LETTRE A SA MAJESTÉ L'EMPEREUR DE RUSSIE
« Paris, U février 1863.
» Sire,
» Vous portez le nom de votre oncle Tempereur Alexandre P*", Tauteur de la lettre du 31 janvier i8H ; 'auteur de la lettre du 13 janvier 1813 ; Tauteur de la réponse à Kosciusko du 9 avril 1814; Tauteur de la proclamation du 13 mai 1815; l'auteur de la lettre du 18 avril 1815 au comte Qstrowski, président du Sénat polonais; Tauteur de ces paroles au Congrès de Vienne: a A moins que je ne meure, je rétablirai la Pologne ; » l'auteur de la proclamation du 25 mai 1815; l'auteur de la déclaration qualifiée de Traité de la Sainte- Alliance, et signée à Paris, le 14 septembre 1815, conjointement avec l'empereur d'Autriche et le roi de Prusse ; l'auteur de la charte constitutionnelle du 1 5 novembre 1 81 5; l'auteur des discours des 15 mars et 15 avril 1818 à la première Diète duroyaume de Pologne ; l'auteur, enfin, des discours des 13 septembre et 13 octobre 4820 de la seconde Diète.
» Sire, l'une des premières pensées de votre règne, celle qui en sera la plus belle page dans l'histoire, a été d'abolir le servage sur tout l'immense territoire de votre empire, sans vous laisser arrêter par aucune considération secondaire, par aucune difficulté économique, par aucune résistance intéressée, par aucun péril menaçant.
» Sire, vous ne pouvez, sans vous manquer et sans tomber dans l'inconséquence, vous arrêter à mi-chemin dans cette voie que vous ont ouverte et tracée <t les préceptes de justice, de charité et de paix » de l'empereur Alexandre P', prescrivant aux souverains, « tous membres d'une même nation chrétienne, » de ne plus se regarder désormais que comme des « pères de » famille » relativement aux peuples, et de les diriger dans le <^ même esprit de fraternité. »
» Faire ce que vous faites, Sire, se servir des Russes pour exterminer des Polonais, coupables du seul crime de fidélité à leur religion et à leur patrie, ^< est-ce agir » en père de famille de votre peuple? est-ce observer » l'esprit de fraternité ? est-ce protéger la paix et la » justice? est-ce donner aux nations l'exemple de » l'exeicice des devoirs que le divin Sauveur a ensei- » gnés aux hommes ? » N'est-ce pas fouler aux pieds les précédents delà politique de votre oncle l'empereur » Alexandre P^ faire litière de ses intentions les plus louables, de ses volontés les plus expresses, de ses engagements les plus sacrés ?
» Ne dites pas, Sire, que les rigueurs déployées contre
— laies Polonais ne sont que sévérités d'un père justement irrité contre un fils révolté, car Tbistoire demandera sévèrement compte à l'empereur Nicolas de cette longue et lamentable succession non interrompue de supplices, d'avanies, de vexations, d'bumiliations qu'il leur a fait subir, sans réussir à étouffer en eux le sentiment qui les élève à la hauteur du martyre. Vous le savez mieux que moi, Sire, tout ce qu'il était possible d'imaginer pour faire absorber la Pologne par la Russie a été imaginé, tenté, appliqué, depuis la mort de l'empereur Alexandre, avant et après 1831, mais surtout après. En 1 831 , la cocarde polonaise a été arrachée pour faire place à la cocarde russe; le Statut lithuanien a été aboli ; cinq mille familles de la petite noblesse ont été déportées. En 1832, l'administration du ci-devant royaume de Pologne a été livrée à un feld-maréchal russe et à des ministres russes; les bibliothèques nationales ont été confisquées ; l'Université de Vilna a été supprimée ; le nombre des écoles a été réduit de 394 à 62 ; la langue russe a été proclamée la langue officielle; la moitié des églises romaines a été livrée au culte gréco-russe ; les enfants orphelins délaissés ont été déportés. En 1833, la préséance du clergé grec a été établie par un ukase ; la grande école de Volhynie a été transportée en Russie. En 1834, la petite noblesse a été dépouillée du droit de propriété territoriale. En 1835, l'enseignement de la langue polonaise a été interdit dans les écoles du gouvernement; il a été ordonné que les mariages mixtes seraient bénits par le clergé russe, mais que
