‹ L'Aperception immédiateChapitre 33 sur 102 · Ce mot est omis dans l'édition Cousin · texte numérisé non relu

Ce mot est omis dans l'édition Cousin

5. « Ces deux termes donnés à l'homme sous cet unique rapport », Cousin, p. 31.

d’un effet, immédiatement senti comme tel, à la cause ou force productive qui s'aperçoit elle-même dans son produit.

La notion de cause et celle de substance mème, prise pour la force virtuelle, étant ainsi ramenées à un fait primitif de sens intime et au sens immédiat de l'effort, il ne s’agit plus que d'observer soigneusement la ligne de démarcation qui les sépare ?.

1. Maine de Biran tire un trait sous ce développement pour marquer qu'il est fini. Tachons de le reconstituer en montrant le lien des idées. Il s’agit du premier problème de la philosophie, du problème de l'origine, de la nature et de la valeur de l’idée d'existence, mais Maine de Biran se borne à poser les questions, et à indiquer les solutions avec toutes les conséquences qu'elles entraînent. 11 a montre dans le développement précédent que le moi ne s’apercevait pas immédiatement lui-même comme substance. Il se place maintenant au point de vue ontologique (qui n’est pas le sien). Part-on de l’idée de substance entendue sous raison de matière ou sous raison logique ? Il faudra dire que le moi entend la réalité de son être tout autrement qu'il s'aperçoit par la conscience. Au lieu de partir d'une vérité, on part d'un principe hypothétique, et on se trouve exposé sans défense aux attaques des sceptiques. Non seulement on ne peut pas nous dire avec certitude ce que nous sommes et ce que nous serons, mais on nie Ce que nous savons certainement : l’existence de la liberté et l’action de la volonté sur le corps. Part-on de l'idée de force? On se conçoit tel qu’on s'aperçoit. En concevant toutes choses sous cette idée, on risque, il est vrai, de spiritualiser le monde des corps, comme, dans la philosophie de la substance, on matérialisait le monde des esprits; mais ce danger qu'il est du reste facile d'éviter est bien moins redoutable que l'autre ; car dans le dynamisme les vérités fondamentales : l'existence

. du moi et celle de Dieu, sont garanties, et avec l'existence du moi, sa liberté, et son action motrice. La conclusion qui dérive de cette comparaison de l'idée de substance et de l’idée de force, c’est que celle-ci tire toute sa valeur, c’est-à-dire sa vérité, de son origine. Il faut donc abandonner les hypothèses où se placent d'emblée les systèmes a priori et partir des faits ou plus exactement du fait primitif. U ne faut pas aller des notions aux faits, mais des faits aux notions. La vraie méthode de la philosophie est non la synthèse déductive, mais l’analye réflexive. Ce changement de méthode n’a pas pour résultat de supprimer les problèmes philosophiques, mais de les transposer. Le psychologue devra expliquer comment se fait le passage des faits de sens intime aux notions, de la science à la croyance ; et ce problème enveloppe lui-même tous les problèmes de la connaissance. Avant de l'aborder d’une façon positive et de son propre point de vue, Maine de Biran prend prétexte d'une pensée de Locke, qui a pressenti la vérité s'il ne l'a pas clairement et distinctement conçue, pour insister encore sur l’opposition du point de vue psychologique, avec le point de vue des métaphysiciens et des physiologistes systématiques. et déterminer dans ses traits essentiels le fait primitif qui estle vrai fondement de la philosophie.

2. Il y a dans le manuscrit, au bas de la page, «qui sépare ». Il est

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