MARE 0) FEAR
Si souhaitable, en effet, que soit l’unité de législation en matière de nationalité, on ne peut s'empêcher de constater que sa réalisation ne semble pas prochaine. Elle se heurterait aux intérêts primordiaux des divers états.
Car certaines nations très peuplées, comme l’Allemagne, et où l’émigration est fréquente, tiennent, d’une part, à ne pas augmenter inconsidérément sur leur territoire, le nombre de leurs nationaux, et d’autre part à les conserver, eux et leurs enfants, dans les pays où ils sont obligés d’émigrer.
Au contraire, les états à population peu dense, comme ceux de l'Amérique du Sud, où l'immigration est fréquente, tiennent à assimiler le plus vite possible les éléments étrangers qui viennent se fixer sur leur sol, mais n’ont aucun intérêt à conserver et à protéger des anciens nationaux, ou leurs enfants, quand ils ont quitté le territoire du pays.
Toute tentative d'unité législative en matière de nationalité se heurterait donc à des difficultés considérables.
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Au contraire, le problème de l’apatridie seule, considéré isolément, serait susceptible, nous semble-t-il, d’une solution beaucoup plus facile et plus rapide. Il suffirait d'un peu de bonne volonté de la part des diverses nations. |
Un peu de bonne volonté... ne nous faisons cependant pas trop d’illusion. Il s’agit bel et bien d’une modification considérable de la manière dont tous les états considèrent le problème de la nationalité.