les enfants nés de ces mariages appartiendraient de droit à la religion grecque. En 1836, la noblesse polonaise a été astreinte à porter Tuniforme russe; un règlement russe lui a été imposé. En 4837, la langue russe a été déclarée obligatoire dans les écoles polonaises. En 1839. Tunion des deux Églises a été décrétée; les prêtres récalcitrants ont été déportés; le département de l'instruction publique du royaume a été incorporé à celui de Tempire russe. En 1840, la procédure russe a été imposée aux cours de justice. En 1841 , le conseil d'État et la cour suprême ont été remplacés par le neuvième et le dixième département de l'empire; la monnaie polonaise a été abolie. En 1844, un ukase a ôté aux provinces polonaises leur ancien nom historique et a réduit à cinq les huit gouvernements correspondant à ces provinces; l'autorité russe a pénétré jusque dans les couvents, qu'elle réglemente. En 1845, les élèves des collèges ont été astreints à un livret permanent qui les assimile à des malfaiteurs surveillés. En 1847, vingt mille familles ont été impitoyablement déportées des provinces polonaises dans les divers gouvernements moscovites. En 1848, le code criminel russe a remplacé le code criminel polonais. A quoi ont abouti toutes ces rigueurs sans fin, toutes ces vexations sans nombre commises au mépris de la mémoire et des engagements d'Alexandre P'" ? Ce qu'elles se proposaient , c'était d'absorber la Pologne dans la Russie; ce à quoi elles ont abouti , c'est à rendre plus impossible encore cette absorption. Plutôt
que d'être absorbés par les Russes , les Polonais, hommes, femmes, enfants, préfèrent être exterminés jusqu'au dernier. Ce qu'ils veulent, ce n'est pas que leur sort soit adouci, c'est qu'il soit changé. Ce qu'ils veulent, ce n'est pas d'être plus ou moins libres, c'est d'être indépendants ; jusqu'à ce qu'ils le soient, ils se soulèveront toujours. Plus impitoyable sera la répression, et plus implacable sera la haine transmise de mère en fils. Si opiniâtrB qu'elle soit, la persécution des Russes se lassera avant d'avoir lassé la résistance des Polonais. Il n'y a donc qu'à les exterminer tous en se vouant, soi, à l'exécration universelle et étemelle, ou à leur rendre l'indépendance qu'ils ont perdue non par la guerre et la conquête, mais par la fourberie et le vol.
» L'écrivain qui ose parler ainsi à Votre Majesté ne doit pas. Sire, vous être suspect, car, en matière de nationalités, il ne partage ni ne professe l'opinion commune ; au - dessus de l'indépendance nationale cfui ne garantit pas la liberté personnelle, il met la liberté qui est à l'indépendance ce que la proie est à l'ombre.
D II y a une politique qui, pour la paix du monde et le bonheur de l'humanité, a régné trop longtemps: c'est la politique qui faisait consister la grandeur des peuples et celle des souverains dans leur agrandissement territorial, soit par voie de conquêtes, soit par voie de mariages. Cette politique est caduque ; elle n'est pas encore morte, mais elle se meurt.
» Au siècle dernier, la grandeur d'un peuple se mesurait encore presque exclusivement à retendue du territoire qu'il avait conquis ; déjà elle se mesure presque entièrement à Taclivité qu'il déploie, à la richesse qu'il crée, à l'épargne qu'il accumule, à la liberté qu'il possède, à la supériorité qu'il acquiert dans tous les travaux de ce vaste champ qui a pour sillons l'intelligence humaine, la science, l'art, l'industrie, le commerce. Hier, sa grandeur se mesurait à sa puissance de destruction et de conquête; demain, elle ne se mesurera plus qu'à sa puissance de production et d'échange ; aujourd'hui, appartient à l'oeuvre de transformation qui n'est pas encore accomplie, mais qui s'opère.
