‹ L'Aperception immédiateChapitre 80 sur 102 · En rappelant l'exemple du paralylique cité », Cousin · texte numérisé non relu

En rappelant l'exemple du paralylique cité », Cousin

7. « Comment l'absence du sens de l’effort.… peut faire que les extré-

la main ou des doigts, soumises aux excitations et irrita- Uons les plus fortes, ne soient passives d’impressions purement affectives que l'animal sent, et que le moi de Fhomme alors qu'il les distingue, ne peut néanmoins rapporter directement à aucun siège organique déterminé. Ce n’est donc point comme organe sensitif ou en vertu de la disposition des houppes nerveuses plus où moins épanouies à la surface de la main ou au bout des doigts que le sens du toucher »st le premier instrument de la connaissance objective.

Rendons à la main paralysée le sens de l'effort, en la supposant encore privée de locomotion, de telle sorte que la volonté puisse contracter ou tendre les parties mobiles et sensibles de l'organe, sans ni les déplacer, ni les ployer, ni leur imprimer aucun mouvement progressif dans l'espace.

Dans cette hypothèse, il en serait du {toucher comme des autres sens externes où il y à contraction produite, aperçue ou sentie comme effet de ce vouloir énergique qui peut tenir les veux ouverts dans les ténèbres, l'ouie tendue et aux écoutes dans le silence, etc.

Toutes les conditions organiques et physiques de l'intuition étant satisfaites, le moi présent à lui-même par ce degré naturel d'activité qui fait l'état de veille, aura la perception ou la représentation claire (et distincte de la sensation)‘, des corps élendus, figurés, qui pourraient toucher la main ou s'appliquer à la surface de cet organe spécial du tacl. Il suffit pour cela que les molécules de la matière morte, interposées ou coordonnées entre elles, de manière à former une portion d'étendue sous telle forme ou figure déterminée, rencontrent des éléments nerveux coordonnés dans un même organe, d’une manière semblable ou identique. Celte condition peut suffire, en effet, pour qu'il y ait intuition d'étendue organique modifiée par les diverses qualités tactiles ; mais elle ne suffit point évidemment pour mettre cette intuition à distance et la représenter comme extérieure à l’homme en localisant les modifica-

mités nerveuses, etc. soient passives d'impressions purement affectives», Cousin, p. 99. II semble bien que ce soil le contraire que dise Maine de Biran.

4. « L'aperception ou la représentation claire et distincte de la sensation des corps étendus », p. 100. Il y a probablement dans cette ligne plus d'une erreur. Nous substituons perception à aperception. Le moi n'a d'aperception que de lui-même et de son corps en tant qu'il est le terme de son action. Ensuite il faut ou supprimer « dela sensation», ou mettre entre parenthèse « distincte de la sensation ».

tions du tact dans un espace extérieur ou une étendue étranwere au corps propre.

Entre le sens du toucher immobile et celui de la vue, dont les intuitions ont une analogie si véritable, il y à cette différence essentielle que l'intuition visuelle est dans un espace indéterminé où l'homme n'est pas, qu'elle n'est pas! en lui où dans son corps, au lieu que l'intuition tactile ne sort pas de l'organe propre où elle est?.

Rétablissons maintenant le sens du toucher actif dans tous ses Litres de prééminence. Ge sens est le seul où l'action exercée par les nerfs moteurs prenne l'initiative et la prédominance sur la passion éprouvée par les nerfs sensitifs, en ce que le vouloir seul y commence des mouvements auxquels la sensation n’est elle-même que consécutive.

Dans les autres espèces de sensalions, au contraire, c'est l'impression, ou, comme on le dit vaguement, l’action de l'objet qui commence le mouvement nerveux de l'organe, et la volonté n'y exerce qu'une influence consécutive, el puisqu'il n'y à là qu'une réaction, comme disent les physiologistes, ce n'est donc pas une action, c'est-à-dire *, un effort voulu, comme nous l’entendons au sens psychologique et d'après les faits de conscience.

Aussi, dans le sens du toucher actif, les nerfs moteurs adhèrent-ils plus entièrement aux nerfs sensitifs qu'ils embrassent et suivent dans toules leurs ramifications, de manière à ne former avec eux qu'un seul et mème appareil organique, Landis que pour les autres organes des sens externes, celui de la vue en particulier, les éléments de motilité forment un appareil dislinet el à eux, qui opère sur la sensation ou l'intuition externe, et n'y joue qu'un rôle subordonné quoique nécessaire.

En mettant à part la locomotion, organe du toucher actif n'en serait pas moins, comme nous l’avons dit, le siège ou

4. ÇOù l’homme n'est pas, ne sent rien en lui ou dans son corps », est évidemment incorrect.

2. Dans l'édition Cousin, ce paragraphe se termine par la phrase suivante, qui nous semble à cet endroit incompréhensible : « L'homme sent tout ce qui modifie son existence », p.101. Si cette phrase n'est pas rayée, elle est incomplète; telle qu'elle est, elle ne se relie pas à ce qui précède, et au fond ne signifie rien. Nous ne voyons pas comment il serait possible de la corriger.

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