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que la laitue, le concombre, le melon, aurait engendré l’aphonie !!
Bennati admettait même un rapport étroit entre les fonctions digestives et le caractère de la voix, entre l’atonie de l’estomac et l’aphonie ? (Thèse de Laffite).
Les vers intestinaux méritent également d’être mentionnés à cet égard.
APHONIES TOXIQUES
Ce n’est pas sans hésitation que nous avons admis les aphonies toxiques à prendre rang dans le cadre des aphonies nerveuses. À vrai dire, cette hésitation nous semble bien peu fondée, car n'est-il pas très légitime d’assimiler l’action des toxines et des toxiques à l’action des émotions vives, du froid, des différents reflexes puisque, sans préjuger de son essence, l’action efficace de tous ces agents sur la cellule nerveuse se traduit objectivement pour nous par la même allure clinique.
Toutes ces maladies infectieuses par leurs toxines et tous les toxiques, quelque soit leur groupement chimique, peuvent déterminer laphonie. Nous allons signaler toutes les observations que nous avons pu rencontrer.
(a) Tuberculose
La phtisie laryngée, avec ses terribles lésions qui désorganisent si profondément le larynx, constituent à coup sûr l’un des plus gros chapitres de la laryngologie.
Le docteur Mand], ayant observé bon nombre de ces cas, à incriminé la compression des recurrents par les tubercules (?).
Sans nier la possibilité de compression ganglionnaire, nous nous éloignons du docteur Mandl pour plusieurs raisODS :
1e LP AueE et la disparition souvent absolument subite de l’aphonie nous font au moins éliminer cette
hypothèse dans le plus grand nombre des cas.
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2 L'examen laryngoscopique des sujets tuberculeux atteints d’aphonie, ne révèle le plus souvent aucune trace de paralysie des cordes.
æ Si la paralysie des recurrents entraîne avec elle des troubles profonds de la voix, telle la raucité, elle n’est pas efficace à elle seule pour créer la véritable aphonie qui, pour nous, est toujours d’origine cérébrale.
D’autres auteurs voient dans lPaphonie chez les tuberculeux un reflexe par irritation des filets terminaux des pneumo-gastriques.
Qu'elle qu’en soit la cause efficace, il est tout au moins certain que chez les tuberculeux laphonie n’est point toujours la traduction clinique d’un facteur univoque.
Voici du reste Popinion de MM. Krishaber et Peter (1) :
« L’aphonie nerveuse s’observe quelquefois dans le cours de la phtisie pulmonaire ; loin de constituer la phtisie laryngée, puisqu'elle n'offre aucune lésion matérielle, elle n’en dépend pas moins de la tuberculisation du poumon en se rattachant à la cause générale de débilitation de l’organisme. Cette aphonie nerveuse de la phtisie pulmonaire peut guérir dans le cours de la maladie pulmonaire, sans que la marche de la tuberculisation se trouve arrêtée ou seulement influencée par cette guérison. »
(b) Syphilis
C’est à Diday que revient l’honneur d’avoir attiré le premier l’attention sur l’aphonie syphilitique.
(Voir partie documentaire. Observations n° xH1, XII, XIV, XV, XVI et XVII).
« L’aphonie syphilitique, dit-il, (2) est une maladie assez commune, extrêmement intéressante et presque ignorée jusqu’à présent.
« En effet, je n’entends point désigner sous ce nom
(1) Dictionnaire Dechambre. Art. Larynx.
(2) Gazette médicale de Lyon, 1860, page 35.
l’enrouement plus ou moins complet qui accompagne les altérations de la phtisie laryngée chez certains sujets parvenus aux derniers degrés d’une syphilis invétérée. La maladie dont je veux m'occuper ici à des caractères, une époque d'apparition et surtout une curabilité spéciale qui nosographiquement et cliniquement la sépare tout à fait de cet état si grave. »
Plus loin il ajoute judicieusement : « A part l’altération de la sonorité, les autres fonctions connexes de l’appareil vocal demeurent intactes. »
Et n’ayant pas le secours du laryugoscope, c’est à l’aide d’un raisonnement clinique qu’il étaye son opinion.
« S'il existait au larynx, ajoute-t-il, soit des plaques muqueuses, soit une lésion matérielle quelconque, elle se traduirait par une douleur, par une gêne, un malaise quelconque. Eh bien, l’aphonie syphilitique, ceci est un des points les mieux établis de son histoire empirique ne s’acoompagne d'aucune sorte, d'aucun degré de souffrance ».
Il est impossible d’avoir des vues plus nettes et plus précises sur la question, et trente ans plus tard, nous ne faisons que confirmer l’observation clinique de Diday.
Il n’est pas étonnant à priori que la syphilis ne provoque l’aphonie nerveuse par la perturbation qu’elle apporte dans l'organisme, par l’ébranlement moral et psychique qu’elle crée si souvent à l’occasion de la terreur qu’elle fait naître chez l'individu atteint.