» S'il en est ainsi, et il en est ainsi, que vous importe, Sire, à vous le souverain de l'État le plus vaste qui existe, d'un État assis sur l'Europe, l'Amérique et l'Asie, d'un État qui est égal en surface à la septième partie du monde, d'un État à peine peuplé, et qui cependant compte soixante-dix millions d'habitants, que vous importe d'avoir six millions de sujets et quinze mille lieues carrées de moins?
» Votre Majesté, dans le présent et dans l'avenir, en serait inlSniment plus grande, si elle disait aux Polonais : ^ Vous vous plaignez que votre pays déchiré ait été partagé, vous demandez ce qui est écrit dans l'acte du Congrès de Vienne du 9 juin "181 5 : « une admi- » nistration distincte, une représentation et des institu- » tions nationales ; » vous demandez le rétablissement
d'un royaume de Pologne; vous aimez mieux être un petit peuple à côté d*un grand, que de rester associés à ses destinées, que de grandir avec lui en liberté et en prospérité ; vous voulez enfin vous gouverner vousmêmes ! Soit ; ce que vous désirez, je vous Taccorde. Gouvernez-vous donc, et, si vous le pouvez, gouvernezvous bien. Choisissez pour vous gouverner qui vous voudrez. Je ne vous impose pour roi ni un de mes trois frères, ni un de mes cinq fils. Entre votre royaume et mon empire je n'élèverai aucune barrière, ni militaire ni fiscale. Des deux côtés le commerce sera pleinement libre. Ni barrières ni liens, si ce n'est le lien de la reconnaissance, qui, de votre part, sera d'autant plus étroit et d'autant plus fort, j'y compte, que je ne vous aurai point mesuré parcimonieusement le bienfait de cette indépendance que vous prisez si haut. »
» Sire, le jour où vous tiendriez un pareil langage, la reconnaissance des Polonais n'aurait d'égale que l'admiration du monde entier. A vous serait la gloire, gloire plus grande que celle d'une bataille gagnée et d'un État conquis , à vous serait la gloire de tracer d'une main souveraine la voie nouvelle où l'Autriche , contrainte par votre exemple d'affranchir la Vénétie, n'aurait plus que le mérite de vous suivre. Ce serait l'affranchissement des peuples par la civilisation succédant à l'asservissement des peuples par la guerre.
» Qu'y perdriez-vous, Sire? En seriez-vous moins puissant ? Non, au contraire, car vous y gagneriez d'à-
— lavoir pour vous les sympathies de tous les peuples. La Russie en serait-elle moins riche? Non, au contraire, car les métiers de geôlier et de bourreau sont de mauvais métiers. Ils ne produisent pas et ils coûtent. Ce serait un immense gage donné à la stabilité de TEurope, qui vous en tiendrait largement compte par un vigoureux élan donné au commerce qui .tire de vos États les matières premières et les denrées qu'ils produisent abondamment et qu'ils produiraient plus abondamment encore, sollicités par la demande. Tout accroissement de la stabilité de TEurope ne tarde pas à se traduire par un abaissement de l'intérêt de l'argent, e( tout abaissement de l'intérêt de l'argent ne tarde pas à se traduire à son tour par un surcroît d'activité imprimé à toutes les transactions, qui briseraient leur coque comme l'aiglon brise la sienne pour prendre son vol. L'Europe prospérant plus encore qu'elle ne prospère, l'Europe consommant plus encore qu'elle ne consomme, ce serait la Russie, s'enrichissant plus vite qu'elle ne s'enrichit, exportant plus encore qu'elle n'exporte, se couvrant des voies de communication et de transport qu'elle ne possède qu'incomplètement et dont l'insuffisance est un obstacle de plus ajouté à l'immense difficulté de gouverner et d'administrer un empire si vaste. Lorsque cette difficulté est déjà si grande par elle-même, n'est-ce pas changer la difficulté en péril que de prétendre, Sire, gouverjaer et administrer malgré eux six millions d'hommes qui vous font expier l'indépendancequ'ilsont perdue parl'exécration dont ils
VOUS couvrent en vous coBlnttgnuil de les massacrer jusqu'au dernier, en vous faisant ressembler à un empereur païen vouant au martyre les chrétiens qui, par leur martyre même, ont fini par vaincre le paganisme et par le détruire ? Pour se conduire comme elle se conduit en cet instant aux yeux de toute l'Europe attristée et indignée, Votre Majesté est-elle bien sûre qu'une révolution ne couve pas dans ses États ? Si une révolution y devait éclater, ne serait-il pas prudent que Votre Majesté se hàtàt de la devancer et de lui faire sa part, au plus vite, en consentant à la séparation de la Pologne ?
