‹ L'Aperception immédiateChapitre 64 sur 102 · De la substance », Cousin, p · texte numérisé non relu

De la substance », Cousin, p

l'activité du moi, mais elles sont perçues, localisées, et par là mème distinguées du moi en tant qu’elles s'unissent plus ou moins directement au sens de l'effort, ou se rencontrent dans des organes particuliers où concourent les deux fonelions sensitive et motrice qui sont unies ensemble par le lien de la vie animale, mais qui ne se lient à l'unité de conscience de la personne humaine que par l'intermédiaire du sens de l'effort. Otez l'exercice de ce sens, et il restera encore des sensations animales ou des intuitions au même titre et l'homme, identifié avec la nature par ces impressions mêmes, ne pourra se distinguer lui dans ce qui le fait lui.

I ne s'agit point iei de distinctions artificielles, purement abstraites où nominales, mais de distinctions de faits justifiées par le sens intime et que l'observation physiologique ellemème peul justifier.

On sait que dans certains cas de paralysie les organes de la locomotion peuvent être oblitérés en tout ou en partie, quoique la susceptibilité nerveuse demeure la mème, et que les impressions externes ou internes continuent à affecter la sensibilité animale.

Un habile observateur nous a décrit l'expérience qu'il eut l'occasion de faire sur un hémiplégique qui sentait vivement les impressions faites sur des parties paralysées, mais sans les rapporter à leur siège, ni à aucun lieu déterminé du corps, quoiqu'il les sentit généralement dans ce corps en masse, comme nous sentons nous-mème les impressions qui, par leur nature ou l'intensité de leur force excitative, affectent la sensibilité générale, sans absorber le moi tout entier.

Dans cette expérience, dont l’auteur rapporte les curieux détails, le malade ressentait de vives douleurs, et le témoignait par des plaintes, quand on lui contournaitles doigts de la main paralysée ; mais lorsqu'il ne voyait pas cette main ni l’action extérieure à laquelle elle était soumise, le paralytique ne pouvait assigner le siège de la douleur, et ne la ressentait que comme une impression générale de souffrance ou de malaise du corps, dont il est impossible d’assigner la cause ni le lieu.

I faut bien remarquer ici toute la différence qui existe entre cette espèce de localisation immédiate intérieure des sensations ou des intuitions!, que nous prélendons rattacher uni:

1. Nous ajoutons une virgule après intuilions, car le pronom relatif « que » se rapporte à localisation, non à intuition. Toute cette partie de l’édition Cousin est à peu près correcte. Cela tient probablement à

quement au sens de l'effort, comme l'expérience ci-dessus semble propre à le démontrer, et cette autre localisation externe et médiate, par laquelle nous rapportons les différentes impressions du dehors aux parties de notre corps, çonnues extérieurement par la vue comme peuvent l’êlre les objets ou corps étrangers.

Le paralytique cité jugeait, en voyant contourner sa main, qu'elle était le siège où agissait la cause de sa douleur ; mais il ne sentait ou n’apercevait pas immédiatement l'impression douloureuse dans la partie organique qu'elle affectait ; il ne s’appropriat pas cette partie ; il ne la sentait pas sienne, tant qu'il n'agissait pas sur elle ; il aurait pu dire plus naturellement qu'aucun aütre : « Vous casserez cette main. »

Il est bien entendu que nous excluons de la localisation immédiate interne ces ! impressions sensibles, ces premières affections que l'instinct animal, privé de toute conscience de moi, semble rapporter aux parties du corps organisé, les produits? de cette réaction involontaire et inaperçue, qui a lieu dans le fœtus mêème® au sein de la mère, dans l'enfant à sa naissance, pendant le sammeil, et dans tous les états où la vie organique et animale s'exerce sans qu'il n'y ait ni conscience, ni rien qui puisse s’attribuer au moi*. Les produits de cette réaction motrice, dis-je, sont des sensations comme les autres, qui commencent et se terminent aux organes sensitifs, sans que le cerveau mème y prenne quelque part nécessaire, et surtout sans que la force de l’âme y exerce son activité propre,

Il s’agit ici non d'une réaction nécessaire, mais d’une action volontaire qui part de l'âme et qui s’y termine en manifestant, avec sa force propre, l'existence et le lieu ÿ des parties mobiles et sensibles de l’organisation qu’elle s'approprie.

ce que Maine de Biran exprimait des idées familières (maintes fois exprimées dans des écrits précédents). Il est probable, par suite, que le manuscrit n'est pas surchargé de corrections et d’additions. On peut supposer aussi que le copiste, qui n'était pas un philosophe, fut guidé, dans toutce passage, par la clarté et l’intérèt général des idées.

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