Mais la plupart de ces aphonies ne débutent généralement pas aussi brusquement que les aphonies purement psychiques — leur traitement est ordinairement tout différent ; elles ne retrocèdent que petit à petit, au fur et à mesure de l'élimination du poison syphilitique, élimination provoquée par le traitement spécifique habituel.
C'est ainsi que dans l'observation reproduite par Follenfant (obser. n° xr) l’aphonie ne fut pas subite, ce ne fut que petit à petit que la Voix disparut ; de même ce ne
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fut qu'après la vingtième injection mercurielle que la voix commença à revenir peu à peu, pour ne reprendre Son caractère normal qu’à la soixante-quinzième.
Telle n’est pas l'allure habituelle de l’aphonie essentielle.
D'où la nécessité de chasser la plupart des aphonies syphilitiques du cadre de l’aphonie nerveuse, si l’on ne se détermine pas à apporter dorénavant plus de précision dans le vocabulaire si variable jusqu'ici de l’aphonie et à admettre avec nous qu’il y a non pas une aphonie nerveuse mais des aphonies nerveuses.
(c) Typhoide
C’est une des causes également fréquente de l’aphonie nerveuse.
D’après Libermann (1) :
«Sur cent fièvres typhoïdes, on rencontre d’après mes recherches, la paralysie des cordes vocales quatre à cinq fois environ, elle est entièrement méconnue par les médecins qui ne pratiquent pas l’examen laryngoscopique, et confondue avec les ulcérations du larynx qui produisent parfois également l’aphonie (?).
«Généralement elle frappe les deux cordes vocales à la fois ; mais dans des cas très rares, elle peut être unilatérale. Quelquefois elle débute au commencement de la maladie, d'autre fois à la fin. Sa durée est plus ou moins longue, j'ai vu des paralysies de cette nature persister pendant plusieurs années et amener une aphonie définitive par atrophie des cordes.
« Au miroir laryngé elle se traduit par l’étroitesse et l’écartement des cordes vocales qui ne peuvent se rapprocher de la ligne médiane et qui présentent une courbure à concavité interne : fonctionnellement, par une aphonie plus ou moins marquée. »
Nous-même dans le service de Monsieur le Professeur
(1) Thèse de Follenfant, page 2.
Bondet, nous avons pu chez des typhiques rencontrer au mois d'octobre dernier deux cas d’aphonies nerveuses.
Dans ces cas l'examen laryngoscopique soigneusement pratiqué par nous à plusieurs reprises, outre une violente inflammation de l’épiglotte ne montra qu'un léger épaississement des cordes vocales. Ces dernières jouissaient d’une motilité parfaite dans toute leur étendue et s’affrontaient aussi exactement que possible dans les tentatives d’efforts faites par les malades pour obtenir l'émission d’un son.
Nous reproduisons aussi dans la partie documentaire une observation dûe à Libermann (observ. n° XVI).
(d) Choléra
Je relève ceci dans le Dictionnaire de Médecine en trente volumes 1833 (article de Blache).
« L’aphonie fut un des symptômes les plus constants de cette affreuse épidémie de choléra qui naguère encore sévissait avec tant de violence parmi nous ».
Bien entendu à cette époque, aucun renseignement ne nous est donné sur le larynx.
I s’agit très probablement la d’aphonie purement émotionnelle, relevant de la terreur inspirée par le choléra.
(e) La Diphtérie, la fièvre pernicieuse, le Rhumatisme etc., ont été relevé à l’origine de l’aphonie nerveuse, c’est donc dire que toutes les maladies infectieuses y ont droit. |
Influence des Toxiques
Le cuivre, le phosphore, l'arsenic, le plomb, etc., comptent également l’aphonie parmi leurs méfaits.
Du reste l'influence des toxiques est connue depuis longtemps.
Blache (op. citato) rapporte que J. Franck aurait vu un malade devenir aphone par suite de l'emploi de la belladone.
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Sauvage parle dun individu qui perdit la voix pour avoir mangé de la soupe dans laquelle on avait mis des feuilles de jusquiame,
Il rapporte aussi que des voleurs dans les environs de Montpellier, Ôôtaient la voix à ceux qu’ils voulaient dépouiller en leur faisant boire du vin ou avaient infusé des semences de Stramomium. Le même fait, ajoute Blache à été observé à Paris tout récemment dans un Cas à peu près semblable.
Sauvage cite encore un.cas d’aphonie produit par Popium injecté dans l’oreille pour apaiser une violente douleur.
Dans tous ces cas, est-ce bien le toxique qui agit ou bien au contraire une émotion morale ayant passé inapérçue, nous ne saurions rien affirmer.
Telles sont les quatre grandes classes dans lesquelles nous devons faire rentrer tous les cas d’aphonies nerveuses. Ces quatre classes sont forcément schématiques, car bien souvent les types se succèdent, s’intriquent et leur association peuvent même créer des types nouveaux.
Quoiqu'il en soit l'élément psychique reste l'élément prépondérant et lorsqu'il n’est pas le facteur efficace à lui seul de l’aphonie, il en est toujours Pauxiliaire conscient ou subconscient. \