‹ L'Aperception immédiateChapitre 97 sur 102 · Mot omis dans l'édition Cousin, p · texte numérisé non relu

Mot omis dans l'édition Cousin, p

4. « La sensation affective, par exemple, différant de l'intuition tant par la nature des conditions organiques que des facultés, etc.», Cousin. Un peu plus loin : « de transformation », omis.

A tn 140 LIDÉE D EXISTENCE

de la -ature et à les transmettre directement au centre dans l'ord-€ régulier d’arrangement où elles sont reçues !, nous n'au- “ons que des intuitions sans aucune affection de plaisir ou de douleur immédiat. Il n’y aurait alors que des plaisirs ou des peines de réflexion, de comparaison, consécutivement à l'exercice de quelque faculté active ; la partie animale, l'âme sensitive de l'homme n'existerait pas; ce serait une toute autre nature. — De même l'intuition claire pour les sens comme intuilion, ne saurait se transformer en idée distincte ou notion adéquate, correspondant aux éléments de l'étendue ou aux modes de coordination des unités numériques qui se trouvent confondues sous l'unité de la représentation? ou intuition totale, sans que le monde phénoménique ne disparüt complétement avec les intuitions qui le représentent, pour faire place au monde des êtres réels, perceptibles alors seulement, à une sorte de sens intellectuel, et ainsi* la nature de la connaissance humaine, telle qu'elle est, serait encore complètement changée.

Dans cette hypothèse, à la vérité, il y aurait toujours quelque chose de commun entre les objets des deux mondes intellectuels et phénoméniques, savoir, les modes de coordination dans l’espace et le temps qui ne dépendent pas de la nature des éléments coordonnés, les relations de nombre, de figure, de distance, de mouvement, de tout ce qui a son type dans l’un ou l’autre terme simple de l'effort. De là résulte aussi d'une part ce qu'on peut dire de vrai de la correspondance ou la ressemblance existante entre nos intuitions phénoméniques et la réalité des êtres, ouentre les objets qu’elles représentent et la réalité mème de ces objets, ou encore entre ce qu’on appelle les qualités secondes et les qualités premières des objets.

Leibnitz t dit que, lorsque la qualité est intelligible, ou se peut expliquer distinctement, elle doit ètre comptée parmi les qualités premières, mais que, lorsqu'elle n’est que sensible, ou ne donne qu’une idée confuse, il faut la mettre parmi les qua-

1. « L'ordre régulier d'arrangement où ils sont réunis », Cousin. . « Sous l'unité représentative ou intuitive totale », Cousin, p. 131. 3. « Et aussi », Cousin.

4. Ce paragraphe n'est pas dans le manuscrit : mais il y a le renvoi une feuille qui a disparu.

5. « Lorsque la personne ou la cause », Cousin. Ni l'un ni l’autre de ces be ne semble exact. Nous lui substituons le mot « AE » qui du moins est en accord avec la pensée de l’auteur.

re

lités secondes. Il ne faut pas s’imaginer, ajoute-tl, que les idées de couleurs, de douleurs, soient arbitraires et sans rapport ou connexion naturelle avec leurs causes ; je dirai plutôt qu'il y a entre elles! une manière de ressemblance, non pas entière et pour ainsi dire in ferminis, mais expressive, ou une manière de rapport d'ordre, comme une ellipse et une parabole ressemblent au cercle dont elles sont la projection, puisqu'il y a un cerlain rapport entre ce qui est projeté et la projection, chaque point de l’un répondant, suivant une certaine relation, à chaque point de l’autre.

Résumons les détails de cette longue analyse.

La réalité objective ne peut appartenir ou s’attribuer :

4° Ni aux sensations, car la douleur et le plaisir qui varient? dans les différents êtres organisés sentants et dans le même homme, à chaque instant, ne sauraient faire partie de la constitution personnelle, identique et constante du moi, qui perçoit ces modes variables de son * existence;

2° Ni aux intuitions externes qui ont une sorte de réalité phénoménique, à part la réalité objective absolue qui s'associe aux intuitions pour leur donner un corps, mais a toujours hors d'elles ÿ, hors de tout ce qui est sensible, son fondement et son principe invariable ;

3° Ni aux idées générales formées par la comparaison d’éléments analogues ou semblables, abstraits des intuitions et dont ils retiennent toujours la nature. L'homme s'assure aisément que ces sortes d’abstraits sont de purs ouvrages de son esprit, des classifications qu'il étend ou resserre à son gré, qui n'ont enfin par elles-mèmes qu’une valeur de forme, dont le fonds a besoin d’être emprunté d’ailleurs.

L’idéalisme et le scepticisme ont tous deux raison contre une philosophie qui prétend tout réduire aux sensations et aux intuitions, quoiqu'elle admette &ailleurs une réalité objective dont il est impossible de dire où elle est, d’où elle vient, en quoi elle consiste. Les nominalistes ont raison contre les réa-

Page 1