‹ L'Aperception immédiateChapitre 38 sur 102 · DO · texte numérisé non relu

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qui implique la cause à laquelle il se rapporte. La réac- Lion motrice provoquée par des impressions internes ou des sensations animales n’emporte avec elle aucune aperception ni conscience au degré le plus bas, et la distinction de degrés par lesquels on entendrait faire passer une sensation organique ou animale pour la transformer en pensée, en volonté, est une suite de cette hypothèse illusoire que nous venons de signaler comme opposée aux premieres lois de la physiologie!, dont elle emprunte vainement le langage. La physiologie a beau faire, il est à jamais impossible de transformer la passion en action, les mouvements organiques en actes volontaires, les sensations animales en perceptions et idées intellectuelles, le non-moi en ? moi, elc.®.

Le sens de l'effort est celui de la causalité el aussi de l’individualité personnelle ; il a mème étendue et mèmes limites que l'action de la force motrice de Fame ; il est un comme cette force est une ; la pluralité et Ia diversité ne sont que dans les organes qui lui sont soumis *.

Les contractions musculaires par exemple et l'espèce de sensation sui generis qui leur correspond se localisent dans chaque organe que la volonté met en jeu : mais l'effort ne se localise pas, et, comme l’a très judicieusement remarqué un philosophe, nous n'attribuons pas aux membres le vouloir et l'effort comme nous leur rapportons le mouvement ou l'impression sensible qui accompagne le jeu de ces organes.

Pourquoi ? parce que ce sens de l’effort5 voulu est celui du moi lui-même qui ne s’attribue à aucune autre chose et que l'effet$ produit est hors de la cause qui le produit au lieu de lui être inhérent comme le mode l’est à sa substance.

Le sens de l'effort s'unit de diverses manières aux différentes espèces de sensalions externes, et cette union exprime la part que prend l’activité de l’âme aux sensations dontil s’agit, et par suite le lien qui unit le moi aux diverses impressions sensitives ou animales. De là aussi la conscience ou l'idée de sensation,

« Psychologie », Cousin.

« Le non-moi au moi», Cousin, p. 37.

3. Il ÿ a dans le manuscrit deux pages qui ont élé supprimées par le copiste, quoiqu'elles ne soient pas rayées. Mais le contenu et les expressions mêmes se retrouvent dans les pages qui suivent. Cela explique néanmoins quele lien des idées ne soit pas plus expressément marqué.

4. « Qui lui sont soumis » est omis dans l'édition Cousin, p. 37. 5. «Effet », mis, pour effort.

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