‹ L'Aperception immédiateChapitre 62 sur 102 · Ou suivie », Cousin · texte numérisé non relu

Ou suivie », Cousin

6. Nous avons supprimé les deux lignes suivantes de l'édition Cousin qui expriment, sous une forme plus pénible, la même idée que la phrase précédente : « et affectent sa tendance virtuelle à mouvoir les organes matériels placés sous son influence ». Nous ne serions pas étonné que cette phrase ait été remplacée après coup par celle qui la précède.

ception se lie au même déploiement immédiat de la force de l'âme sur les racines des nerfs qui transmettent son action aux organes immobiles du corps. Aux contractions ou mouvements opérés par le vouloir correspondent des impressions spéciales, d'un caractère particulier, qui ne permettent pas de les confondre avec aucune des impressions reçues par les extrémités nerveuses, qui affectent plus où moins la sensibilité animale, soit qu’elles se transmettent des extrémilés au centre commun, soit qu'elles n'aient avec lui aucune connexion directe. Il résulte mème de lobservation physiologique que l'animal pourrait éprouver de Lelles impressions, quand il n'aurait pas de cerveau ni rien qui en tint lieu.

On pourrait demander, en cette occasion, si les nerfs purement sensitifs et qui ne servent! à aucune fonction ou aucun mouvement volontaire, ne contiennent pas l'espèce de cloison observée dans les nerfs qui servent en mème temps, dans l’homme, aux fonctions de la sensibilité et de la motilité : l’analogie qui doit exister entre les faits de sentiment et leurs conditions organiques serait pour Ia négative?. Mais quel que soit le résultat des expériences physiologiques sur ce point, il est certain du moins, par* les faits, que les changements sen- Lis ou aperçus immédiatement dans les organes de la locomo- Lion ‘au moment où la volonté s'exerce, forment une espèce de modes sui generis, les seuls que le moi s'attribue comme en élant cause, en tant que le vouloir opère instantanément et d'une manière immédiate, les seuls aussi qui tiennent dans l'organisation à celte condition unique, savoir : de commencer non par les extrémités des nerfs excitées * du dehors par des causes quelconques, de nature diverse, comme tout ce que nous appelons sensation, mais par les racines deS nerfs moteurs, par l’action d'une seule cause ou d’une force unique qui agit sur ces racines, et dont l'influence se transmet du centre aux extrémités d'une manière inverse de celle qui a lieu dans les sensalions. À la vérité, celte condition, à laquelle s'attache

1. « Qui ne se lient à aucune fonction ou mouvement volontaire », Cousin.

2. Nous avons modifié la phrase de l'édition Cousin, qui est inintelligible : « ou bien, si l'analogie qui doit exister entre les faits de sentiment etleurs conditions organiques Sont pour la négative », p. 71.

3. «€ [ est certain, du moins par les faits », Cousin, p. 72. Il faut supprimer la virgule, après « certain ».

4. « Extrémités des nerfs excités », « excités » se rapporte à extrémités.

l'exercice du sens de l'effort ou de l’activité, se lie elle-même à une autre condition proprement organique : celle de la récep: tivité de l'organe qui doit être apte à recevoir l'influence de la force motrice transmise jusqu'à lui par le moyen! des nerfs cérébraux.

Cette condition de réceptivilé commune au sens de l'effort et aux organes des sens extérieurs, c’est là ce qui constitue la partie passive des modifications ; la partie exclusivement soumise à la volonté et à l’activité du moi est la seule qui se manifeste clairement à la conscience ?.

L'organe soumis à la volonté ne l’est point quant à sa nature quant à son mode de vie ou de sensibilité propre, mais seulement quant aux modes ou changements que la force de l’âme produit dans son * état, en agissant sur l'organe ou par l'organe donné ; c’est bien cette force qui commence, qui crée le mouvement, qui opère les contractions musculaires par lintermédiaire * des nerfs ; mais elle ne crée pas l'étendue, l'inertie, le poids de l'organe, l'arrangement ou le mode de coordination de ses parties ou molécules, tous ces éléments sont donnés comme base de lintuition, comme termes de l’action de la force modifiante, et non comme produits transitoires de sa création, non plus que comme des modes et attributs de sa substance 5.

En effet, tout ce que le moi n'opère pas en vertu de l'effort ou du vouloir constitutif, ne peut être attribué à l'âme au titre de force active mais appartient à la substance entendue sous raison de matière, comme passive ou modifiable, et peut ainsi se rapporter au corps vivant et sentant sous les conditions et titres respectifs de sensations affectives ou d'intuitions, en tant que les impressions sont confuses, ou en tant qu'elles sont naturellement distinctes.

Ni ces sensations ni ces intuitions ne sont les produits de

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