Cousin, t. III
« considérations sur la division des faits psychologiques et physiologiques ! », et que c’est un fragment important de la deuxième division de l'Anthropologie? : sur la vie humaine. Ce qui tendrait à le faire supposer, c’est le long développement sur la perception extérieure, sur le rôle du toucher actif, la distinction des nolions réflexives, des intuitions et des sensations ; mais un examen attentif nous a fait abandonner cette hypothèse. Page 73, M. de Biran écrit en parlant de l'état sensitif : « Nous reviendrons sur ce sujet en traitant en détail de la vie animale. » Il n'a donc pas encore traité de la vie animale. Or, l'étude de la vie animale précède nécessairement l'étude de la vie humaine. Du reste, quand il nous parle de la perception, il se place à un point de vue spécial ; il en fait l'analyse générale ; il cherche à déterminer la nature de ses éléments pour en fixer la valeur, mais ne se soucie pas d'étudier la perception concrète, d'en indiquer la genèse, d'en écrire l'histoire, d'expliquer par exemple la nature et le rôle de chaque sens. Or, nous savons que, dans l'Anthropologie, M. de Biran se proposait de constituer la synthèse réelle des divers éléments de la nature humaine, de déterminer avec précision les liens qui les unissent. Il s’agit ici, non d'une synthèse, mais d'une analyse, et d'une analyse faite uniquement au point de vue du problème de la connaissance.
D'ailleurs, en maints passages, M. de Biran nous parle des questions premières de la philosophie ; ce thème revient constamment au cours de cet écrit. Page 4% : « Résumons tout ceci et tâchons de poser les questions premières au sujet de la substance et de la force. » Page 77 : « Or, voilà précisément ce qui fait la difficulté du premier problème de la philosophie. » Page 81 : « Toutes les questions premières de la philosophie sont comprises et je dirais enveloppées dans cet énoncé. » Page 106 : il nous dit que l'analyse, après