» La France, parce que la Belgique a été séparée d'elle, en est-elle moins puissante ?
» Lorsque la Pologne serait à la Russie ce que la Belgique est à la France, la Russie en pèserait-elle un poids moins lourd dans les balances du monde politique ?
» Les nations les plus nombreuses ne sont pas toujours celles qui pèsent le plus. Est-ce que l'Angleterre, avec une population moindre que la population de la Russie, que la population de l'Autriche, que la population de la France, n'occupe dans le rang des grandes puissances que la place marquée par le chiffre de sa population ? Est-ce que si l'Angleterre n'avait pas eu assez d'argent pour prendre toute l'Europe k sa solde, l'Europe coalisée eût vaincu, en 1 81 4 et 1 81 5, la France? La séparation de la Pologne fût-elle pour la Russie un affaiblissement, que cet affaiblissement ne serait que momentané, si, dégagée. Sire, d'un grave sujet de préoc-
cupaiion constante. Votre Majesté a^^liqnait tous ses soins et tous ses efforts à ouvrir à la civilisation et k la liberté, au crédit et à l'industrie un plus large accès dans ses États.
n Mais ce ne serait pas même un affaiblissement momentané, car si Sébastopol eût été imprenable, il y avait un point vulnérable que la France et TAngleierre connaissaient, qu elles tenaient enréserve, qu'elles visaient et par lequel elles étaient bien sûres d'atteindre au cœur de la Russie. Ce point vulnérable, c'était la Pologne se soulevant contre ses gardiens, les prenant par répaule et les faisant ses prisonniers, au moment oili la Russie, dangereusement engagée, aurait eu besoin de toutes ses forces et de toute sa liberté d'action. Charger de chaînes un homme ou un peuple n'est pas chose si simple qu'elle le parait avant qu'on y ait réfléchi. Point de détenu sans geôlier. Pour garder la liberté prise soit à un homme, soit à un peuple, il en coûte la liberté de celui qui la garde, conséquemment la liberté soit de deux hommes, soit de deux peuples. Que la Russie n'espère pas être libre, aussi longtemps qu'elle détiendra la liberté de la Pologne! Que la Russie ne prétende pas compter parmi les grandes nations civilisées, aussi longtemps qu'elle aura besoin de recruter dans son sein des soldats qui ne reculent devant aucun acte de barbarie, devant aucun excès de férocité, qui ne respectent ni l'honneur des femmes, ni la vie des enfants ! Toute faute porte en elle son châtiment. Le châtiment de tout oppresseur, c'est l'abaissement auquel il se condamne,
c'est le dégoût qu'il soulève, c'est la réprobation qu'il amasse contre lui et avec laquelle il lui faudra tôt ou tard compter. Souvent le détenu vaut mieux que le geôlier ; rarement le geôlier vaut mieux que le détenu. Oppression et civilisation sont deux termes dont l'un exclut l'autre.
