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Or l'expérience du paralytique cité fait connaître clairement la part essentielle que prend le sens de l'effort ou de l'activité, à cette localisation interne qui ouvre le cerele de la connaissance, en révélant l’homme intérieur tout entier sans le secours NÉMENdCNODIEUER ER : ? .
L'action ou Pot commence, de la nr 1e l àme, les racines cérébrales des nerfs moteurs, sans que la force motrice produise par là tout son effet sur Je corps et se manifeste à
elle-même comme force agissante ?. Pour que l'action volontaire soit complète et que la Casa du moi se manifeste comme fait de conscience, une condition est requise de la part de l'organe : c’est, comme nous le disions tout à l'heure, que cet organe soit disposé à recevoir l'influence propre du moteur, ou que son ton de vie ou de sensibilité spéciale soit en rapport avec la force qui tend à le mettre en jeu. Si cette condition n'a pas lieu, s’il y a quelque oblitération accidentelle soit dans les fibres musculaires, soit dans la partie inlerne des nerfs destinée à transmettre au centre l'effet sensible de la contraction et du mouvement opéré, le sens de l'effort ne s'exerce plus dans l'organe dont il s’agit, qui cesse ainsi d’appartenir à la volonté ou de se manifester immédiatement à la conscience du moi.
L'expérience précédente montre bien qu'un organe, paralysé pour le mouvement, peut recevoir el transmettre des impressions qui affectent l'animal, sans être localisées ou rapportées à un siège déterminé, en raison de sa passivité même. D'où nous induisons la nécessité de l'intervention du sens de l'effort pour que les sensations soient localisées ou rapportées à un lieu du corps, le même où l'effort s'exerce.
1. Nous lisons ensuite dans l'édition Cousin les lignes suivantes qu'il nous paraît impossible de rattacher à ce qui précède et à ce qui suit. © Il suffit qu'il y ait coordination des existences sous forme d'étendue, pour que l'idée de cause disparaisse. Les uns admettent cette idée, les autres l'excluent .» Nous n'avons là certainement qu’un lambeau du texte qu'il nous semble impossible de reconstituer. Dans le passage qui suit immédiatement, Maine de Biran revient sur les idées exprimées un peu plus haut. On pourrait le considérer, sans inconvénient, comme une variante, el le rejeter en note, d'autant plus que par suite de la lacune que nous venons de signaler, il ne se relie pas directement à ce qui précède. Nous ne l'avons pas fait; .parce qu'il se tient dans toutes ses parties, et prépare le développement suivant.
2. « Sans que la force motrice produise tout son effet sur le corps, et par là, se manifeste à elle-mème comme force fout agissante », Cousin.
La mème expérience ne nous montre pas, il est vrai qu'à part cette intervention du même sens actif, il ne puisse pas y avoir des intuitions naturellement distinctes et rapportées à un lieu du corps propre ou de l'étendue intérieure; il y a une multitude de faits pris dans la nature animale et dans les phénoménes de l'instinct, comme dans les songes et les différentes espèces d’altérations ! mentales, où l'activité constitutive de la personne ne s'exerce par aucun sens où organe, qui prouvent bien que diverses intuitions, par exemple, celles de la vue ont un caractère propre de distinction et de clarté Loul à fait indépendant du sens de l'effort ou de l’activité du moi ; mais il n’en est pas moins vrai qu'à part cette condition hyperorganique de l’effort ou du vouloir, qui constitue la personne présente à elle-mème, les intuitions distinctes non plus que les sensations confuses ne seraient pas distinguées du moi, qui seul les localise, en les rapportant à leurs sièges organiques.
On peut chercher, soit dans ces organes mêmes, soit dans les objets, les conditions qui rendent les impressions claires ou obscures, distinctes ou confuses, au titre d'intuitions ou de sensations ?. La physiologie et la physique peuvent reconnaitre et assigner quelques-unes de ces conditions qui se prètent à leurs expériences, mais il n'y a pour le moi qu'une seule manière de se distinguer de tout ce qui n'est pas lui, à titre d'objet, de chose représentée; el comme il s’agit ici d’une distinction byperorganique par sa nature*, l'analyse physiologique la plus subtile ne saurait suffire, l'analyse psychologique ne le pourrait pas davantage, si l'intuition d’étendue, par exemple, sous laquelle se représente tout ce qui est appelé corps matériel, élait prise pour une modalité représentative de l’âäme, comme si un mode quelconque pouvait ètre représenté ou conçu hors de son sujet d’inhérence, et comme si ce qui se représente hors du moi püt être inhérent à l'âme.
En général nulle sensation ou intuition objective ne saurait ètre considérée comme mode propre du sujet pensant, inhérent à lui, ou faisant partie de son existence, sans démentir le fait même de l'existence individuelle du sujet.
1. «Altérations mentales », Cousin. Ne faut-il pas lire « aliénations » ?
2. « Distinctes, contuses sous un titre quelconque de sensations ou d'intuitions », Cousin. Nous savons que les sensations sont confuses par nature, alors que les intuitions peuvent ètre claires et distinctes.
3. « Où l'analyse physiologique ». Nous avons supprimé «€ où » qui brise la construction de la phrase.
d. Discussion des théories de Malebranche et d Arnaud sur les représentations objectives ou intuilions.
Ici! je ne puis m'empêcher de rappeler comme exemple tres instructif celte grande discussion qui eut lieu entre Malebranche et Arnaud sur l’origine et le caractère des idées représentatives ?. Dans le point de vue de Malebranche, les idées n'ont précisément le caractère de représentations claires et distinctes qu'en tant qu'elles sont hors de l'âme, ou ce qui revient au mème (selon la vraie psychologie de notre grand métaphysicien) hors du moi qui les perçoit ou les conçoit, non point en lui, comme attributs ou modes de son existence, mais dans leur source réelle, savoir : en Dieu, d’où émane exclusivement ia lumière par laquelle l'âme voit ce monde réel, intelligible représenté par des perceptions ou idées claires, adéquates, qui ne sont elles-mêmes que des modes propres!, des manifestations de l'être universel par qui et en qui tout vit, se meut, SCnÉTerISTe
Il est si vrai que les idées (intuitions) claires représentatives ne sont pas les modalités propres de l'âme, que tout ce qui peut être véritablement modification intérieure de la subs-
4. 11 faut ouvrir ici une parenthèse jusqu’au milieu de la page 86 de l'édition Cousin. Maine de Biran fait au sujet du caractère objectif de nos intuitions les mêmes réflexions qu'au sujet de l’origine et de la nature du sentiment du moi : à savoir qu'on ue peut l'expliquer que par l'analyse psychologique. Malebranche et Arnaud, partis l'un et l’autre du point de vue systématique de Descartes, échouent dans l'explication de ce fait psychologique ; leur théorie aboutit à des conséquences qui sont en désaccord avec les faits. Tout ce développement se tient, il-est intéressant en lui-même ; il nous montre une fois de plus la préoccupation de Maine de Biran dans tout cet écrit, d'opposer le point de vue psychologique aux constructions a priori des métaphysiciens.
2. « Sur les représentations objectives et sur l'origine et le caractère
des idées représentatives », Maine de Biran qui avait d'abord écrit : «Sur les representations objectives » a probablement rayé ou voulu rayer cette expression pour la remplacer par celle qui suit, plus précise. Voir Malebranche. La Recherche de la vérité, livre IL, 2 partie, chap. v, vi, vir, et Arnaud, Des vraies el des fausses idées, ch. 11, etc: