‹ L'Aperception immédiateChapitre 20 sur 102 · De la chose pensante », Cousin, p · texte numérisé non relu

De la chose pensante », Cousin, p

ou sans poser l'identité verbale plus décevante encore du sujet pensant avec un être pensé indéterminémentf.

Vainement done, je promène mes regards et je cherche dans la nature quelque type de comparaison pour mieux connaître ce que je suis?. Si ma propre aperception ne m'instruit pas sur ce qui est moi, toutes les autres choses que je puis imaginer ou même concevoir par l'entendement, loin de me révéler à moi-même, m'aveugleraient plutôt sur la nature et le caractère propre, unique, de cette individualité précise du moi, qui n’a de rapport avec rien de ce qui est conçu ou exprimé à titre de chose.

Résumons tout ceci et tächons de poser les questions premières au sujet de la substance et de la force comprise ou non dans le fait primitif de la conscience ou de l'existence du moiÿ.

Bossuet* a dit (Élévation sur les mystères) : « Toute pensée est l'expression et, par là mème, la conception de l'être qui pense, en tant que cet être pense à lui-même ».

J'adopte cette expression du fait de la pensée ou de l'existence du moi de l’homme ; elle est d'accord avec ce passage remarquable de Leibnitz : « Il y a de l’ètre dans toutes nos idées, y comprise celle du moi; en pensant à nous-mêmes, nous pensons l’étre ; comment saurions-nous, en effet, qu'il y a des êtres sinous n'étions pas nous-mêmes des êtres ? etc. »

Ces vérités qui ressemblent à des axiomes, n’en donnent pas moins lieu à une question fondamentale, ou qui a paru telle à une illustre société philosophique $, quand elle à soumis à l'examen des métaphysiciens de tous les pays cette question vraiment première :

4. 11 est probable que le second membre de phrase (ou sans poser l'identité verbale, etc.), au lieu de s'ajouter au précédent (ou sans faire nominalement, etc.), le remplace.

2. « Pour mieux connaître que je suis ou ce que je suis», Cousin, 11. Il est probable que Maine de Biran avait écrit, quel je suis et qu’il l'a rayé pour mettre à la place « ce que je suis ».

3. Phrase embarrassée, qui peut être cependant transcrite exactement, Cousin, p. 12.

4. On ne voit pas comment le passage qui suit se relie {sinon dans le fond du moins dans la forme), au passage précédent. Il n’y faut voir que des citations qui viennent à l'appui de la pensée de Maine de Biran et qu'il eût peut-être utilisées dans la rédaction définitive.

5. L'Académie de Berlin. Il est possible que dans les pages qui manquent il ait commenté ces paroles de Bossuet et de Beibnitz. On

pourrait rejeter en note ce passage, depuis « Bossuet a dit » jusqu'à « Il y a aperception immédiate ».

€ Y a-t-il une aperception immédiate interne ? etc.

À quoi je réponds affirmativement :

I y a aperception immédiate interne du moi, du sujet qui dit je en se distinguant de tout ce qu'il lui est permis de se représenter ou de concevoir, au titre quelconque de sensation et de nolion, etc.

L'aperception immédiate interne du moi n’est pas la pensée, comme l'entend Descartes (attribut essentiel de la chose pensante, indivisible d'elle, identifiée avec elle dans l'absolu).

Ce n’est pas non plus une idée dont on doive dire ce que Leibnitz dit généralement de toute idée : qu'il y entre nécessairement de lètre!. Au premier instant de son existence, le moi s'aperçoit immédiatement : il ne pense pas, il n'entend pas, il ne sait? pas son étre: mais dès que le temps commence pour lui, où qu'il sent son existence liée à l’ordre des successifs, il se reconnait el s’entend lui-même comme un être identique, permanent et durable, car il n’y a que les êtres qui durent,

Le moi s'aperçoit donc primitivement, et plus tard * il s’aperçoit à la fois au titre d’être réellement existant dans un temps par son opposition à tout ce qui est appelé chose ou objet et qui ne peut être pensé ou perçu que dans l’espace * : mode de coordination des êtres existants, et des modes, attributs ou qualités de ces êtres.

D'où suit la réponse à la question première, précédemment posée 5, savoir : si la pensée qui est la conception et l’expres-

1. Nous changeons la ponctuation et au lieu de (:} écrivons (.).

2. «Il ne sent pas son être, Cousin, p.13. Cette expression estéquivoque. Le moi a le sentiment immédiat de son existence, plus tard il concevra son être, c’est-à-dire sa substance; on ne pourra pas dire qu'il le connait. Nous avons souligné « son être ».

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