‹ L'Aperception immédiateChapitre 75 sur 102 · Ne pouvait se dislinguer du corps propre », Cousin · texte numérisé non relu

Ne pouvait se dislinguer du corps propre », Cousin

5. À mesure que Maine de Biran avance dans l’examen de la question proposée, il revient sur les idées déjà exprimées, pour en distinguer les idées nouvelles; il les exprime du reste avec une plus grande pré-

L'inertie organique, la résistance éontinue qu'une partie locomobile à volonté oppose à son déplacement ou à son changement d'état, est sentie ou aperçue immédiatement au point où l'effort s'exerce, Les-inerties organiques interposées et coordonnées circonscrivent et déterminent le domaine de la force motrice, et servent à distinguer ce qui vient d'elle et ce qui n'en vient pas.

Le moi, avons-nous dit, ne fait pas l'étendue, l'inertie, le poids des organes mêmes qu'il déplace ou change à volonté sous le rapport! de la locomotion ; il ne fait pas non plus les impressions sensibles? et les intuitions qu'il localise dans ces organes. Il se distingue des sensalions en tant que le corps propre est produit par des causes ou forces autres que la sienne; il ne dépend pas de lui de distinguer ou d'éclairer leurs effets” et de rendre ces sensations plus distinctes en ellesmêmes, c'est-à-dire dans les éléments qui les composent. De même, en se distinguant ou en se séparant des inluilions localisées soit dans l'étendue organique, soit dans l’espace tout extérieur, le moi ne fait pas la clarté et la distinction des parties de ces intuilions mêmes, qui se représentent ainsi en vertu des seules conditions organiques ou objectives. Dans l’expérience du prisme, par exemple, le spectre coloré présente * l’image de couleurs distinctes coexistantes ou coordonnées en étendue, abstraction faite de toute condition d'activité, de toute conscience du moi, comme dans les rêves ou la manie, et quand tout lappareil locomoteur de l'œil serait paralysé, pourvu que l'organe fut ouvert et à portée de recevoir les impressions des rayons lumineux.

cision. Cette distinction de la sensation et de l'intuition, ne se trouve nulle part ailleurs rapportée aussi expressément, que cela a lieu ici, à la distinction de leurs conditions physiologiques. Nulle part, dans les écrits précédents, le rôle que joue la constitution du corps propre, dans la perception extérieure, n'est aussi nettement mis en lumière. Cela prouve que malgré ses occupations de toutes sortes, ses distractions, son état maladif, Maine de Biran n’a cessé jusqu'aux derniers jours de sa vie d'étudier les questions de philosophie, afin de préciser ses vues propres, et parfois les renouveler.

4. « Sous les rapports de locomotion », Cousin, 9%. 2. « Les impressions sensibles ou intuitions ».

3. « Il ne dépend pas de lui de. distinguer ou d'éclairer leurs pas », Cousin, p. 95.

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