accouchement les germes d’une des maladies infectieuses les plus graves, lasepticémie puerpérale.
Je n'ai pas l’intention de donner ici dans tous leurs détails les règles de l’antisepsie obstétricale. Elles ont
été exposées avec talent à plusieurs reprises par ceux qui les ont fait entrer dans la pratique, Je veux seulement indiquer rapidement comment il est possible, soit de prévenir la septicémie puerpérale, soit de lutter contre elle une fois qu’elle a commencé à envahir l'organisme (1).
Il est plus facile d'empêcher une femme d’être atteinte de cette septicémie, que de l’en guérir une fois qu’elle l'a contractée. Aussi depuis quelques années, tous les efforts dans les maternités ont eu pour but de prévenir la contagion en plaçant les femmes dans un milieu parfaitement aseptique. On y arrive en désinfectant avec un soin minutieux tous les objets mobiliers qui peuvent être en contact avec elles et en ne laissant jamais dans leur voisinage des matières animales se décomposer, lochies, linges souillés, etc. Pendant leur grossesse, les femmes doivent être l’objet de grands soins de propreté, et leur santé, constamment surveillée, doit être aussi bonne que possible au moment où se fait l’accouchement.
J’ai déjà indiqué dans mon premier chapitre quelles étaient les précautions que doit prendre l’accoucheur pendant le travail pour éviter à ce moment toute cause de contagion.Je n'ai pas à y revenir. Mais une fois que l’accouchement est terminé, même s’il a eu lieu dans les meilleures conditions, les soins antiseptiques doivent redoubler de rigueur. C’est qu'à ce moment la surface de l'utérus peut être considérée comme une véritable
plaie sur laquelle les germes contages peuvent s'insérer
(1) Consulter la thèse d'agrégation de Bar. De l’antisepsie obstétricale, 1883.
et se développer avec facilité s ils ent jusqu’à eux. Souvent aussi, les parties génitales externes présentent des excoriations qui sont également autant de portes ouvertes à l'infection venue du dehors. Sitoutes les précautions de la méthode antiseptique sont rigoureusement observées, la nouvelle accouchée ne doit pas même avoir de fièvre et ne doit pas être considérée comme une malade véritable. Tout écart de la température indique le plus souvent un commencement d'infection.
Pour arriver à ce résultat, les parties génitales doivent être maintenues dans unétatde propreté absolue et soustraites au contact de l'air. C'est dans ce but que l'on a préconisé pendant longtemps les injections fréquentes intra-vaginales; aujourd’hui on ne les emploie plus qu’à des intervalles éloignés et même dans plusieurs maternités on les a presque totalement abandonnées. Elles ont en effet l'inconvénient de déranger les malades et d’être parfois une source d'infection quand elles ne sont pas faites avec toute la prudence voulue (Bar). Certains accoucheurs, dans Le but d'empêcher les agents pathogènes d'arriver sur les plaies de la muqueuse, se contentent de faire de l’antiseptie rigoureuse à l'entrée du vagin, disant qu'il importe peu que des liquides séjournent dans l'appareil génital du moment qu’ils restent aseptiques. Le pansement qu'ils appliquent sur la vulve est composé des mêmes pièces que celui de Lister, sauf qu’il y a avantage à remplacer la gaze phéniquée très irritante par de la gaze, de la ouate ou du lint boriqué.
Des frissons apparaissent-ils chez une nouvelle accouchée, l'aëcouchement a-t-il été difficile, reste-t-il dans
Le
l'utérus une partie des membranes, y à-t-il eu avortement avant terme et le placenta est-il retenu, em un mot existe-t-il un début ou seulement une crainte de fièvre puerpérale, il faut agir plus énergiquement et employer les injections intra-utérines. On sait en effet, qu'en détruisant les agents infectieux qui se développent à la surface de l’utérus, on peut arriver à arrêter leur pullulation etempêcher une infection générale rapide: Même quand la fièvre puerpérale existe dans toute sa gravité, elle peut parfois être enrayée et elle est toujours modérée par la désinfection du foyer utérin. Il peut arriver que chez une femme qui avait présenté un frisson violent et une élévation considérable de la température, une seule injection antiseptique intra-utérine suffise pour dissiper ces symptômes alarmants.
En tête des substances antiseptiques employées vient le sublimé. Tout récemment Truchot et Arloing (1) ont vérifié ce fait qu'une solution de sublimé à 4 p. 4,000, mélangée à une culture de microbes de la septicémie puerpérale et laissée pendant une heure en contact avec eux, faisait complètement disparaître leur virulence. Les mêmes observateurs ont montré aussi que si à l’ac-
-tion de l’antiseptique quel qu'il soit on ajoutait celle de la température, le degré de la solution pouvait être abaissé au fur età mesure que celui de la température s'élevait. D'où le conseil d'employer en obstétrique des injections tièdes de façon à pouvoir se servir de solutions faibles. Après le sublimé à 4 p. 2,000 ce sont l’a-
(1) Truchot. Thèse de Lyon, 1884.
cide borique à 2 et 3 p. 400 et l'acide phénique qui donnent les meilleurs résultats.
Jusqu'ici la méthode la plus habituellement mise en usage consiste à pratiquer des injections dans l’utérus deux fois par jour au moyen d’une sonde à double courant. Chaque fois on fait couler dans l'utérus deux ou trois litres d’une solution antiseptique portée à 80° ou 35° centigrades. Leur action est très rapide, rapidement la température s’abaisse, le pouls devient meilleur et les lochies perdentleur fétidité. Sansdoutelesinjectionsagissent parce qu’elles enlèvent de la surface de lamuqueuse les produits septiques qui pourraient être résorbés, et peut-être parce qu’elles sont absorbées en partie (Bar). Elles constituent le moyen le plus puissant que nous ayons pour lutter contre la fièvre puerpérale, et les légers inconvénients qu’elles présentent ne suffisent pas pour les faire rejeter.
Dans les cas graves, la seule chose à tenter est l'irrigation continue de la plaie utéro-vaginale. Schucking et Snéguireff sont les promoteurs de cette méthode que Pinard emploie couramment avec le plus grand succès. Ce dernier fait l'irrigation continue au moyen d’un appareil spécial très ingénieux. Il se sert d’abord d’une solution de sublimé à 4 p. 2.000 à laquelle il substitue ensuite l’acide phénique à 4/400, L’irrigation est continuée jusqu’à ce que la température soit revenue normale. On peut employer ce traitement non seulement quand la
(1) Pinard et Varnier, Annales de Gynécologie, déc. 1885, janv. 1886.
septicémie est déclarée, mais encore après les accouche-
ments laborieux suivis de nombreuses plaies. Ses dangers paraissent être nuls et il peut être continué pendant plusieurs jours sans inconvénients.
Il est inutile de rappeler les résultats vraiment merveilleux que l'application rigoureuse des principes de l'antisepsie a donnés dans les maternités modernes. Le professeur Tarnier les a mis en lumière d’une façon sai- -sissante dans sa leçon d’ouverture, Actuellement l’ac- -couchement tend à devenir un acte physiologique tout aussi simple que les autres, et on peut espérer que le jour où l’antisepsie obstétricale sera mise en usage non seulement dans les hôpitaux mais partout, la septicémie
puerpérale disparaîtra du cadre nosologique.