» Sire, excusez cette franchise de la part d'.un journaliste sans passion, qui voudrait, il est vrai, que les gouvernements fussent aux peuples ce que sont les échafaudages aux édifices, rien de plus. L'échafaudage est nécessaire à la construction de l'édifice ; mais dès que l'édifice est construit, l'échafaudage devient inutile; plus que cela, il devient gênant. Retirer l'échafaudage dès que l'édifice est terminé, telle est la loi de toute édiGcation. Se hâter d'être inutile, telledevrait être la tâche de tout gouvernement éclairé. Mais que. ceci n'effraie point et ne glace pas Votre Majesté. Avant que la Russie en soit venue à ce point de pouvoir se passer de gouvernement, votre branche. Sire, aura le temps de pousser bien des rameaux !
» Ce que Votre Majesté doit souhaiter ardemment, ce qu'elle doit vouloir fermement, c'est que son peuple, le premier numériquement et terri torialement, ne soit pas le dernier de l'Europe, mesuré à l'échelle de la civilisation. Le souverain qui s'élève et se grandit, grandit et élève sa nation. Il dépend de Votre Majesté de prendre une grande et glorieuse initiative. Il en est temps encore , n'hésitez pas , Sire , prenez - la résolument ; complétez votre œuvre de l'abolition du servage en
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Russie par l'abolition de rasservissement en Pologne. Reconnaissez, Sire, faites mieux, déclarez que les gouvernements n'ont plus le droit de s'imposer aux peuples par la force, la guerre, la conquête ; qu'ils n'ont plus le droit de s'imposer aux nations que par l'utilité dont ils sont pour elles ! En parlant et en agissant ainsi, Votre Majesté, qui commande à soixante-dix millions de sujets, obéira « aux préceptes de justice, de charité et de » paix qui, loin d'être applicables à la vie privée, doi- » vent au contraire influer directement sur les résolu- » tions des princes et guider toutes leurs démarches, » comme étant le seul moyen de consolider les inslilu- » tions humaines et de remédier à leurs imperfec- 1» tions. Y>
» A quoi servait que votre oncle, l'empereur Alexandre P', rappelât au monde ces préceptes admirables, si ce n'est pour que ses successeurs y conforment leurs actions?
» A quoi servait qu'il invoquât publiquement et pieusement une religion qui enseigne la fraternité, si c'est pour que les héritiers de son trône fassent le contraire de ce qu'elle enseigne?
» Quelle foi les peuples peuvent-ils garder, quand la foi qui leur est inculquée, quand la foi qui devrait les protéger, les affranchir, les élever, les éclairer, les moraliser, les civiliser, n'aboutit qu'à les maintenir dans l'oppression et dans l'ignorance, heureux encore quand elle ne sert pas à leur imposer la double tâche d'opprimés et d'oppresseurs, de flagellés et de flagel-
lateurs, de recrues et de bourreaux alignés en soldats !
uSire, s'il est des lèvres de souverain sur lesquelles la religion ne doive pas être un vain mot, c'est sur vos lèvres de patriarche ; prouvez donc que vous croyez ce que vous dites en y conrormant ce que vous faites. Arrêtez, arrêtez Textermination dont une odieuse mesure, faisant déborder le verre, a donné le signal ; tarissez les flots de sang dont la pesanteur creuse plus profondément encore Tabîme ouvert entre la Pologne et la Russie; si ce n'est par humanité, que ce soit par prudence ! Ne déchaînez pas la révolution ! ne déchaînez pas la guerre ! L'Autriche, à deux doigts de sa perte, a dû chercher son salut dans la liberté pour n'avoir pas su rendre. à la Lombardie et à la Vénétie l'indépendance, après laquelle ces deux provinces aspiraient. Deux batailles perdues ont été son châtiment et son expiation. Sire, que cet exemple vous serve, tout en profitant à la malheureuse Pologne, qui a pour elle tous les voeux et toutes les sympathies de l'Europe.
» Je suis avec respect, » Sire, » De Votre Majesté, » Le très humble et très sincère serviteur.
» EMILE DE GIRÀRDIN. »