Restent les mêmes », Cousin, p
3. € S'il n'y avait qu'une main paralysée », Cousin, 107. Cette phrase n'a de sens que si au lieu « de paralysée » on entend « privée de sensibilité ». Dans l'Essai sur le fondement de la psychologie t. I, Maine de Biran examinant la mème hypothèse dit : « Supposez que la main et toute la surface du corps soient calleuses, ou que la sensibilité extérieure soit paralysée la motilité restant intacte », p.149, € IE
tique qui n'existe pour nous qu'en abstraction. La géométrie de l'aveugle est une sorte d'arithmétique sensible, une combinaison de véritables unités ou points solides. Elle est plus près aussi du fondement, ou de la source commune de toute science, de ce point où toute analyse aboutit et d'où toute synthèse repart, où le physicien est conduit, en quelque sorte, à intellectualiser la matière, où le géomètre aussi rencontre le métaphysicien, où leurs conceptions d'unité, de force, tendent à se modeler sur le mème type ?.
Lorsqu'on dit que le toucher est le sens géométrique, (il est entendu qu'on ne parle, dans ce cas, que du toucher actif) on exprime, en un seul mot, le caractère propre comme linépuisable fécondité des idées dont il est la source. Le fond et la matière première de ces idées ne ressortent pas sans doute du sein même du sujet pensant; mais on ne peut douter que l'être moteur, qui contribue à se créer en quelque sorte ce premier fonds en exerçant hors de lui son activité, ne l’étende ensuite indéfiniment par un exercice tout intérieur de la même activité plus développée.
La base étendue et solide n'existe pour nous que dans le déploiement de l'effort ; elle n'est mesurée et circonserite que par des mouvements dont nous disposons. Le premier * modèle est donné par le sens qui reçoit ou prend son empreinte. Mais bientôt lentendement, cessant d'imiter, crée lui-mème ses modèles etse fait des archélypes qu'il effectue ou réalise hors de lui par des figures conçues ou tracées sur celle mème base modifiable à son gré et qui ne fait plus que fournir un appui et des signes aux créations * de sa force active. Les combinaisons infinies que le géomètre peut faire avec de l'étendue, des points, des unités numériques, ne sont point véritablement abstraites des impressions du toucher, ni des perceptions
1. 11 est nécessaire de mettre une virgule, un peu plus haut après « du fondement », p. 108, et ici entre les mots unité et force, qui doivent ètre écrits au singulier, non au pluriel.
2. Maine de Biran montre le rôle essentiel du toucher actif et du jugement qui en est inséparable dans la perception du monde extérieur. Mais il ne paraît pas vouloir étudier ce problème en lui-même dans toute sa complexité. Il indique la méthode à suivre dans cette étude, etles éléments de la solution, la part qu'il faut attribuer aux sensations, aux intuitions, à la perception proprement dite, inséparable du toucher.
3. « Ce modèle premier », p.109. Il faut lire sans doute « le premier modèle » ou le « modèle primitif ».