‹ L'Aperception immédiateChapitre 24 sur 102 · Toule réalité des autres choses hors de lui », Cousin · texte numérisé non relu

Toule réalité des autres choses hors de lui », Cousin

3. « De là ressort le défaut essentiel et le caractère hypothétique du principe de Descartes qu'il appelait une réalisation nécessaire pour pouvoir servir de base à la science », Cousin. La phrase est inintelligible par suite de l’omission d'un mot que nous supposons être: abstraction. — Elle est mal construite. — « De là » se rapporte à ce qui suit. Nous l’avons indiqué en ajoutant : à savoir.

4. Le texte de l’édition Cousin est inintelligible : «Parce que je pense, j'entends, je veux, j’agis, j'aperçois mon effort, je sais que j'agis, j'existe pour moi-même au titre de force individuelle ; donc je suis réellement et absolument une force agissante », p. 18. Il est probable qu'il faut lire : « lorsque par, « je pense », j'entends » je veux, etc. Quant à l’addition que nous faisons à la fin de la phrase elle, ne correspond probablement pas au texte du manuscrit, mais la construction grammaticale l’exige, et elle est bien conforme à la signification du passage. k

t. Nous avons mis (:} au lieu de (;) qui se trouve dans l'édition Cousin, p. 18.

est force, ce qui introduirait un élément hypothétique dans l'expression d’un principe évident par lui-mème. En effet, il y a immédiation entre l’aperception immédiate de la force constitutive de moi et l’idée’ ou la notion de mon être au titre de force absolue, par la raison que je pense et entends la réalité absolue de mon être, de la même manière que j'aperçois ou sens immédiatement l'existence individuelle et actuelle du moi.

Il en esttout autrement quand j'affirme que je suis une chose pensante, une substance, nn soutien de qualités sensibles ; je ne puis conclure en ce cas immédiatement de ce que je pense que je suis? une teile substance, à moins que je ne conçoive intérieurement ce principe hypothétique : que tout ce qui existe réellement est substance au même titre nominal : or, ce principe ne peut se lier à l'existence réelle du sujet pensant que par un intermédiaire logique ou vrai; car les deux termes ne sont pas de même nature ni de mème source ou de même fondement dans le sujet qui pense son être et les autres existences.

Tout est donc inverse et opposé entre les deux principes et tout doit l’être en effet ; car rien de plus opposé que l’activité et la passivilé#, que la force agissante ou modifiante et la substance purement réceptive.

Concevoir * el exprimer l’âmc humaine sous la notion universelle et objective commune à tous les êtres de la nature, c’est bouleverser et détruire le monde intérieur, c’est suivre la pente qui entraine invinciblement au système de lunité absolue,

4. « L'idée de la notion de mon être », Cousin, 18. Il faut évidemment lire : l'idée ou la notion.

2, « Sois » Cousin, 49.

3. « Que l’activité passive », Cousin, ce qui est absurde. Nous supposons qu'il y a dans le manuscrit « que l’activité ct la passivité, » p.19.

4. Nous avons supprimé les six lignes suivantes de l'édition Cousin, dont il nous est impossible d’apercevoir le lien avec ce qui précède et avec ce qui suit : « Si l’on dit avec Leibnitz : « Comment saurionsnous qu'il y a des forces ou des causes dans la nature, sinous n’étions pas nous-mêmes des forces ? » On n’est pas moins fondé à dire : Comment saurions-nous que nous sommes des substances s'il n'y avait rien au dehors qui vint suggérer cette notion à notre être propre ?» On saisit au contraire le lien des idées, si l’on supprime ce passage. On ne pourrait le justifier qu'en faisant, avant et après, des additions qui nous paraissent plus hardies que la suppression. Il nous parait préférable de l'écrire en note.

Concevoir et exprimer l'âme humaine au titre subjectif du moi individuel, tel qu'il se manifeste, c’est concevoir ce qui est compris dans le fait de conscience. A la vérité, si l’on franchit trop brusquement le passage du concret à l’abstrait ou qu'on identifie, comme l'a fait Descartes, la notion universelle au fait individuel, on risquera de spiritualiser le monde extérieur des corps, autant qu'on risque de matérialiser le monde intérieur des esprits, en voulant lui appliquer la loi de substance ou la condition d’objectivité absolue.

Mais le principe de la force, en l’éten dant même au delà des bornes légitimes de son application psychologique, sauve l'esprit humain de cette pente qui l’entraine vers le système d'unité, gouffre où vont se perdre toutes les existences individuelles. La pluralité des forces discrètes à l'infini combat victorieusement toutes les hypothèses de l'unité absolue! de substance ; la personnalité de la force créée, moi, et? la personnalité de la force ou cause créatrice, Dieu, garanties l’une et l’autre parle faitprimitif desens intime, restent commeles* deux pôles, ou comme les deux phares lumineux qui empêchent l’esprit humain de se perdre entièrement dans le vague de ses pensées, et le préservent des écueils d’une mer si féconde en naufrages.

Les premiers points fixes étant donnés et assurés*, la pensée peut ou prendre librement son essor et voler d’un pôle à l’autre sans intermédiaire, ou en s'appuyant sur des formes logiques dont elle reconnaît et s’exagère peut-être la puissance, passer régulièrement avec la lenteur et la maturité de la réflexion du premier anneau de la chaine des êtres ou des

4. «L'hypothèse d'unité de substance absolue », 20. I1 faut probable-

ment lire « de l’unité absolue de substance ». L'hypothèse panthéiste se trouve par là clairement désignée.

2. 11 y a dans Cousin « de la personnalité de la force » pour « et la personnalité », etc.

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