Naville, notice citée, 1851, p
L] 2. Cousin. Edition des œuvres de Maine de Biran, 111, 141-149, 3. Cousin, Id. III.
TISSERAND, — Ir,
LÆ
Il est en effet intéressant, pour l'historien de la philosophie de M. de Biran, de savoir, si ses théories antérieures, dont l’Essai sur les fondements de la psychologie reste l'exposé le plus complet et le plus systématique, gardaient toute leur valeur pour l’auteur de l’Anthropologie. Est-ce que ses dernières découvertes, ce que l’on a nommé son mysticisme, ce qu'il serait peut-être plus exact d'appeler simplement sa philosophie religieuse, ne les annulaiïent pas où du moins, ne les reléguaient pas au second plan? Cousin semblait le supposer‘, quand il disait que si M. de Biran avait vécu plus longtemps, il aurait sans doute fini comme Fichte lui-même. Il résulte au contraire des fragments de l’Anthropologie, et notamment de celui que nous avons étudié, que les anciennes vues de M. de Biran sur le grand problème de la philosophie s'étaient précisées et élargies. En même temps que sa conception de l’homme se complète par l'addition d'une troisième vie à la vie animale et aux plus hautes manifestations de Ja vie humaine proprement dite, ses analyses psychologiques antérieures prennent un relief d'une netteté et d’une intensité qu'elles n'avaient pas. Enfin il aborde, dans l’ordre qu'il convient, les problèmes métaphysiques. Ce n’est done pas un véritable changement ou déplacement du point de vue que l’on constate, bien moins encore un appauvrissement, c’est un enrichissement en tous sens. Et la continuité et le progrès de cette pensée, pendant trente années de méditation, ne sont pas un des moindres témoignages de sa force.
Pour bien juger de l'originalité de son dernier écrit il faut l’envisager dans sa méthode qui reste psychologique et dans les conclusions métaphysiques où il aboutit.
Le problème de la perception des objets externes est nettement subordonné au problème de la perception immédiate du corps propre. Dès le Mémoire sur l'habitude, il distinguait la sensation passive de la perception, et à aucuñ moment de