‹ L'apaisement de la PologneChapitre 30 sur 73 · L'HEURE DES MÉCOMPTES · texte numérisé non relu

L'HEURE DES MÉCOMPTES

H juillet 1863.

La question de la Pologne suit le cours que nous lui avons tracé.

La diplomatie rivalise d'impuissance avec la presse. Notes

de diplomates et articles de journalistes ont le même effet :

les journalistes faisant raillerie des diplomates et les diplo*

mates faisant dédain des journalistes, comme on voit bossus

?H)ancals se moquer réciproquement les uns des autres.

Depuis le 19 janvier 1863, jour où l'insurrection polonaise s'est armée contre la domination russe, quel pas décisif la Pologne a-t-elle fait vers son indépendance ? — Aucun.

C'est en vain que Y Opinion nationale, que la Patrie, que le Siècle, que le Journal des Débats, que Y Union, que la Gazette de France, que le Monde, que le Constitutionnel lui-même, à certains jours, se sont ligués, se sont armés en guerre et se sont efforcés de lancer la France contre la Russie ! Ils expient cruellement la merise dans laquelle ils sont tombés en prenant la présomption pour la puissance ; car, sans en convenir encore, ils sentent que beaucoup de sang et beaucoup d'atrocités auraient été épargnés, des deux parts, si les malheureux Polonais n'eussent pas été entretenus depuis six mois dans des espérances funestes, dans des illusions fatales!

Après avoir imprimé en mars 1863 que « la Pologne » serait, sans qu'on brûlât une amorce », le Siècle, faisant mentir le Monde, qui l'accuse d'impiété, abdique en ces termes entre les mains de Dieu :

n La Pologne résistera et se rétablira en dépit de tous les mauvais vouloirs de ce monde. Gomme le dit Bossuet : « Quand Dieu veut » faire voir qu'un ouvrage est tout de sa main, il réduit tout à » l'impuissance; puis il agit! »

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