LE UNE
(a) Organes génitaux urinaires
L'apparition, le retard, l'écoulement trop abondant des règles sont des causes d’aphonies extrèmement fréquentes.
Le docteur Thibert a communiqué à Blache (1) l’histoire d’une jeune femme qui était prise d’aphonie complète quelques jours avant l’apparition des règles, et voyait sa voix revenir trois ou quatre jours après l’écoulement du sang mensuel.
Follenfant relate également dans sa thèse un fait personnel essentiellement suggestif. Et à cet égard il n’est point de clinicien n’ayant observé dans sa carrière de multiples observations corroborant ces faits.
Blache cite également de nombreux cas d’aphonies survenues pendant la grossesse à des périodes variables et ne guérissant qu'après l'accouchement.
Piorry (2) cite le cas d’une jeune dame chez laquelle lPapplication d’un pessaire, en faisant cesser un des polapsus de l’utérus, rétablit instantanément la voix qui avait baissé sensiblement depuis l'apparition de cet accident.
Tanchou parle d’nne malade qui, atteinte d’une inflammation uréthro-vésicale, fut prise d’une aphonie complète qui ne cessa qu'avec l'écoulement blennhoragique.
(b) Influence du traumatisme
Nous n’avons trouvé, dans toute la littérature médicale, qu’une seule observation de ce genre, résumée dans les annales de Gougenheim-Lermoyez 189%, page 95.
«Sur un cas d’aphonie hystéro-traumatique par le professeur L. Bianchi et Masséi (archives ïtaliani di laryngologia, Naples, octobre 18%).
(1) Dictionnaire médical en 25 volumes, tome II, page 436.
(2) Dictionnaire des sciences médicales article voix. Considérations sur l'influence réciproque des organes génitaux urinaires sur la voix. À
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Nous ne ferons qu'une réflexion : Pourquoi cette appellation d’aphonie hystéro-traumatique, puisque la maladé, d'après les auteurs, n'avait aucun symptôme hystérique, aueun trouble de la sensibilité, du champ visuel, etc. ?? |
Le réflexe produit par le traumatisme n'est-il pas suffisant pour créer l’aphonie, d’autant que l’opération ne se fit certainement pas sans frapper quelque peu le psychique du malade.
(c) Lésions nasales
Leur rôle à été bien mis en relief depuis quelque temps par nombre d'auteurs.
Brebion (Mémoire lu à la Société française d'otologie, 15 octobre 1885) :
« Travail basé sur deux observations, l’une de polype nasal, l’autre d’hypertrophie des cornets moyens et inférieurs des fosses nasales. Avec la disparition de ces affections la voix reprit son timbre normal. »
Obtenzesky (1886) cité. In « Annale de Gougenheim- Lermoyez, page 391. 1887 ».
Blondiau, même recueil. tome 11, page 326.
Joal (Mont-d'Or). Aphonie d’origine olfactive. (Société française de laryngologie. 7 mai 1876):
«Observation d’un jeune garçon qui fut pris de paralysie des muscles adducteurs du larynx, indépendamment des phénomènes locaux, après avoir été soumis à l’action de l'essence de menthe, pendant le sommeil. L’irritation des appareils terminaux du nerf olfactif aurait provoqué par influence reflexe la turgescence des tissus érectils du nez et l'excitation des filets du trijumeau, d’où un reflexe secondaire qui à abouti à l’akinésie des muscles constriceurs du larynx (1).»
Crouzillac, de Toulouse, dans sa thèse « es dégénérescences du Cornet inférieur » (2) signale également
o Cité in : Annales Gougenheim-Lermoyez. 1896. 2) Toulouse 1897. Annales Gougenhein-Lermoyez, p. 534.
la coexistence des névroses reflexes. Un peu plus tard, dans un autre travail, après avoir relaté une nouvelle observation personnelle, il conclut :
l° Qu'avec Hegring, Hack, Brébion et bien d’autres, nous croyons qu’il est bon d'examiner les fosses nasales dans les cas d’aphonies, surtout chez les névrosés, alors qu’on ne rencontre pas de lésions laryngées.
2° Que ces aphonies reflexes peuvent se compliqner d’anémie plus ou moins profonde et guérir avec la cause qui l’a provoquée, comme nous le voyons dans notre observation ; qu’elles peuvent se trouver liées à ce spasme soit pendant l'inspiration, l’expiration, soit pendant les efforts de phonation.
3° Que s’il existe une lésion intra-nasale, le traitement doit s’adresser à celle-ci d’abord.
4 Qu'on ne pourra obtenir de bons résultats qne par l'emploi du galvano cautere.
(4) Froid
L’immersion brusque du corps dans l’eau froide doit être également signalée.
D’après Laffite on aurait même vu des personnes perdre tout-à-coup la voix après l’usage de boissons émolientes telles que décoction d’orge et de gruau.
Peyrissac (1) rapporte un cas d’aphonie nerveuse (a frigore) chez un enfant de 13 ans ; sous l'influence de Pexamen laryngoscopique, retour de la voix.
L'auteur fait observer que l’aphonie nerveuse est rare surtout chez les garçons, elle est moins rare chez les filles.
(e) Tube digestif
Les reflexes prenant leur point de départ dans le tube digestif jouent également leur rôle dans l’aphonie.
D’après Laffite, l’ingestion de. certains aliments tels
(1) Annales de la Polyclinique de Bordeaux. Janvier 1897.