Que le système qui dément », Cousin, p
6. « Qui refusent aux créatures toute action productive », Cousin, p. 34
confondent ce vouloir de l’âme et l'effet interne qui l’'accompagne avec le désir ou le vœu de l'âme qui aurait pour objet un événement extérieur indépendant d’elle, accompli à point nommé et à souhait!, comme dans l'hypothèse de Bayle, où une girouette animée serait ? mue au gré des vents comme elle le désire, sans exercer aucune influence directe ou efficace sur le mouvement. Les exemples ne manquent pas en effet où divers mouvements ou changements sensibles s'effectuent dans le corps par suite de quelque affection ou imagination vive représentée à l'âme sans qu'il y ait vraiment aucune action exercée de la part de l’âme, ou, ce qui est la même chose, sans qu'il y ait effort, aperçu ou voulu.
Mais c’est précisément parce qu'il en est ainsi, tant que l'âme est bornée à désirer et à sentir des modifications indépendantes d'elle, et où elle se sent passive, qu'il faut recon. naître son influence causale dans tout ce qui n'arrive en elle ou dans son organisation qu'autant qu'elle veut comme elle veut et fait* l'effort nécessaire pour le produire *.
En effet, dans l'hypothèse de Bayle où l’on conçoit un être sentant mù à point nommé, comme il désirerait, ou par une sorte d'harmonie préétablie entre ses affections, ses besoins ou ses désirs et les mouvements de son corps, il n'y aurait rien de semblable à l'effort libre ou au pouvoir, à l'énergie que nous sentons en nous-même et qui constitue notre existence, notre propriété personnelle, En admettant même qu’un tel être® pt avoir quelque sentiment obscur de personnalité, il est
4. « À point nommée et au moment même où elle le désire », Cousin, p.34. On lit dans le manuscrit « à point nommé et à souhait, et au moment même où elle le désire ». « À souhait » est écrit au-dessus de la ligne et a été ajouté après, probablement pour remplacer « au moment où elle le désire » qui n’a pas été rayé.