‹ L'Aperception immédiateChapitre 39 sur 102 · Effort » Cousin, pour « effet · texte numérisé non relu

Effort » Cousin, pour « effet

dée qui n'est pas simple, comme dit Locke, mais qui se compose Loujours au moins de deux éléments en rapport : savoir d'un sujet qui sent ou perçoit, et d’une modification sentie ou perçue, comprise sous l'unité de fait de conscience !.

Pour apprécier ? quelle est la part du sujet et celle de l'objet dans nos diverses représentations ou idées, il faut bien savoir d’abord en quoi consiste ce que nous appelons respectivement sujet et objet dans une* seule et même représentation, et quel est le principe de la diversité ou de l’opposition des deux éléments compris dans le même fait. Or, cette opposition n’est autre en effet que celle qui existe invinciblement entre la libre activité de l'être pensant qui se dit moi et la nécessité, la passivité sentie de la nature organique dont le moi se distingue et se sépare par cela qu'il est lui, ete. |

Sil’on demande la preuve que le sens du moi ou de lindividualité personnelle n’est autre que celui de l'effort ou de notre force même en action, nous en appellerons d'abord au témoignage du sens intime ; nous demanderons ensuite à notre tour qu’on cherche si toute la différence, qui sépare l’état naturel de conseius * et de compos sui de celui où l’individu est, comme on dit si bien, hors de lui, étranger à lui-même, alienus, comme il l’est dans toute passion exaltée, toute exacerbation * violente de la sensibilité ; si ce qui distingue naturellement la veille, où le moi est en pleine possession de lui-même, du sommeil où il n'existe pas, en tant qu'il est privé d'aperception interne, quoique la sensibilité physique et l’imagination qui n'en est qu’une partie$ soient en plein exercice ; si ces différences, dis-je, et

4. « Comprise sous l'unité de fait de conscience » ne se trouve pas dans l'édition Cousin.

2. Il ya dans le manuscrit un passage de deux pages qui a été rayé, dans lequel Maine de Biran montre que la part du sujet dans les sensations varie selon qu'elles sont affectives ou intuitives. Nous y relevons cette remarque qu'il ne s’agit là pour lui que «d’un commencement d'analyse anticipée qu’il sera bientôt appelé à compléter ». A propos des sensations d'odorat et de goût «qui sont, dit-il, relatives à l'appétit », il ajoute: «comme nous le verrons ailleurs plus en détail». Ces citalions semblent bien indiquer, comme nous le soutenons, que cet écrit n'est qu'une introduction à l’Anthropologie, c'est-à-dire à « l'étude des trois vies et de leurs rapports. »

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