Nous avons ajouté «et
Si l’activité ou l'effort du moi ne peut rien ajouter à ces conditions de clarté propres aux intuitions et s'il concourt néanmoins ! à les rendre plus distinctes, c’est en rendant successif, dans l’ordre du temps ou de son existence active, ce qui estsimultané dans l'étendue ou dans les impressions objectives élémentaires qui constituent l'état passif de Fhomme?.
Par cela seul que le moi existe ou s'aperçoit dans l'effort constitutif de son existence“, il se sépare de l'intuition étendue, colorée, elc., il la met hors de lui dans un espace ou un lieu où il n'est pas. Que ce lieu soit déterminé ou circonscrit dans l'organe même où l'effort s'exerce, ou qu'il soit indéterminé el vague comme les couleurs accidentelles, les lueurs sautillantes qui semblent flotter au devant de l'œil sans se fixer ou se circonscrire toujours implique-t-il que l'âme (moi) aperçoive en elle-même, comme ses propres modalités, ces intuilions ou images dont le moi se sépare.
Lorsque Gondillac a osé dire qu’en pareil cas l'âme de la statue, qui n'aurait pas encore fait connaissance avec le monde extérieur des corps, se sentirait comme une étendue variée, il a dit une absurdité qui choque tous les faits, toutes les lois psychologiques, et cependant, il ne fait que forcer un peu l'hypothèse d’Arnaud, dont nous parlions Lout à l'heure, au sujet des modalités de l'âme, représentativesi de l’étendue des corps, etc.
Quel mélange ou quelle confusion de ce qu'il y a de plus éminemment actif dans l'exercice du sens propre de l'effort, et de complètement passif dans l'exercice du tact subordonné aux impressions des objets matériels ; quel vague, quelle incertitude sur le véritable sujet d'attribution des modes sensibles! quelle équivoque perpétuelle dans le nom qui exprime le sujet représentant comme l’objet représenté !'Il eût fallu, avant tout, déterminer par l'analyse, en quoi consistent les deux termes du rapport primitif, qui fait la personnalité humaine, quels sont ces deux termes ; comment ils sont constitués l’un par rapport à l’autre, d’une manière plus ou moins distincte. Ainsi