‹ L'Aperception immédiateChapitre 73 sur 102 · Exerce simullanément tous les organes », Cousin · texte numérisé non relu

Exerce simullanément tous les organes », Cousin

2. « L'effort qui exerce simultanément plusieurs organes », p. 88.

3. « Ou celle des nerfs cérébraux qu'affectent les contractions et les mouvements sous l'empire de l'âme ».

4. « Ainsi, celte succession non interrompue d'actes et de mouvemen{s répétés varie de toute manière, p.89.» Phrase mal écrite, et qui ne se relie pas à la suivante. Celle que nous lui substituons nous semble

mieux marquer le lien des idées, et se rapproche autant que possible du texte publié par Cousin.

Nous voyons maintenant comment on peut expliquer philosophiquement les allérations de la faculté de percevoir ou de distinguer les sensations, causées par la paralysiet de la faculté locomotrice ou contractile dans des organes particuliers dont la sensibilité ou la suceptibilité aux impressions du dehors reste la même. La paralysie n'étant que partielle, l'effort général du moi ?, qui fait la veille, suffit bien pour qu'il se distingue de la sensation affective ou qu'il l'aperçoive de quelque manière plus ou moins c:nfuse, mais non pas pour qu'il la perçoive nettement en la rapportant à un lieu de l’étendue du corps, comme nous l’avons vu dans l'expérience du paralylique de M. Régis.

Nous pouvons aussi induire, de tout ce qui précède, les caractères plus expressément distinctifs qui séparent les sensations des intuitions, et qui font enfin* l’extériorité des parties mulüiples du corps propre, où le moi sujet un de l'effort localise ces deux classes d'impressions, ce qui nous conduil à déterminer avec une précision nouvelle les conditions réelles de l'extériorité absolue des objets de nos représentations ou des corps étrangers au nôtre.

e. Conditions physiologiques et physiques de l'idée de l’exlériorité des corps étrangers.

Etant posée, avec l'exercice géréral du sens de l'effort, la condition à laquelle s'attache le sentiment du moi, distingué de tout ce qui n’est pas lui ou de lui, c'est-à-dire de tout ce qui est passif, il y a, comme nous l’avons déjà vu*, d’autres conditions particulières qui font que certaines impressions sont distinctes ou claires en elles-mèmes ou dans ce qu’elles représentent (les intuitions), tandis que d’autres (les sensations affectives) sont confuses, obscures et ne représentent rien par elles-mêmes, alors même que le moi les localise dans un organe représenté par le sens de l'effort d'une manière directe et indé-

1. « Par la paralysie, ou de la faculté locomotive ou contractile », Cousin, p. 89.

2. « L'effort général, qui fait la veille du moi », Cousin, p. 89.

3. Il est douteux que cette phrase soit la copie exacte du manuscrit. Le sens n’en est pourtant pas obscur.

4. « Comme nous l'avons déjà vu, il y a d’autres conditions, etc. », Cousin.

pendamment! de toute sensation ou de toute impression du dehors.

Ces conditions tiennent à la fois à la structure des organes et à la manière d'agir des objets extérieurs qui modifient leur sensibilité propre. Les molécules ou les fibres organiques des nerfs doivent? être arrangées dans un cerlain ordre, depuis leurs extrémités jusqu’à leurs racines cérébrales, de manière à représenter sous une intuition immédiate la * portion d’étendue qu'elles concourent à former. Cette élendue n’est en effet que l’ordre régulier des impressions coexistantes' ou senties ensemble dans leur * siège corporel. Le mode de coordination des parties élémentaires, qui constitue leur étendue au regard du moi, paraît appartenir d'abord aux fibres musculaires ou aux extrémités des nerfs cérébraux qui s'y manifestent dans cet ordre régulier. La force qui s'applique à ces parties d'un mème organe sensilif eb locomobile, pénètre la masse jusqu'aux dernières molécules et y porte le principe des mouvementset des changements à opérer dans Pensemble de l'organe. Ainsi sont remplies de la part de l'organe, les conditions appropriées à la représentation immédiate de sa propre étendue, et par suite, à la représentation médiate des objets de l'intuition externe.

Quant à ces objets leur représentation étendue parait exiger aussi, Comme condition nécessaire, qu'ils viennent tou-

‘cher ces extrémités sentantes de l'organe de manière à faire sur chacune une impression distincte qui ne se confonde ? avec aucune autre, faite simullanément sur le même point nerveux; car la multiplicité et la diversité des impressions, auxquelles une mème partie nerveuse est soumise, agite bien l'animal de plaisir ou de douleur, mais exclut le caractère d’intuition et toute perceptibilité claire et distincte de la part du moi. D'où

1. D'une manière directe et indépendante de toute sensation, Cousin, p. 90.

2. « Les molécules ou les fibres organiques peuvent ètre arrangés », Cousin, p. 90.

« Une portion », Cousin, p. 90.

. &« Existantes », Cousin, p. 90.

. & Un siège ». Cousin, p. 90.

« Qui constituent », Cousin, p. 90.

« De mouvement et de changements opérés », Cousin, p. 91. . Expression hardie, qui peut se trouver dans le manuscrit.

. (€ Qui ne se confond », Cousin, p. 91. ‘

& Co

il suit évidemment que les sensations affectives, étant confuses parleurnature même, oudépendantes de! conditions organiques ou objectives qui les rendent telles, ne sauraient se transformer en aucune manière pour revélir?le caractère el les conditions des intuitions claires et distinctes ; car ainsi le plaisir et la douleur ne joueraient plus le mème rôle dans la vie animale; l'animal lui-mème ne serait plus.

Il y a analogie dans les deux sortes de conditions d’où dépendent respectivement les intuitions immédiates et internes des parties locomobiles représentées au moi dans l'étendue organique du corps qu'il s’approprie comme terme * de son action, et les intuitions médiates et externes représentées au moi dans une étendue extérieure * étrangère au corps et en dehors de l’homme tout entier

Première analogie : la force de l'âme, déployée par lintermédiaire des nerfs moteurs* sur chaque molécule ou fibrille musculaire qui offre une certaine inertie ou résistance à son changement d'état, d’une part; d'autre part, la force ou la réunion des forces, qui va s'appliquer à chaque extrémité de l'organe externe et lui imprimer certaines déterminations ou mouvements réguliers® qui se transmettent directement au centre par la force intérieure des nerfs sensitifs ?

Deuxièmef analogie ou plutôt identité dans les modes de coordinalion entre les molécules ou fibres dont se compose l'organe, qui est en même temps le siège des intuitions ? et celui de la locomotion volontaire, et entre les autres parties infinitésimales dont se compose l’objet ou les forces elémentaires qui le constituent. Des deux parts, en effet, c’est le même arrangement, le même ordre entre les éléments ou les forces qui coexistent et se représentent par leur correspondance !?.

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