‹ L'Aperception immédiateChapitre 57 sur 102 · Ce », Cousin · texte numérisé non relu

Ce », Cousin

toute modification passive qu'elle met hors d'elle ou qu'elle perçoit dans le sujet organique sur qui son activité se déploie. Ainsi ces modifications, qui sont dites venir du dedans ou intérieures à l'homme, n’en sont pas moins extérieures au moi, et les sensalions, mêmes affectives, rapporlées au corps propre, partie intégrante de l'homme, servent à déterminer les attributs ou prédicats de l’objet immédiat du? moi, comme les intuitions servent à déterminer les attributs on prédicats des corps étrangers : seuls objets pour l'homme”, qui croit les atteindre immédiatement par les sens de l'intuition. |

Mais qu'est-ce donc que ces objets extérieurs, non seulement pour le moi, mais pour l'homme qui les perçoit comme étrangers à lui où à son propre corps ?

Qu'est-ce que l'intuition externe de ces objets, distinguée # d'eux comme ils sont distingués d'elle ? En quel sens peut-on dire que ces intuitions ont donné à l'homme la première idée d’une réalité objective, cause de ces intuitions et indépendante d'elles ? Est-ce que l’idée de force ou la notion de cause efficiente fait partie essentielle de l'intuition, comme elle entre nécessairement ÿ dans toute perception ou idée d'une sensation affective localisée dans une partie de l'organisation !

Enfin, n'y a-t-il pas aussi une intuition immédiate du corps propre qui correspond à l'intuition des objets externes et qui en est la condition nécessaire ?

Ces questions pourront se résoudre ou s'éclaircir par la suite : je m'arrète sur la dernière qui renferme implicitement toutes les autresi.

. A la ligne dans l'édition Cousin.

« Au », Cousin.

. Nous avons souligné, moi et homme.

« De ces objets distincts d'eux comme ils sont distingués d'elle », Cousin, p.54. Cette phrase n'a pas de sens, celle que nous lui substituons marque nettement qu'il s’agit de la nature de l'intuition.

5. « Est-ce que l’idée de force ou la notion de cause efficiente fait partie essentielle de l'intuition, nécessairement dans toute perception ou idée d'une sensation affective localisée dans une partie de lorganisation ? », Cousin, id. Cette phrase est inintelligible. Le texte que nous proposons nous parait très vraisemblable. Maine de Biran a montré dans le paragraphe précédent que le sentiment de l'effort était une condition nécessaire de la localisation des sensations organiques, mais était distinct de la sensation elle-même ; il se pose une question analogue au sujet de l'intuition.

6. Le problème, qu’il va maintenant examiner, se trouve ainsi nettement posé et circonscrit : c’est le problème dé l’origine et de la

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a. L'élendue n'est pas une propriélé réelle des étres.

Le sysltème organisé vivant, Panimal, forme un seul tout dont les parties solidaires, jusqu'aux moindres atomes et à la dernière molécule, sentent et fonctionnent, chacune à sa manière, et suivant le rôle qu'elle joue dans le tout.

valeur de l'idée de réalité extérieure. Mais ce problème dépend luiméme de celui de la perception de notre corps propre. Maine de Biran ne se propose pas de traiter complètement ces deux problèmes qui se résument dans celui de la perception extérieure : il en remet à plus tard l'étude détaillée. Il veut seulement démontrer qu'on ne peut arriver à une solulion positive qu’en employant la méthode psychologique, c'est-à-dire l'analyse : il le démontre par une analyse anticipée et sommaire. Il reste dans le titre d'Ancillon, qui sert à Maine de Biran de sujet de méditation, une sixième question qui se rattache étroitement à celle qui vient d’être examinée, mais qui s’en distingue cependant, et demande à être posée à part. Dans l'édition Cousin on recherche vainementle numéro 6, où se trouve indiquée la réponse à cette dernière question. Nous en indiquerons la place probable, quand le moment sera venu.

1. Nous supprimons après «dans le tout » les mots « l'animal » qui sont inutiles. — « Chaque substance simple. dit Leibnitz, qui fait le centre d’une substance composée, comme l’est un animal (il y a dans l'édition Cousin, « comme d’un animal»), et le principe de son unité, estenvironnée d'une masse composée par une infinité d'autres monades qui constituent le corps propre de cette monade, suivant les affections duquel elle représente, comme dans un centre (n'est-ce pas « miroir » qu'il faudrait dire ?) les choses qui sont hors d'elle.

« La perception, dit Bacon, est partout pour ceux qui veulent l'y voir. On aurait dû chercher la différence qui est entre la perception et le sentiment, non pas seulement en comparant les êtres sensibles avec les insensibles, comme les plantes et les animaux, quant à la totalité de leur corps, mais de plus en cherchant pourquoi, mème dans un seul être (« corps » dans l'édition Cousin) sensible, il est tant d’actions qui s'exécutent sans le moindre sentiment ; pourquoi les aliments sont digérés et pourquoi les artères font leurs vibrations : enfin, pourquoi tous les viscères, comme autant d'ateliers vivants, exécutent leurs fonctions : tout cela, ainsi qu'une infinité d’autres choses, sans que le sentiment ait lieu et les fasse apercevoir. Mais les hommes n'ontpas eu la vue assez fine pour découvrir en quoi consiste l'action qui fait la sensation : quel genre de corps (il est douteux que ce soit le texte exact), quel redoublement d'impression est nécessaire pour que le sentiment s'ensuive. Et il ne s’agit point ici d'une simple distinction de mots, mais d'une chose de la plus grande importance, qui mérite des recherches approfondies, par l'infinité des connaissances utiles qui peuvent en résulter, etc.», p. 56. Cettenote de Maine de Biran ne peut ètre entendue, selon nous, que si l'on désigne par «les êtres sensibles » les êtres doués du sentiment où de l'aperception d'eux-

Comparable, sous ce rapport à la force de gravitation, la force vitale et sensitive (une ou plusieurs) pénètre les masses ou composés organiques et agit sur chacune des parties ou monades ou êtres simples qui s'identifient avec les forces ! mêmes ou principes de vie, ayant la perception pour essence, sous le point de vue leibnitzien: ces forces sont unies et coordonnées entre elles en concourant au but commun de conservation, de développement et de permanence du mème animal.

Ainsi commence et s’entrelient cette vie ou sensibilité animale qu'on ne peut dire simple? qu'à la manière dont on considère en mécanique la résultante unique de plusieurs forces composantes qui, en agissant sur les diverses parties d'une machine, liées entre elles, impriment à toutes une impulsion commune que l'analyse malhématique ramène à ses éléments et aux forces primitives et simples qui la composent et la déterminent à chaque instant”.

Comme il y a un centre de gravité où Loutes les forces de la machine sont unies et confondues en une seule, il y à dans la machine vivante de la nature un centre de vie et de sensibilité; ce qui ne peut faire que la combinaison sentante soit une véritable unité, de la nature de celle qui a son type exclusif dans le vouloir ou le sentiment de l'effort.

Les divers modes de coordination ou de correspondance et d'influence réciproque qu'ont entre elles toutes les parties du système organique, avec les forces vivantes et sentantes qui les animent jusque dans leurs derniers éléments, sont du ressort de la physiologie.

mêmes. C'est un sens très particulier, qui n'est pas celui dans lequel Maine de Biran lui-même emploie ce mot. La distinction des êtres sensibles et des êtres insensibles, devient, dans ce cas, celle de la personnalité morale et de l'individualité organique; on s'explique dès lors l'importance que Maine de Biran lui attribue.

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