II — L'IDÉE DE SUBSTANCE ET L’IDÉE DE FORCE
Tout être est-il substance comme toute substance est être ? Ici s'ouvre le champ des hypothèses et des discussions de mots.
Si l’ôn nomme substance tout cé qui est conçu, ou cru subsister, durer, rester le mème au fond, quand les formes changent, la substance et l'ètre sont deux mots employés pour exprimer la mème notion.
Mais si l'on entend plus expressément par substance le soutien ou le substratum de divers produits, attributs ou qualités coexistant ou coordonnés dans l’espace, la substance n’embrassera que la classe d'êtres passifs susceptibles d’être représentés où conçus sous cette forme, ou sous ce mode de coordination ; et il sera vrai de dire, d’abord, que nulle substance ne peut s'apercevoir ni mème se supposer elle-même à ce titre d’objectivité absolue et de plus, que nous pensons et entendons une classe d'êtres à qui la réalité appartient éminemment, qui ne sont plus des substances ?.
tance. Il montre qu'il n’y a point d'aperception immédiate interne dela substance. — » Comment donc pouvons-nous savoir qu'il y a des substances? « C'est qu'on peut. entendre la substance comme force virtuelle. En ce sens, l'unité et l'identité, c’est-à-dire la permanence dans le temps, constituent les véritables attributs de la substance : elle cesse d'être considérée comme une collection d’attributs coordonnés dans l’espace.
1. Nous ajoutons nous-même ce titre. Au lieu de partir du moi, Maine de Biran comme il vient de l'annoncer page ## (tächons de poser les questions premières, etc.), part maintenant des idées de substance et de force. 11 semble que ce développement soit indiqué plus haut, en partie du moins, lorsqu'il dit page 38. « Réciproquementtout ce que le sujet pensant conçoit et exprime comme étant dans la substance (l'âme ou le corps). il l’affirme d’un autre être que de lui-même ». Ce point de vue n'est pas celui de Maine de Biran, mais le point de vue ontologique, où se placent les systèmes a priori. « Ce point de vue, dit-il, pourrait être celui de l'intelligence suprème », «ce n’est pas le commencement ni peut-être mème la fin de la science de l'homme », p. 47. Toute la valeur des idées de substance ou de force qui servent de base à ces systèmes dérive du reste de leur origine, Maine de Biran par une aulre voie va aboutir aux mêmes conclusions que dans le développement précédent.
La transition se trouve page 44. « Résumons tout ceci, e{ lächons de poser les questions premières au sujet de la substance et de la force. »
2. Nous avons changé la ponctualion. Dans l'édition Cousin on coupe
Les êtres sont les forces, les forces! sont les étres: il nya que les êtres simples qui existent réellement à leurs titres de forces ; ce sont aussi les véritables substances existantes, car les composés ou les qualités phénoméniques qui les constituent n'existent pas substantiellement?, mais par ce qui n'est pas eux savoir : par les forces ou par les ètres simples dans lesquels ils se résolvent et qui constituent toute leur réalité intelligible.
Dans cette manière * d'entendre la substance et la force identifiées l’une à l’autre, les deux notions se réduisent à une seule exprimée sous deux termes différents compris sous le genre Le plus universel : l'être.
Ce point de vue ontologique * pourrait être celui de l'intellisence suprème contemplant les mondes qu’elle a créés et voyant les abstraits dans les concrets, ete. ÿ.
Ce n'est pas là le commencement ni mème peut-être la fin de la science de l'homme.
Leibnitz $ l’a dit supérieurement sans songer qu'il faisait, par
cette phrase en deux, on écrit à la ligne « après sous ce mode de coordination », 144. Il nous semble plus rationnel et plus clair de n’écrire à la ligne (ce que ne fait pas Cousin) qu'après, «qui ne sont plus des substances ». C'est en effet le développement d’une autre idée qui commence, et quin’est pas relié, dans les termes mêmes, au précédent. Il est d'autant plus nécessaire de les relier en une certaine mesure par la ponctuation.